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mercredi 30 septembre 2015

Tulle ,pour un festival…



Prélude….
C’est le jeudi 17 septembre, on roule vers Tulle. Le temps est médiocre, incertain. Peu importe, on va  aux Nuits de Nacre.Voiture garée, on déjeune à la Taverne du Sommelier…On rejoint l’ hôtel, Quai de la République. Autrefois , on essayait divers restaurants, on tâtonnait pour trouver des hôtels…Maintenant, pour cette année en tous cas, ce sera le même hôtel que l’an passé, et peut-être la Taverne tous les midis, et le soir à la fortune du pot …la mie câline ou autre boutique à sandwiches…y a  la queue à faire pour les concerts !


Est-ce un effet de l’âge ?  On est bien dans cet hôtel au confort lumineux, de plein pied dans le festival, où parfois on a la chance de rencontrer ces musiciens qui nous font vibrer…on mange bien à la Taverne ? On y est presque connus !!!!on se sent un peu Tulliste- des nuits de nacre…ou bien avec le temps on se sécurise par les rituels… ?
Pour la queue aux concerts,  j’aurais aimé garder l’illusion, avec mes souvenirs de jeune groupie au Zénith (ou d’accompagnatrice de groupies), queue, sandwiches et longue attente…que nous étions restés  jeunes et fous…Mais non !, un regard sur nos compagnons d’attente révèle plus de têtes chenues que de têtes blondes, en somme gens de notre génération, avec qui sans doute nous partagerions les mêmes souvenirs de musique…
Bref, un peu reposés, d’un pied léger, et l’imper dans le sac à dos…nous allons à l’ouverture du festival…
Nous aimons, j’aime depuis  l’enfance ces prémices de fête, ce qui se prépare encore tout en étant déjà là…au fond peut-être plus délicieux encore à savourer parce que le temps est suspendu, préservé de la menace de la fin prochaine…Un Avant !

Je suis contente d’en goûter encore la saveur, car j’ai parfois redouté qu’avec le temps le poids anxiogène des préparatifs n’en rompe le charme….

C’est au Magic Mirrors et alentours que se tient le rendez-vous…
Devant l’entrée , des «  casetas »d’accueil des artistes et de services de presse et sur deux longues tables en nappes blanches, des alignements de verres multicolores que des bénévoles soigneux sont en rain de remplir…Pour qui ont ces boissons festives ?



Nous entrons dans le Magic déjà largement rempli, mais où la piste centrale est encore assez dégagée pour que les enfants comme chaque année soient invinciblement attirés pour y courir avec cris de joie , en cercles ou traversant les diamètres. Bruissement des foules attendant…Et pour attendre, on attend…
Vient le temps des discours !
Je ne saisis pas le grade de ceux qui parlent , je suppose qu’ils  interviennent en ordre hiérarchique croissant. Tous pratiquent le genre du discours politique, soulignent l’importance de l’évènement, et remercient les généreux sponsors ou donateurs qui le rendent possible. Je remarque des nuances dans les destinataires concernés mais sans en comprendre les arcanes. Les styles varient,  de la liste simple à la métaphore complexe et longuement filée .Tous nous paraissent longs, un peu creux, politiques ?. Mais on se dit, il faut qu’ils soient là, les sponsors qui paient, les politiques qui soutiennent …de Musique ils ne parlent point ! Heureusement tout à coup les claquettes frénétiques de la pluie musiquent sur le toit du Mirror. On en ferme les portes , je pense à tous les verres colorés servis dehors sur les longues tables blanches
C’est alors au  tour de Sébastien Farge, directeur artistique du festival de parler…Une voix chaleureuse, et la musique entre en scène !!! avec enthousiasme , avec conviction, avec passion ,il nous présente ce festival placé le signe de Gus Viseur dont c’est le Centenaire, confié aux soins de Marcel  Loeffler qui en tiendra le Fil Rouge, ainsi qu’ aux talents d’autres héritiers magnifiques , les deux Marcel , les Joe Baselli et Daniel Colin, les Venitucci et Contet, notre "grand"Richard Galliano,  et tous ces autres accordéonistes qui vont faire vibrer les rues de Tulle pendant ces journées…
Et Sébastien tout en nous conviant au pot de l’amitié remet à Marcel Loeffler la tâche symbolique d’Ouvrir !!!!

