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dimanche 28 juin 2015

Lionel Suarez à Toulouse le 21 juin…à midi!



Un lieu emblématique …

Un quai de Garonne,le port de la Daurade ,  l’un des plus beaux, avec « sa platane » superbe,   et son architecture raffinée…
Toulouse et  son fleuve, le Rio…« LOCO ! » en cette saison… !

Car emblématique, la date ne l’est pas moins …
C’est le solstice, enfin ! après l’interminable hiver. Et si un vent frais agite les branchages, et rafraichit la température, il balaie aussi les nuages du ciel qui est bleu, très bleu, comme pour une fête , la fête de l’été, la fête de la musique. Ça se passe  de Midi  à deux heures, à l’heure où le soleil de solstice est  au Zénith …
Sous les platanes il fait bon, dans le bruissement si caractéristique d’un avant concert, où les essais de sono se mêlent au grondement sourd  des conversations

C’est «  Rio  Loco », la folie de musique qui rassemble chaque année au bord du fleuve, pour chanter d’une même voix, les peuples du monde, en particulier ceux « del Sur », mais pas seulement …
Et ce dimanche à midi ,  cette voix c’est celle de l’accordéon…
Et c’est Lionel ,le grand maestro de la rencontre, qui  a invité les accordéons de ses amis.
Pour les présenter   je cite Mchel , je ne pourrais dire mieux :

"Emile Grandjean, son sérieux, la finesse et la subtilité de son jeu sur son diatonique….







René Lacaille, monument indestructible. La gouaille, la joie de vivre, de l'énergie à revendre et le sens de l'animation. Avec le délicieux accent et les trouvailles linguistiques qu'il transporte avec lui dans ses périples







Régis Gizavo, je crois l'avoir déjà dit, me touche de plus en plus.





(Dixit Michel, mais je partage son émotion et ses mots pour la dire) Son chant est plus qu'émouvant. Son accordéon puissant a pour moi une force d'évocation exceptionnelle. Force et fragilité dans un même chant"

Et il y a là aussi ,avec Lionel,  les deux remarquables compagnons de Cocanha, Pierre -François Dufour, son beau violoncelle ,et ses percus opportunes,  Kevin Seddiki et sa fine guitare .




Et leurs trios, ou parfois leurs duos, s’intercalent avec bonheur( keep on swinging !!!) entre les chansons de leurs compagnons invités et leurs accents spécifiques : le blues breton de la misère du monde, le chant prenant de Régis, le rythme festif incoercible de René…

 Mais   Toulouse la méridionale , sur ses bords de Garonne , est aussi à jamais  habitée  par  une  autre voix, celle de Claude Nougaro
Et tous Gizavo , Lacaille, Grandjean,  mais aussi les complices du trio de Suarez, Sedikki et  Dufour, vont la ranimer tout à tour, la faire résonner dans les colorations diverses de leurs voix…
Quelques remarquables moments parmi d’autres tout aussi remarquables
Le « Toulouse "d’ouverture  par le trio, et « Les Voiliers »,   le « Tu verras tu verras » poignant, par Gizavo, « Bidonville » par Lacaille en Nougaraï, le saisissant « A bout de souffle »-je l’aime toujours ,le thème de Blue rondo à la Turk de Dave Brubeck, repris aussi si bellement par Richard Galliano, et que Nougaro mettait en scène en un thriller noir , et que tous nous redonnent remarquablement, «  Céline » , un superbe duo avec Pierre-François Dufour pour « Le jazz et la java »  ,




 et  « Je suis sous... », qu’on aurait aimé chanter tous ensemble sous le balcon de Claude…

Pour moi ,  ce que j’aime particulièrement en Lionel Suarez, ...





