dimanche 17 février 2013

Compartiment tueurs, Sébastien Japrisot, Denoël 1962




Il y a quelques jours, en cherchant dans le rayon polars de Leclerc Parvis, j’ai trouvé Compartiments tueurs, de Sébastien Japrisot .
Je l’avais lu , il y a bien longtemps ! et beaucoup aimé, puis égaré quelque part sur mes étagères . 
J’avais aussi vu le film( Costa Gavras, , Simone Signoret , Yves Montand, Catherine Allégret et… ? J’ai toujours regretté qu’on ne puisse pas en trouver une version DVD, car la tension dramatique et les personnages m’y avaient semblé remarquables . Evidemment Signoret/ Montand s’en donnaient à cœur joie , peut-être aimerions-nous moins aujourd’hui ?
Le livre, en tout cas , je l’ai redévoré avec un égal plaisir , ou peut-être un plaisir différent…
Même plaisir sans doute   celui de l’écriture, ramassée, nerveuse, précise
Les jeux de points de vue, remarquables, qui ne laisse rien deviner du coupable, ni de celui qui finalement détecte le suspect …
Les personnages attachants, le flic que jouera Montand, Grazzi , le petite Bambi, jeune première émouvante , son « Bébé –Cadum » d’amoureux, le grain de sable dans la mécanique des tueurs , humour de l’amour et de la maladresse, finesse finale et inattendue !
En revanche Simone Signoret donnait, je me rappelle, un relief remarquable, une dimension supérieure au personnage de l’actrice, vieillissante et suspecte  avant d’être  assassinée. Le personnage du chef des ventes de Progine, Cabourg est remarquablement campé par les mots de Japrisot , le lecteur est longtemps enserré par son point de vue, qui suscite malaise et émotion devant un homme à névrose d’échec, et à frustrastions sexuelles…
Ce que j’ai aimé aujourd’hui, qui peut-être « daterait »  l’écriture du roman , pour de plus jeunes  lecteurs , c’est tous les détails quotidiens année 60 , qui firent partie de notre vécu d’étudiants et d’amoureux ,  le train « à compartiments » et les tickets de quai , les bistrots de Paris un peu popus, les dactylos, les vêtements,  bas nylon qui filent, petit manteau bleu  bien coupé  pour la jeune Bambi, les ascenseurs à cage ouverte (parfaits pour les exécutions), les Gitanes…
Un peu comme celui de Populaire

Et peut-être aussi l’écriture à points de vue multiples avec de récurrents changements de lieux et de temps, dont nos jeunes années firent leurs délices….

Tel quel, je l’ai bien aimé ce livre différemment, et parfois plus encore qu’autrefois  , en raison de ce petit parfum de réminiscence…ce parfum de passé dans un récit qui nonobstant ses cinq meurtres,  véhicule plus de tendresse que de noirceur.




Un  petit parfum de passé tel que peut-être on trouve dans Mon oncle mais Mon oncle m’a toujours laissé, par la personnalité de Jacques Tati, une vague absurdité, la villa sophistiquée aux robots ménagers « hyper modernes »la mère méticuleuse qui joue à tenir sa merveilleuse maison, le père qui fait des affaires, le désert de leur vie, l’enfant, qui reste un enfant qui s’évade sur les pas mécaniques de son Oncle , vers les terrains vagues , les canaris, les jeux de galopins, mais …seulement le jeudi… !.
Mon Oncle m’a toujours laissé une impression de malaise et de tristesse persistantes  ...


Quand on sort d’en rire…




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