Et se forme alors, faisant fi de l’apéro offert,  autour de la lumière et la chaleur de la scène du Magic un cercle attentif, attiré au plus près par l’accordéon de Marcel entouré de son fils à la guitare rythmique ,et de Railo Helmstetter  à la guitare solo...

 Un cercle serré mais mais détendu, attentif à laisser place aux « photographieurs » amateurs , aux enfants  aspirés par la lumière et la musique.




Car des enfants, de jeunes parents de ces enfants, des ados il y en a…il n’y a pas seulement comme parfois aux concerts de jazz les têtes chenues des gens de notre âge…




Et  c’est, en quelques mesures, comme si se formait , dans cette salle circulaire assiégée de pluie, une petite bulle dorée et pétillante de beauté, autour de Marcel, (ainsi prénommé à cause du grand Marcel Azzolla), vêtu de sombre, au centre de la scène à côté de Cédric Loeffler à la guitare rythmique, et de la contrebasse de Gauthier Laurent , tandis que s’élève sa musique délicate et soyeuse, à la ligne mélodique claire mais d’un raffinement complexe…
Et  oubliée la pluie, oubliée la lourdeur des politiques…Pour la musique ! Pour un festival, pour CE festival… !!!!







samedi 26 septembre 2015

A Tulle , RICHARD GALLIANO raconte….

TULLE ,samedi 19 septembre 2015

C’était un concert très attendu…
Le final d’un très beau festival….
Un concert complet depuis des jours…
Une attente de plus d’une heure et demie pour être placé comme on aime….(pour nous au plus près si  possible !)
Une longue file et des rencontres où l’on échange de fines connivences avec des gens qu’on ne verra plus.
Et au fond de l’impatience, au cœur de l’impatiente attente, une pointe d’anxiété : que ce soit moins bien cette fois…
Et tandis que nous attendions, Richard Galliano qui passe, « les yeux fixés sur ses pensées »…
Pour lui aussi je pense que c’est le temps d’attente, le temps  où toutes ces attentes pèsent sur lui, plus encore que les 14 kg de son accordéon.
 Plus encore en ce lieu emblématique !

Nos attentes… mais plus encore celle de la «  grande famille »des accordéonistes qui sont là , la Famille Baselli, les Loeffler,  Azzolla et Colin , Lampidecchia, Venitucci, et tous ceux que je ne connais pas mais dont Richard Galliano ressent la présence…


Et c’est pourquoi dès son entrée sur scène, une scène d’un clair-obscur très contrasté (trop à mon sens !) violemment éclairé dans le noir ambiant, comme physiquement absorbé par son accordéon qui concentre toute la lumière et en réfléchit de brefs éclats, l’émotion est intense pour nous et à coup sûr pour lui, malgré la présence tutélaire dans la salle de Gisèle…
ET il l’avoue …. il avoue modestement la crainte de ne pas être à la hauteur de sa tâche qui pèse du poids de son accordéon et de son ambition : « honorer le passé »…