...c’est la puissance, superbe, de l’accordéon , et aussi la clarté du son, qui semble connoter la générosité et la plénitude …
C’est aussi la chaleur  du partage avec ses compagnons, et une sorte de simplicité ,d’évidente  présence  ..
C’est aussi en ce concert particulièrement, une autorité comme naturelle , une remarquable organisation, d’autant plus remarquable qu’on la croirait spontanée : alternance du jazz et de la java, du trio et de duos,  maîtrisés et improvisés, du Nougaro, du Suarez, et du Siddiki, du Murena étroitement emmêlés avec  « Passion »   dans la chaleur humaine de ce jour délicieux … un instant  de bonheur suspendu entre soleil et Garonne




 Un  instant  de bonheur suspendu au PAYS DE COCANHA !!!!!








vendredi 12 septembre 2014

Voici venir le Temps de Tulle( Samedi 20 )

Voici venir le Temps de Tulle( Samedi  20 septembre)

A 18h.
Etre ne pas être !
Vrai dilemme ! nous allons devoir choisir entre aller écouter Pascal Contet , qui , au Théâtre des 7 Collines fera chanter la lumières des images de Michel Chevalier
Et à 18h.30, retrouver Didier Ithursarry et Kristof Hiriart et la musique étrange et belle de BILIKA !

A 20h.30, nous accourrons voir et  écouter pour la première fois en LIVE quelqu’un que nous aimon beaucoup et n’avons jamais entendu en direct Frédéric Viale et son quartet en direct : La Belle Chose !

Et nous risquons fort de manquer à 21h., au Théâtre des 7 collines notre ami Lionel Suarez et son nouveau spectacle avec Sanseverino (dont le disque Le Petit Bal perdu sortira le 22 septembre !)
Mince consolation que d’espérer  le CD !

Et bien sûr , nous n’allons pas nous coucher si tôt…
Et nous  irons de surprises en surprises , de découvertes en découvertes….

Nous irons par les rues , nous irons par les places…

Entre bonheurs et frustration  de tout ce que Tulle  offre et… que parfois nous manquons !!!!




mardi 23 avril 2013

Lionel SUAREZ au pays de COCANHA



Adaptation libre de Montaigne : « Si on me presse de dire  pourquoi  j’ aime [ce disque], je sens que cela ne peut s’exprimer qu’en répondant : parce que j’aime…cette musique !"
On pourrait ajouter "parce que ce sont EUX, parce que c’est MOI…"

Ce que j’aime dans Cocanha : Tout mais encore…

J’aime les trois instrumentistes .
 J’appréciais déjà la puissance chaleureuse de l’accordéon de Lionel, la virtuosité dans l’allégresse,  et voilà que  dans Cocanha  s’y ajoute la variété  des nuances et des colorations, tandis que la virtuosité se joue dans la nuance, et se fait  légèreté.


 Et puis il y a Pierre-François Dufour.


Découvert  à Toulouse dans le quatuor Gardel, c’est dans ce trio que sa présence me fascine, comme batteur, mais peut-être plus encore au violoncelle aux graves puissants et harmonieux .
Et j’apprécie  de plus en plus en l’écoutant la guitare de Kevin Seddiki, notes déliées vibrantes et pures , qui s’égrènent et résonnent sur la continuité de l’accordéon et du violoncelle…


J’aime les compositions qui  organisent la part des trois instruments , et la variation des  rythmes .


J’aime en particulier (mais pas seulement !)
La nouvelle valse, l’introduction des trois instruments, accordéon et violoncelle, puis  guitare, le rythme de valse qui s’emballe, puis se fait mélancolique, semble s’éloigner , puis se refait vif, avant  que le violoncelle ne conclue.

Ole Léo dont la jolie  mélodie chantante, aiguë et un rien nostalgique,  me rappelle une chanson de Tandem , et où les sons des trois instruments s’entrelacent joliment, se jouent entre les différents plans, et où les rythmes dansants se font tantôt amples tantôt enlevés …
 
…La mélodie de Chromatic Chronic qui explose en recherches et inventions sonores …

Et l’interprétation  remarquable du Passion de Murena et Colombo, ses variations multiples et inspirées où ne se détruit jamais la mélodie magique,  variations de la composition, des rythmes, des inventions de chacun ….

Si Cocanha est le pays de la gourmandise et des plaisirs variés, cette  œuvre est bien nommée, tant on y goûte de gourmandises musicales : variété des rythmes, des belles sonorités instrumentales, qui ménagent parfois de précieuses surprises,  des  mélodies aussi multiples que prenantes …
Mais dans cette variété, le trio se révèle d’une unité  remarquable, manifeste un vrai style ….qu’on aime et reconnaîtra je crois…

Lionel Suarez est le roi d’un bienfaisant royaume !




dimanche 6 mai 2012

Concerts, le Temps et la Durée…



Nous sommes donc allés écouter Richard Galliano et le Big Band 31 à Limoux samedi soir…le concert était programmé en troisième  temps et nous avons dû attendre longtemps pour ce qui était le but de notre voyage.