Et c’est pourquoi sur la chaise, unique décor de la scène, il a posé comme un recours son accordina, double recours, car moins lourd que son «  Victoria » bien sûr, et  parce que celui de Joe Baselli, offert par sa femme …
Et c’est aussi pourquoi, dit-il, comme une respiration dans son programme,  il parle et raconte…
Il suit le fil de Nacre de sa vie d’accordéon, une  vie de passion et d’émotions .
Tulle, c’est le lieu géométrique où viennent se croiser les fils du passé, de l’Accordéon et du sien …
Bien sûr ses premières nuits de Nacre, à la création desquelles il participa…
Mais avant même, des master classes où il se rappelle avoir conseillé des élèves aujourd’hui devenus grands.Il cite, et c’est pour nous un grand plaisir, Daniel  Mille, un de nos accordéonistes de prédilection .Il évoque le rire communicatif d’une de ces élèves, que nous ne connaissons pas…et de nous jouer  « Fou Rire », le deuxième morceau du concert, qu’elle lui inspira. Et chaque  morceau ou presque, est ainsi relié à  une histoire et donc une émotion.
 Tulle résonne  pour lui de la présence des accordéonistes- phares de son inspiration .
Gus , bien sûr  qu’on fête cette année ,et dont il joue Douce joie,  mais aussi Hamann, et Joe Baselli , dont les enfants sont là, Azzolla, toujours présent et talentueux, et qu’il remplaça un jour en tournée auprès de Gréco, tournée au cours de laquelle, pris de la nostalgie du pays, il composa la Valse à Margaux sa première valse musette.

 Et s’enchaînent ainsi  dans le programme des créations des différents moments de sa vie, des créations « Galliano » !
Habanerando, Chat pitre pour Valentine Petit, New york Tango , superbe deuxième mouvement de Opale concerto, Aria,…
…Sans que soient oubliées pour autant les références fondamentales de sa vie musicale,
My Funny Valentine évoque Chuck Baker, Tango pour Claude nous rappelle Vie violence, une superbe 
interprétation de  la Gnossienne 3  est le résultat d’un choix d’interprétation très  personnel, un « essai »nous dit-il !!!!
Et son très bel  Aria est  enchaîné avec libertango, le chef d’œuvre de Piazzolla, le maître et l’ami ,
Et c’est encore avec son Oblivion que nous nous quitterons…
Mais bien bien sûr c’est sur la Javanaise qu’il nous avait annoncé comme souvent ce moment des adieux fredonnant avec nous l’ au revoir : «  nous nous aimions, (nous VOUS aimions !) le temps d’une chanson »

Et avec toutes ses connotations personnelles, ces échos du passé,  la musique se charge d’une émotion intense,  qui  élargit le sens de l’engagement habituel qu’il met à la jouer.
 Il semble  se donner tout entier à sa musique avec son habituelle énergie, mais plus encore, comme s’il devait encore et  encore se prouver, et nous prouver, l’étendue de son talent .

Chaque morceau du programme survient comme par un chemin détourné,  puis se révèle en « épiphanie » , s’enrichit d’échappées multiples, comme improvisées,  recréées dans des variations virtuoses et inspirées, qui nous fascinent , car cette virtuosité époustouflante ne nuit jamais  à l’émotion de la ligne claire  de la mélodie .


Deux fois les rappels enthousiastes, chaleureux, conjurent le départ et la séparation ..
 Et puis le noir engloutit  la scène, et puis le vide, et puis c’est fini !!!

Sacrée soirée Monsieur Galliano !







dimanche 6 octobre 2013

L’air de TULLE



Quand nous étions enfants, nos parents nous disaient : « Tu es fatiguée ?ou .. tu  n’as pas d’appétit…ou …tu es un peu pâlotte… Il te faudrait un changement d’air ! »

En ce début d’automne, après un bel été chaud, animé, joyeux, finalement  un peu fatigant, mais en tout bien fini ! c’est  le déclin de la lumière,  les courbatures du corps et de l’âme, l’approche sournoise de l’hiver..