Attente
Déjà  à 7 heures et demie, une petite attente dans la file déjà formée, puis trois quarts d’heure jusqu’au premier concert : annonce du concert… puis  Sale Steak Sextet… puis annonce du deuxième concert…Stéphane Guillaume  concert…puis entracte avec un soupçon de bulles de Limoux….puis le Big Band 31 !!!!23h !!! puis deux morceaux...puis  deux chansons de l’Invitée surprise …puis 23h 10 Richard !!!
Presque 4 heures d’attente, d’autant plus longues que dans le projet initial  s’étaient inscrites les petites, dont je craignais qu’elles ne s’impatientent et s’endorment comme c’est maintes fois arrivé dans le passé…



Le temps
Et je me disais que dans les concerts, (comme tous les projets d’ailleurs) intervenait une forte dimension temporelle, qui oriente  une perception du temps et de la durée…
« Temps et durée, comparez les deux notions… » Ô!  le souvenir des sujets de philo d’antan !
Les concerts,  sont d’abord des sortes de rendez-vous : repérage sur internet ou dans le courrier des amis , attente à l’ouverture des locations, repérage des lieux où se rendre, évaluation de la durée du trajet, repérage des dates,  des hôtels, tarifs , disponibilités, situation,  et... réservations….démarches! de réservation des places : coups de fil, courrier internet ….
Réécoute en boucle de ce qu’on va écouter, pour le plaisir de l’anticipation, à moins qu'on choisisse délibérément  les surprises du direct…

Le temps qui dure :
J’exagérerais de dire que ce temps d’attente DURE…même si c’est parfois le cas pour certaines de nos idoles dont la musique joue dans notre vie le rôle de sortes de pôles  d’émotions esthétiques  (allez ! encore un souvenir scolaire , un rôle de « Phare » ?)
Ainsi Richard Galliano, Marcel Azzola, Daniel Mille, Renaud Garcia Fons, Raul Barboza, David Venitucci, Paolo Fresu…
 D’ autres encore jalonnent notre calendrier,   dont le devenir musical nous intéresse parce que, d’entrée nous  avons pressenti une connivence profonde avec ce que nous aimons, ou un  talent qui pourrait s’épanouir et combler notre attente : Bruno Maurice, Philippe de Ezcurra, Jean-Luc Amestoy, Les Pulcinella, Tuur Florizoone, Manu Comté et les Soledad , le New Meeeting Quartet et Xavier Triviaux, Lionel Suarez, Vincent Peirani , Chango Spasiuk… Cette attente dure d’autant plus, que parfois leurs concerts se font rares, du moins près de chez nous…ou que leur chemin musical chemine plus ou moins facilement, plus ou mois régulièrement et parfois semble de perdre…
Mais bien sûr, il y a la vie qui distrait largement de l’attente!!! Il y a les autres projets , les autres affections, les autres musiques qui accrochent l’oreille ou le coeur, les univers culturels de Facebook et le flux de leurs échantillons alléchants…

Et puis il y a tous ces temps d’attente d’avant le concert :  faire la queue …s’efforcer d’être bien placés… s’asseoir… attendre encore … !

A Limoux ce « temps d’avant »  a offert nombre de délices ou d’enseignements :  les Rencontres..Nous aimons errer sur  les lieux où le concert se prépare : il y règne une atmosphère particulière,  mélange de tension et d’animation fiévreuse ou simplement active . Des phrases musicales s’y mêlent aux bruits des matériels que l’on installe , des voix qui s’organisent à mi-voix…
 A Limoux,  ce fut la rencontre avec R. Galliano, d’autant plus mirifique pour nous qu’on put lui présenter les Petites et qu’il nous présenta son petit fils Julien…puis la rencontre inattendue et amicale de Ferdinand Doumerc… son groupe endiablé et un  merveilleux premier morceau !
Puis, comme en contraste,  le jazz plein de légèreté du Stéphane Guillaume Quartet , demi -plaisir , demi-attention,  car notre esprit irrésistiblement demeurait dans l’ attente du concert suivant, celui avec lequel rendez-vous était pris… Je percevais  le poids du regard de Charlotte, qui comme nous sentait la présence   toute proche à l’entrée à notre droite  de Galliano, qui, ponctuel, dès l’heure prévue,  attendait lui aussi…Car d’ailleurs,  lui aussi, et les musiciens, attendent,  et attendent …avant de jouer …Et de quoi est faite pour eux cette attente ?...

Le temps qui file …

C’est le temps des « concerts  magiques ». Petit à petit, à mesure que se bâtit le concert pour nos yeux, nos oreilles et notre sensibilité,  pour nous le temps s’enfuit comme une eau qui coule entre les doigts. La richesse et la  variété même l’accélèrent : on attend la surprise mélodique du thème , et si la mélodie se disloque ou se noie dans les thèmes de chorus, on la cherche avec impatience, on savoure de la retrouver,  et tout à coup on craint que cela finisse…et puis  on sait que cela va finir. ..
Contribuent à ce temps emballé, le pouvoir d’entraînement des musiciens, la force de la mélodie qui crée attente et anticipation, et précipite le déroulement du récit. Y contribue aussi la composition des œuvres et du concert :  la variation dans les rythmes , les modalités , les mélodies,   multipliant  en quelque sorte les évènements sonores, accentue encore l’impression d’accélération du temps …

Le temps qui s'étire 
En revanche il y a des concerts, et plus généralement des musiques ,où le temps nous dure . Est-ce l’absence d’une mélodie qui ait puissance de récit, le manque  d’une sorte de tension dramatique , incitant  à désirer  la suite ?Est-ce le sentiment d’un simple jeu cérébral de virtuosités variables ? S’installe alors une sorte de mono-tonie au sens propre, l’impression d’une répétition à l’identique de « séquences » , qui finit par dénier le temps,  un retour en boucle sempiternel, l’attente dilatée  de quelque chose qui ne vient pas. Bref, on s’ennuie, on se dit : ça pourrait durer  encore et encore…
C’est le Rivage des Syrtes…
C’est bien connu, pour éviter l’angoisse de la fuite du temps ,  sachez créer l’Ennui !!!!…

Je crois que bien rares sont pour nous ces concerts-là. Tant nous n’allons que là où nous pousse notre papillonne passion. Quelques CD parfois, fruits insipides de notre curiosité musicale boulimique, ou quelques  expériences de concerts « Pour le Studium » (traduisez : Pour ne pas mourir idiots !)

Ce ne fut évidemment pas le cas ce samedi … !!!
On dirait presque hélas, vu l’espèce de vide vaguement cafardeux que laisse un « concert magique » qui finit...Un spleen passager que seul atténue l’espoir de se retrouver, qui ouvre nouveau projet et nouvelle attente…

Attentes
Je me rappelle une remarque de mon père, dans les années de se vie où il dut vivre seul…Quand nous nous quittions il venait souriant et triste,   nous accompagner  jusqu’au portail,  et disait : « On a bien passé ! » et après un temps, timidement :
« Quand nous  revoyons-nous ? »
Et comme un jour je lui disais : « Je ne sais pas trop, bientôt,  on verra ! » il me dit …avec un sourire plein de tendresse et de confusion à la fois :
« Dis le moi bien à l’avance, si tu peux, car ainsi j’ai plus de plaisir j’ai aussi tout le plaisir de l’attente … » Ce que j’essayai de faire dès lors…
 J’ai remarqué avec une grande émotion que nos petites posent la même question quand nous nous séparons, je constate aussi que cela aide bien à cette séparation !!!

Limoux c’est fini, mais il y bientôt Bruno avec Jacques Di Donato à Bordeaux, Daniel Mille , Vincent Peirani, Lionel Suarez, à Trentels… et…. Richard,  à Sanguinet le 21 juillet !!!…ouf !!!  Ainsi s’ouvrent des horizons d’attente qui nous distraient efficacement des ornières du chemin quotidien …

Je citerai librement, que Guillaume me le pardonne, Le Pont Mirabeau :
Le temps s’en va comme cette eau courante
Le temps s’en va
Comme la vie est Lente
Et comme l’espérance est violente...





dimanche 18 mars 2012

Quarteto Gardel : Quand le concert finit…

Voilà, c’est fini…




On était debout, c’était l’émotion, le bonheur, le rythme, le swing encore dans les têtes… …
Les musiciens se retirent. La salle se vide lentement.