L’air de Tulle, Nuits de nacre et Accordéon, nous apparaît comme un changement d’air revigorant, une thérapie  bénéfique…

Car Tulle, comme la feria de Dax qui pour nous semble marquer le sommet de l’été, est un temps hors du temps, un  temps de fête qui suspend le déroulement inexorable des saisons …

Tulle, quand on y arrive, n’est qu’une petite ville ordinaire , enserrée dans la vallée étroite de la Corrèze, à l’architecture pas très belle au premier abord, une peu fraîche déjà en ce début d’automne…

Mais qui déjà vit dans la tension de l’avènement de l’Evènement à venir…

Puis c’est la Fête, à mesure que le soir approche,  les podiums qu’on monte, le son qu’on règle,  les restaurants où l’on mange à toute heure, les gens qui affluent de tous les côtés de la vallée, et puis la musique, de la musique partout, de la musique encore et encore…
Car Les Nuits de nacre honorent la diversité de l’Accordéon en célébrant la pluralité de ses possibles, la multiplicité de ses sonorités, la diversité de ses genres et de ses couleurs.
Tulle programme la diversité : musette traditionnel ou new, jazz free ou pas , musique classique ou virant contemporaine, rythme et mélodies de tous les pays où chantent le sanfona la fisarmonica, l’accordion, le bayan, et ses cousins proches, le bandonéon,  l’accordina , parfois même l’harmonica…

De la musique, trop de musique, pour qu’on puisse tout savourer… ! Source d’émerveillement mais aussi de frustrations : on a beau consulter encore et encore le petit programme de poche qui ne nous quitte pas,  flâner de rue en rue, courir de lieu en lieu, il est impossible de goûter à toutes les saveurs proposées …Le Gaspillage , c’est aussi la Fête !

Pour moi , ce que j’aime à Tulle, c’est que je trouve à y satisfaire le double versant de mes penchants d’amateure de musique: le premier , la curiosité , pour ce qu’est tel ou tel musicien, telle ou telle musique ( puis-je  m’y attacher ou simplement la suivre ?) un plaisir intellectuel en somme …le deuxième , la recherche de l’émotion profonde, une émotion qui saisit, parfois jusqu’aux larmes,  qui touche le cœur, et pour un moment change la vie !
Cette année côté connaissance, il y a eu la découverte d’Hiroko Ito, une musique que je n’avais pas eu la détermination d’écouter vraiment, malgré un article intéressant de F . Jallot, et ses deux premiers disques que Michel n’avait pas manqué de dénicher et d’acheter…
L’écoute en direct m’a permis d’accéder à sa musique en même temps que je découvrais par ses entretiens, le chemin de vie d’une femme étonnante de détermination, et émouvante de sincérité.
Il y a eu aussi une journée d’une découverte du bandonéon plus approfondie que celle que je pouvais avoir : la rencontre de Mosalini, le son unique (pour moi) de son bandonéon, des éclairages de la musique argentine, celle d’Astor, mais encore bien  d’autres , grâce à lui, et à William Sabatier et Olivier  Manoury, qui nous donnèrent aussi des aperçus de l’histoire de cet instruments et  des manières d’en jouer…
Il y a eu avec Fanny Vicens du « classique » à l’accordéon, la pureté de Bach alternant avec des oeuvres contemporaines , harmonieuses ou plus décalées et dérangeantes…
Il y a eu le violon endiablé de Didier Lockwood que nous n’avons pas eu souvent le plaisir d’entendre en direct ( sauf quand il joue avec Galliano !)

Côte émotion, il y a eu le son retrouvé de Sonia Rékis, ses mélodies et ses rythmes, que nous aimons,  et la découverte à ses côtés de la basse de Yann Géradin…
Il y a eu le trio de Laurent Derache , avec la basse d’Ouriel Ellert,et  la batterie de Martin Wangermée, une musique qui me touche profondément, je ne sais pourquoi ! Evidence de l’émotion musicale !  Et que nous n’avions jamais eu l’occasion d’entendre ne direct, tant  il se fait rare de par chez nous… Chance !
Et il y a eu un soir où la pluie nous avait transis et chassés des podiums, dans la chaleur et le lumière de la Taverne du Sommelier, Christian Toucas, le plaisir de retrouver le son coloré et chaleureux de son accordéon, avec Thierry Vaillot dont nous n’avions pas oublié la superbe guitare , et de découvrir les tablas d’Edouard Prabhu …époustoufant !
Et pour un  soir qui ne voulait  pas finir, à sa suite, le Paname Swing de Jean-Claude Laudat , encore un plaisir rare en live, un sacré plaisir…