Nous restons là, encore émus, mais sentant déjà le grand vide qui suit un concert heureux.

Minino Garay revient sur scène, les traits tirés , les cheveux un peu collés sur le front, et récupère ses précieux accessoires de percussion . Nous cherchons à accrocher son regard pour lui dire un mot, une admiration, un remerciement. Son regard nous trouve et il remarque presque mezzo voce, en continuant à ranger son matériel :
« Ce soir, il s’est passé beaucoup de choses magiques … »
Le lien est noué, alors il ajoute, « C’est pas toujours comme ça…rien n’est jamais pareil dans un concert, ça change tout le temps… »et nous restons ainsi, lui qui range, nous qui lui tendons un des nos disques « bien-écoutés » « Entre chien et loup » où il joue avec Daniel Mille, qu’il signe , gentil , mais grave, comme épuisé , comme cherchant avec nous pourquoi cette magie ce soir …

Et nous cherchons aussi…
Je pense à ce hasard "providentiel",?, la présence d’André Minvielle , venu en spectateur écouter son compère Lionel et que Minino a invité pour deux rappels endiablés.

Je pense à Vincent Ségal. J’avais oublié (pourtant c’est la troisième fois qu’on écoute ce quartet, deux fois avec lui) mais j’avais oublié combien son violoncelle a un beau son, combien il en joue sur divers registres et surtout l’humour parfois mélancolique parfois joyeux qu’il lui donne par son jeu et sa posture…
Je connais peu le violoncelle, je l’ai découvert avec Pablo Casals et tout le monde souriait un peu de moi quand j’affirmais : « c’est un instrument plein d’humour , de second degré… »
Et ce soir je retrouve cette impression..En écoutant Vincent Ségal.

Je pense à Arielle Besson. je n’avais pas trouvé sa trompette aussi belle les autres fois ; là sa musique est aussi lumineuse que son visage, harmonieuse , claire et déliée…

Je pense à Lionel, pour qui et grâce à qui d’abord en fait on est là ce soir, pour entendre son accordéon. Et ce soir j’ai trouvé la même puissance , la même richesse de son, qui pour moi caractérise son style… mais aussi aujourd’hui un grand jeu de nuances, de délicats contrastes sonores. Bien sûr c’est lui aussi qui maîtrise la composition, l’économie du groupe, avec son espèce d’autorité tranquille.

Mais Minino assume l’autre autorité, la drôlerie, la présentation avec son bel accent argentin, l’émotion du sentiment, le lien chaleureux entre eux, et avec nous, et ce soir avec une présence aussi forte que mesurée…C’est lui qui remarque André Minvielle assis là au premier rang (près de nous !!!) et qui l’invite à les rejoindre pour les rappels…Prodigieux !!!


Et le regardant ranger son cajon avec difficulté, le placer avec précaution dans sa housse, je découvre toute la gravité, le sérieux que la légèreté de son humour sur scène exige…

La magie, elle est venue de chacun des quatre , elle est venue des quatre ensemble , car l’ensemble des quatre vivait avec un accord parfaitement réussi , des dialogues entre le violoncelle et Minino, avec Arielle et les percus, entre Lionel et Vincent , et des ensembles tous les quatre ou tous les cinq avec Minvielle, épatant …

Elle est peut-être un peu venue du public aussi, la magie, un public certes connaisseur en jazz, mais simple, chaleureux, réceptif sans chichi, plus concentré et passionnément attentif qu’exubérant…

Arielle à son tour est réapparue sur la scène pour récupérer ses précieuses affaires. Un peu confuse de ne pas avoir entendu aussi bien sa trompette précédemment, je me suis avancée vers elle, pour lui dire combien je l’avais aimée ce soir. Cela a semblé la toucher, lui faire plaisir, elle m’a dit « Je vous ai vu au premier rang, j’ai vu votre grand sourire :ça nous donne de l’énergie, vous savez.. ! »

Vous aussi les musiciens vous nous en donnez de l’énergie… !

Lionel est arrivé alors et nous a dit : « Cette fois !!!je vous reconnais… !!!On s’est embrassés …

Hein ? Jolie fin pour un beau concert



PS:
Un vrai  compte rendu du concert précis, je n'ai pas dit objectif!!!, c'est Michel qui l'a -bien- fait!:

PS2 : je me permets de nous offrir pour finir un petit souvenir du violoncelle de Pablo Casals:





lundi 26 septembre 2011

Les nacres de Tulle, une petite bulle irisée dans le ciel de l’automne…

Nous n’étions jamais venus nous balader dans les Nuits de Nacre. Cette année la programmation était trop tentante , Marcel Azzola et sa carte blanche, dont Lina Bossati et Daniel Mille , Chango Spasiuk fil rouge, Jean Luc Amestoy pourtant notre "pays" , mais si rare,.. tous si rares, trop rares…avec de surcroît Lionel Suarez, entendu avec Minvielle récemment, puis en quartet avec Minino Garay, mais qu’on aime toujours réentendre, tant il est inventif de nouvelles formations, et de surcroît D.Ithursarry, et Vincent Peirani jamais entendus en live , dont les disques nous sont chers…

Bref, nous sommes partis pour cette étrange petite ville toute en longueur qui encastre dans l’étroite vallée de la Corrèze d’immenses blocs des années 60, assez laids et kafkaïens, et étage sur l’escarpement de ses berges immeubles et quartiers, sans doute traces d’une prospérité disparue…

Le soleil et même la chaleur étaient au rendez-vous de sa métamorphose en cité de la musique, une musique vouée à l’instrument qui fit la gloire de ses fabriques, et qui balaie de son souffle depuis des décennies la bruyère de ses sous bois…

Et nous avons bien trouvé dans la tiédeur des soirées jusque tard dans la nuit les merveilles attendues…

Marcel Azzola dont le son léger et vibrant , souple et plein, inspire l’équilibre et le sérénité, Marcel qui défie le temps qui passe, célèbre avec ferveur l’accordéon en choisissant si bien ses interprètes, et chante avec fidélité le compagnonnage et l’amitié: j’ai aimé particulièrement découvrir Lina Bossati, son merveilleux piano si justement accordé au jeu de ses compagnons accordéonistes, ainsi que Sylvain Luc et Diego Imbert, et…j’étais ravie que soit présent au rendez-vous Daniel Mille ,
  



 Enchantement poétique total, accordéon, mélodie, voix…on aimerait que le temps suspende son vol !








  
Que dire de Spasiuk ?

Son abord passionné, chaleureux mais toujours distant, comme regardant ailleurs, tourné vers le monde de sa musique…

Que dire  ? Sinon qu’il m'apparut  plus que jamais comme le « vates » inspiré du Chamamé, tantôt égrenant ses mélodies avec douceur et tendresse, tantôt s’enflammant en frénésies qui transportent ses compagnons musiciens et les spectateurs. En duo confidentiel avec son chanteur guitariste Marcello Dellamea, ou cinquième élément meneur de jeu des quatre compères accordéonistes…






Que dire des quatre compères sinon qu’ils furent exceptionnels !



 
Tous différents de style et de sons tous beaux. Ils surent à l’instigation de Lionel Suarez s’accorder en des duos ou des solos où s’exprimait leur style propre et parfois, avec Chango en particulier, se fondre et de joindre dans des ensembles éblouissants. Je retiendrai de tous ces bonheurs les prodigieux Libertango et Indifférence à cinq. Le duo basque enlevé d’ Amestoy et d’Ithursarry, le duo Suarez Amestoy, mélodique et nuancé, la saisissante improvisation de Peirani.
Et les rappels ! Les rappels…

Impossible de se rappeler tout avec précision, tant le vécu esthétique et émotionnel fut intense.