Côté amitiés, il y eut des moments privilégiés avec Sonia et Yann, la rencontre traditionnelle avec notre ami Jean Marc, avec qui nous partageons joyeusement tant d‘affinités musicales, des instants d’échange avec Hiroko Ito, ou Laurent Derache, un repas détendu avec Soizik et Mathieu, la rencontre délicieuse avec une écouteuse attentive, qui se révéla être une lectrice de mon blog, et avec qui nous eûmes des échanges courts mais chargés de sympathie…

Côté sentimental, il y eut le plaisir de pouvoir écouter l’accordéon  de Marcel Azzolla   en appréciant d’entendre encore une fois ce son magnifique,  et sa voix chaleureuse et teintée d’humour…

Connaissance, Emotion, Amitié, Sentimental hours, c’est le cocktail unique et enivrant  de l’air de Tulle !

Un déni magique de …l’hiver qui vient !




mercredi 2 octobre 2013

TULLE à la rencontre du BANDONEON…







 Il y a des noms qui font rêver, des musiciens qu’on a entendus sur CD mais l’idée qu’ils puissent jouer devant vous , construire leur musique sous vos yeux et vous l’offrir à entendre en direct… !!!
C’est le cas de MOSALINI…
Il fait partie de ceux dont je demande à Michel, « Mosalini ? le grand ??? »
Et voilà qu’il est programmé aux Nuits de Nacre , en compagnie de  William Sabatier et Olivier Manoury…

J’ai la réponse : Mosalini , le Grand !
En l’écoutant l’autre soir au Théâtre des Sept collines à Tulle, j’ai entendu un son de bandonéon unique que j’aurais peine à qualifier tant je n’ai pas de connaissances techniques en musique, et tant je l’écoutais toute à l’écoute sans être capable de la moindre analyse …
Un son plein, vibrant, chaleureux et agile, qui donne à chanter dans sa tête, sont les seules connotations que je trouve …
Même la manière de frapper la pulsation sur le bandonéon m’a paru remarquable…
Même son guitariste , Edouardo Sanchez, semblait bénéficier de ce son magique….







Ses compagnons bandonéonistes, comble de plaisir, étaient à la hauteur de sa remarquable prestation
J’ai beaucoup aimé entendre William Sabatier, écouté jadis avec le trio P.S.P , un son différent, mais très beau, une sorte de puissance désespérée qui convient bien pour moi à l’idée de Tango..
« William Sabatier, à la gauche de J.-J. Mosalini, tendu comme une corde de violon. Habité par sa passion du tango et de son instrument. Le tango comme cérémonial. On sent que jouer du bandonéon, c'est un enjeu existentiel de première importance. » Michel, l’autre bistrot des accordéons 
Et une ouverture sur le musique argentine, passionnante : un compositeur que je ne connaissais pas Léopoldo Federico…


Tandis que  son maître Olivier Manoury, ouvrait un chemin excitant, que nous suivions volontiers, sur l’improvisation et la re-création du Tango


Il y eut d’autre part  un moment fort passionnant , dans l’intimité de l’espace Galliano, où William Sabatier et Olivier Manoury évoquèrent pour nous l’histoire du bandonéon, et ses compositeurs , Astor Piazzolla bien sûr,  mais bien d’autres Hannibal Troilo et Leopoldo Federico…
Ils  nous démontrèrent, avec virtuosité et simplicité, les différents styles de musique qui s’est jouée au bandonéon siuvant les lieux et les époques…



PASSIONNANT !

dimanche 29 septembre 2013

Plaisirs de Tulle , LAURENT DERACHE TRIO




Une des attentes du programme des Nuits de Nacre était sans nul doute pour moi le concert du Trio de Laurent Derache
J’ai déjà écrit combien nous aimons leur musique…
En revanche « si on me demande pourquoi je l’aime, je crois que ça ne peut se dire qu’en répondant, parce que c’est Elle parce que c’est moi !!!! »