Plaisir d’écouter en live la musique, qui semble se construire dans le temps du concert pour notre écoute et sous nos yeux… les échanges de regards et de signes, les postures, les changements de physionomie, en rendent visibles la texture. Et la combinatoire des interventions, sans doute prévue, donnent pourtant l’impression d’une création quand se rencontrent les instruments . L’improvisation de Vincent Peirani, pour moi excellente, nous mène de surprise en surprise, sans qu’il n’y ait rien d’hasardeux dans sa construction…



Plaisir accru parce qu’on connaît certains d’entre eux personnellement, l’impression qu’ils jouent pour nous…

Plaisir augmenté du plaisir d’être partagé avec nos amis de Toulouse et Trentels, qu’on vient de rencontrer de manière imprévue…







Bien sûr notre admiration pour Spasiuk est telle qu’on ne peut s’empêcher de regretter de ne pas l’avoir entendu, ainsi que Raul Barboza (pour qui nous éprouvons une égale admiration !) dans cet excellent lieu d’écoute qu’est le "théâtre des 7 collines". Car ce petit « Espace Galliano » outre son exigüité, ne rendait guère justice à la beauté de ses sonorités, parasitées par la « chanson » de la clim et les rafales des reflex…



Car bien sûr il y a quelques regrets…
Le Magic Mirror ne fut guère magique pour le son : portes ouvertes, ou battantes, bruits de caisses …de boissons, avec commentaires des bistrotiers, déambulation quasi permanente du public, en cours de morceau parfois !
Le chapiteau lui, est grandiose !!!, en tout cas grand,très grand : si large que les places latérales ne permettent pas de voir Daniel mille, si profond que le son de Sanseverino n’est pas bien perçu au fond…Nous avons finalement préféré les places latérales !!!!
Car pour une fois nous n’avons pas fait la queue une heure à l ‘avance pour être bien placés comme nous en avons l’habitude : nous voulions aussi écouter Chango et Marcello Dellamea…

Regret d’une programmation si riche qu’il fallait choisir…alors que l’après midi était un peu vide…

Regrets encore :
Trop de fantômes au pôle accordéon dont on comprend que s’il s’agit  de la plus belle collection d’accordéons de France, c’est une collection d’accordéons conservés, emballés, archivés , protégés, bref invisibles !!!
Trop de reflets sur les superbes photos de Rinaldi…à la Médiathèque très spectaculaire et réussie…

« Trop bien », en revanche le théâtre des 7 collines, qui nous parut parfait et dont on aurait aimé qu’ il abrite tous les spectacles que nous avons aimés …mais !!
Trop délicieuses, les rencontres de hasard avec nos accordéonistes de prédilection…
Trop agréables, la découverte imprévue d’accordéonistes inconnus : Sonia Rekys , nous vous écouterons certes et souvent !!!
...Une discussion à l'issue du concert "le cinquième élément" avec une spectatrice  inconnue, que nous ne nous décidions pas à interrompre tant nous avions plaisir  à partager nos enthousiasmes..

…Et très précieuse, une petite échappée, pause et  recueillement, dans le silence et le soleil du cloître…




Mais en tout cas, c’est certain, il y a un REGRET que nous n’avons pas, non !!!!

VRAIMENT !!! NOUS NE REGRETTONS PAS D’ETRE VENUS POUR CES NUITS DE NACRE…!!!!



Nous aurons du mal à rentrer dans notre quotidien d’automne !



jeudi 26 août 2010

Cultures de pays

Fêtes landaises à Dax, à St Vincent, à Hossegor



Jeux taurins sans mise à mort,…mais avec corde

 La vache (à ne pas confondre avec les « vachettes » d’interville) est une « coursière »… De la même race à l’origine que celle qui engendra les toros bravos de l’Espagne.
On ne la tue pas, on se livre avec elle à un jeu d’allure bon enfant : elle charge avec fougue, l’écarteur « l’écarte », les sauteurs sautent au- dessus de la bête en pleine charge en saut de l’ange ou en sauts périlleux doubles ou simple, ou pieds liés dans un béret. Spectaculaires et audacieux. J’aime particulièrement ces sauteurs, comme ma mère (qui détestait la corrida tueuse de toros).
 La « coursière » connaît la musique comme on dit. Elle combat tous les dimanches dans différentes arènes . Elle est maligne et avisée. Elle sait que l’homme est là, qui l’appelle et l’attend, derrière le mouchoir qui n’est qu’à peine un leurre. Pour discipliner sa course un cordier la réduit d’une longue corde qu’il tire après l’écart. Ce n’est pas une mince affaire, il y faut de la force, mais aussi de la décision et du coup d’œil.
Corde , cornes emboulées, le combat n’est pourtant pas sans danger pour l’écarteur : accrochages, chutes , tumades sérieuses, demeurent fréquentes et parfois tournent au tragique : ainsi est mort, blessé à Dax, le grand écarteur Rachou, le 22 août 2001…
  Je ne suis pas très connaisseuse, je me contente d’aller fréquemment applaudir ce petit monde landais où l’éleveur, les écarteurs , les sauteurs, les cordiers en équipe produisent leurs belles et malignes « coursayres » aux noms expressifs…
  Ce monde comporte moins de grandeur cruelle et sauvage que le monde de la corrida , son voisin proche, mais me charme par son caractère landais, entreprenant et bon enfant , et sa marche cazérienne…
Ses pratiquants sont pour beaucoup enfants de ce pays