Le concert se situait au Magic Mirrors
Lieu dont l’agrément est fort irrégulier suivant les moments de la journée et peut-être le type de musique joué
L’après midi c’est souvent une sorte de lieu ouvert. Sa forme circulaire et la galerie qui entoure la piste centrale incite à la déambulation, et le bar à l’entrée et les tables en bordure au pique-nique joyeux et bruyant…
On peut dire qu’à ce moment là on n’y voit bien nulle part à cause des piliers et des promeneurs et on entend partout assez mal…
Pour peu que l’éclairage choisi soit le jeu des « mirrors » on dirait une averse de neige magique dans laquelle on a envie de courir, de danser  et de jouer…
Et c’est ce qui s’est produit le 14 septembre à 18 heures !
Il y avait un grand nombre d’enfants et tous se sont mis à courir en ronde  sur la piste  qui s’est mise à ressembler à une patinoire des Jeux d’enfants à la Brueghel…tandis que les cris enfantins sur mélodies mélancoliques auraient pu rappeler, si on avait pu les écouter vraiment Les Minots de Daniel Mille…
Arrivés de bonne heure pour être « bien placés » !-la quadrature du cercle en somme ! -nous étions catastrophés …..Comme cela nous est parfois arrivé au Show Case !!!!

Néanmoins nous nous sommes efforcés de nous absorber dans les réglages des « balances », et peu à peu, nous avons réussi à nous isoler au coeur de cette musique .
NoUs avons choisi de nous approcher sur le devant de la scène et, petit à petit , des couples sont venus se grouper avec nous et nous sommes restés là, debout, puis assis par terre dans un îlot  de musicalité !!!
J’ai pensé alors que j’avais jadis intitulé mon post sur Life of Venus : Laurent Derache Trio , « le pouvoir de la musique »…
C’est effectivement une musique envoûtante, qui  capte  l’écoute et l’ émotion, qui joue sur les nerfs ou la sensibilité.
 D’aucuns diront, ça me prend la tête, d’autres, -moi ! – sont captivés…
Les thèmes que Laurent introduit sont superbes, très mélodiques, plutôt mélancoliques et lancinants...Leur  structure est  une reprise « obstinée » d’un motif qui progresse par infimes variations et décalages . Le rôle de la rythmique, la basses de Ouriel Eller et la batterie de Martin Wangermee, scande remarquablement cette obsession, en en soulignant  les variations…
Il y a une sorte d’unité car tous les morceaux assez longs relèvent de cette même structure, et  les thèmes se ressemblent tout en étant différents, mais toujours sur le même mode mineur,  créateur du même climat, presque une incantation lancinante ou mélancolique..


Les Minots avaient fini par s’envoler, le public par écouter, fasciné …
 Et la musique avait affirmé son emprise…




lundi 23 septembre 2013

Plaisirs de Tulle ... KISS & BYE !


 J’écris aujourd’hui devant ma fenêtre ouverte sur un soleil d’été !
Il n’en était pas de même il y a dix jours, jeudi 12 septembre, pour l’ouverture des Nuits de Nacre .
Le temps avait été annoncé plutôt frais mais beau…
 Mais il fut plutôt frais et variable tendance crachin. Et nous pensions qu’il fallait faire notre deuil de l’été !
Nous en étions attristés, car la soirée d’ouverture c’était, pour nous prélude « d’élection », SONIA REKIS, dans Sa nouvelle formation KISS& BYE avec YANN DEJARDIN à la basse, avec Sonia et Yann , aux voix et percussions .
Nous aimons la musique de Sonia, le son de son accordéon à la fois sonore , chaleureux , allègre… et toutefois un peu mélancolique, et les mélodies dont elle a le génie. Nous adorons Quai de Bourbon, Circul' Circus , Musique pour  trotteuse, Roz des sables …
Nous aimons aussi Sonia et le projet de Sonia, sa détermination à jouer, sa capacité à créer de nouvelles mélodies, à  inventer de nouvelles façons de jouer, à former  de nouveaux groupes  où  être elle-même mais aussi différente…
Et ce soir du 12 septembre à Tulle, malgré la petite « brousine » des balances, sous l’ éclaircie précaire, devant un public d’abord clairsemé mais qui se laissa peu à peu  capter par ce  son attirant et beau…nous avons eu KISS&BYE ….