et sa culture inspire d’autres cultures : ce soir de Juillet à St Vincent, à la pause, la section de gymnastique de Mugron, la chalossaise,nous offre un beau spectacle d’une trentaine de sauteurs de tous âges remarquablement entraînés…





Danses landaises sans gravité…





On y danse sans histoire et sans savoir, dans la bonne humeur…






Bros d’autrefois pour tour de fête aujourd’hui, on y pense à mon grand père et ses retours de bal au petit jour.



Et l’Espagne chez nous « pointe un peu sa corne ». La musique du Vino Griego soulève nos foulards d’ouverture, et celle d’un Agur basque nous réunit dans la mélancolie de la fermeture.
Les toros de six heures ne sont pas des « coursayres » mais des toros bravos…






Pelote basque avec paris
Un soir à Hossegor, la Cesta Punta affiche des noms basques et des noms landais et l’on y parie…pour un jambon ou un foie gras



Sur les bords de l’Adour où tout a commencé, Julia Augusta revient prendre les eaux (qui depuis le 1er siècle font vivre notre cité dacquoise). Il fait beau et froid en cette soirée et une odeur de brume , de menthe et d’herbe humide me donne à sentir les barthes de mon enfance .


C’est là qu’on tirera aussi le feu d’artifice final…. C’est là que nos petites pleureront sur la fête finie.



C’est mon pays, je l’aime, et j’appartiens pour toujours à ce pays que j’ai quitté




Accents du sud en Pau

Nous somme rentrés de notre pays d’Hossegor pour ce festival qui sent bon l’Occitanie
Il fait très chaud et beau sur le balcon du boulevard, la lumières rosée du soir découpe les montagnes et les rend toutes proches.
Il y a des « estanquets » sous leurs cassetas place royale ou au rond point du funiculaire…

Et on y mange on y mange…



Il y a des concerts de musique trad
Et on y danse on y danse
Danseurs militants et insistants, du rondo, de la scottish, du fandango, du paso….



Il y a des discours , des comptoirs de presse régionale et régionaliste, des vendeurs de livres en occitan ou en basque , une vendeuse qui nous sourit gentiment au passage(un ancienne élève sans doute)
Il y a la revendication de la langue occitane qui revient et qui revient en filigrane dans le texte de la fête…
Comme un parfum tenace ténu mais tenace de Calandretta…

Il y a de très beaux concerts, ouverts , c’est vrai sur « la linéa del sur » , le Béarn, les Landes mais aussi le Sud Est,l’Espagne, le Pays Basque , l’Italie, dont nous profitons sans réserve…



C’est mon pays d’accueil, je l’aime..
Mais ne lui appartiens pas vraiment…







Errobiko festibala, à Itxassou , en juillet.

Nul besoin de revendication : tout y est basque, la langue,les artistes, en majorité du pays
Il y a des collines verdoyantes et de beaux nuages, un soupçon de pluie…
Il y a des « taloas « au fromage et ventrèche et du Txakoli bien frais…
Il y a l’accueil chaleureux et enthousiaste de Benat Achary
Il y a deux très beaux concerts :
Du flamenco avec Pedro Soler et Concha Vargas…
Et surtout notre ami Philippe de Ezcurra, son fabuleux bandonéon, avec le quatuor Kairos, un très beau nom, pour de très bonnes interprètes, d’un très beau et très sombre Piazzola (Five tangos sensations)


J’aime ce pays qui n’est pas le mien…
Nous y sommes courtoisement invités, reçus avec hospitalité, et fêtés chaleureusement comme y est accueilli le Flamenco , son guitariste, son violoncelliste et sa danseuse…



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