Et nous n’avons pas été déçus !

Car toujours la mélodie, toujours le son «Sonia », mais la basse de Yann pour donner de la profondeur et les percus-jouées aux pieds- pour donner du relief aux morceaux, les voix, les remarquables voix, parfois  un peu "scat" mais aussi quasi oniriques et étranges, ou chantées ,comme dans le remarquable « J’ai deux amours » qui a marqué mon enfance, et qui, par la voix de Sonia, rend sensible le décalage poétique des univers suggérés par Kiss & bye…

Non nous n’avons pas été déçus !!!!



 Que vive  Kiss & Bye !






lundi 26 septembre 2011

Les nacres de Tulle, une petite bulle irisée dans le ciel de l’automne…

Nous n’étions jamais venus nous balader dans les Nuits de Nacre. Cette année la programmation était trop tentante , Marcel Azzola et sa carte blanche, dont Lina Bossati et Daniel Mille , Chango Spasiuk fil rouge, Jean Luc Amestoy pourtant notre "pays" , mais si rare,.. tous si rares, trop rares…avec de surcroît Lionel Suarez, entendu avec Minvielle récemment, puis en quartet avec Minino Garay, mais qu’on aime toujours réentendre, tant il est inventif de nouvelles formations, et de surcroît D.Ithursarry, et Vincent Peirani jamais entendus en live , dont les disques nous sont chers…

Bref, nous sommes partis pour cette étrange petite ville toute en longueur qui encastre dans l’étroite vallée de la Corrèze d’immenses blocs des années 60, assez laids et kafkaïens, et étage sur l’escarpement de ses berges immeubles et quartiers, sans doute traces d’une prospérité disparue…

Le soleil et même la chaleur étaient au rendez-vous de sa métamorphose en cité de la musique, une musique vouée à l’instrument qui fit la gloire de ses fabriques, et qui balaie de son souffle depuis des décennies la bruyère de ses sous bois…

Et nous avons bien trouvé dans la tiédeur des soirées jusque tard dans la nuit les merveilles attendues…

Marcel Azzola dont le son léger et vibrant , souple et plein, inspire l’équilibre et le sérénité, Marcel qui défie le temps qui passe, célèbre avec ferveur l’accordéon en choisissant si bien ses interprètes, et chante avec fidélité le compagnonnage et l’amitié: j’ai aimé particulièrement découvrir Lina Bossati, son merveilleux piano si justement accordé au jeu de ses compagnons accordéonistes, ainsi que Sylvain Luc et Diego Imbert, et…j’étais ravie que soit présent au rendez-vous Daniel Mille ,
  



 Enchantement poétique total, accordéon, mélodie, voix…on aimerait que le temps suspende son vol !








  
Que dire de Spasiuk ?

Son abord passionné, chaleureux mais toujours distant, comme regardant ailleurs, tourné vers le monde de sa musique…

Que dire  ? Sinon qu’il m'apparut  plus que jamais comme le « vates » inspiré du Chamamé, tantôt égrenant ses mélodies avec douceur et tendresse, tantôt s’enflammant en frénésies qui transportent ses compagnons musiciens et les spectateurs. En duo confidentiel avec son chanteur guitariste Marcello Dellamea, ou cinquième élément meneur de jeu des quatre compères accordéonistes…






Que dire des quatre compères sinon qu’ils furent exceptionnels !



 
Tous différents de style et de sons tous beaux. Ils surent à l’instigation de Lionel Suarez s’accorder en des duos ou des solos où s’exprimait leur style propre et parfois, avec Chango en particulier, se fondre et de joindre dans des ensembles éblouissants. Je retiendrai de tous ces bonheurs les prodigieux Libertango et Indifférence à cinq. Le duo basque enlevé d’ Amestoy et d’Ithursarry, le duo Suarez Amestoy, mélodique et nuancé, la saisissante improvisation de Peirani.
Et les rappels ! Les rappels…

Impossible de se rappeler tout avec précision, tant le vécu esthétique et émotionnel fut intense.






Plaisir d’écouter en live la musique, qui semble se construire dans le temps du concert pour notre écoute et sous nos yeux… les échanges de regards et de signes, les postures, les changements de physionomie, en rendent visibles la texture. Et la combinatoire des interventions, sans doute prévue, donnent pourtant l’impression d’une création quand se rencontrent les instruments . L’improvisation de Vincent Peirani, pour moi excellente, nous mène de surprise en surprise, sans qu’il n’y ait rien d’hasardeux dans sa construction…



Plaisir accru parce qu’on connaît certains d’entre eux personnellement, l’impression qu’ils jouent pour nous…

Plaisir augmenté du plaisir d’être partagé avec nos amis de Toulouse et Trentels, qu’on vient de rencontrer de manière imprévue…







Bien sûr notre admiration pour Spasiuk est telle qu’on ne peut s’empêcher de regretter de ne pas l’avoir entendu, ainsi que Raul Barboza (pour qui nous éprouvons une égale admiration !) dans cet excellent lieu d’écoute qu’est le "théâtre des 7 collines". Car ce petit « Espace Galliano » outre son exigüité, ne rendait guère justice à la beauté de ses sonorités, parasitées par la « chanson » de la clim et les rafales des reflex…



Car bien sûr il y a quelques regrets…
Le Magic Mirror ne fut guère magique pour le son : portes ouvertes, ou battantes, bruits de caisses …de boissons, avec commentaires des bistrotiers, déambulation quasi permanente du public, en cours de morceau parfois !
Le chapiteau lui, est grandiose !!!, en tout cas grand,très grand : si large que les places latérales ne permettent pas de voir Daniel mille, si profond que le son de Sanseverino n’est pas bien perçu au fond…Nous avons finalement préféré les places latérales !!!!
Car pour une fois nous n’avons pas fait la queue une heure à l ‘avance pour être bien placés comme nous en avons l’habitude : nous voulions aussi écouter Chango et Marcello Dellamea…

Regret d’une programmation si riche qu’il fallait choisir…alors que l’après midi était un peu vide…

Regrets encore :
Trop de fantômes au pôle accordéon dont on comprend que s’il s’agit  de la plus belle collection d’accordéons de France, c’est une collection d’accordéons conservés, emballés, archivés , protégés, bref invisibles !!!
Trop de reflets sur les superbes photos de Rinaldi…à la Médiathèque très spectaculaire et réussie…

« Trop bien », en revanche le théâtre des 7 collines, qui nous parut parfait et dont on aurait aimé qu’ il abrite tous les spectacles que nous avons aimés …mais !!
Trop délicieuses, les rencontres de hasard avec nos accordéonistes de prédilection…
Trop agréables, la découverte imprévue d’accordéonistes inconnus : Sonia Rekys , nous vous écouterons certes et souvent !!!
...Une discussion à l'issue du concert "le cinquième élément" avec une spectatrice  inconnue, que nous ne nous décidions pas à interrompre tant nous avions plaisir  à partager nos enthousiasmes..

…Et très précieuse, une petite échappée, pause et  recueillement, dans le silence et le soleil du cloître…




Mais en tout cas, c’est certain, il y a un REGRET que nous n’avons pas, non !!!!

VRAIMENT !!! NOUS NE REGRETTONS PAS D’ETRE VENUS POUR CES NUITS DE NACRE…!!!!



Nous aurons du mal à rentrer dans notre quotidien d’automne !