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samedi 11 juin 2011

Renaud Garcia Fons à Trentels

« De la route... pour la musique… »


Pour le second concert de la soirée du 4 juin, le festival de Trentels avait invité la Linea del Sur, le quartet de Renaud Garcia Fons, une sacrée chance !
Je n’ose redire encore tout le bonheur que m’inspire cette musique, …et l'admiration que j'éprouve pour Renaud Garcia Fons

S’y ajoutait le plaisir de la présence de nos trois petites, Charlotte, Camille , et la première d’entre elles, Nadja, notre fille…
Et malgré des problèmes de technique, des imperfections du son, des retards accumulés qui firent raccourcir le concert, dans l’intimité simple et chaleureuse de la salle des fêtes, et la proximité des quatre remarquables musiciens, ce fut encore un délice…Le son unique de cette contrebasse unique (du moins pour moi !), les percus remarquables de P.Rollando, la fine guitare de Kiko Ruiz, et David Venitucci particulièrment présent et chaleureux ce soir-là..

Atteindre la Línea Del Sur, puiser la vitalité à la Agua de la Vida, vivre l’allégresse de la Valseria…

Toujours trop court…

On s’attarde, David Venitucci parle avec Michel et nous fait signe, je lui présente Nadja et le deux petites fascinées, on discute un moment du concert, du,son, de l’atmosphère..
Je regarde Renaud Garcia Fons qui vient ranger son matériel, grave, soigneux, Ses nouvelles lunettes accentuent encore le caractère concentré et sérieux de son visage. Quand il se penche sur les cordes de sa précieuse contrebasse, parfois son regard s’échappe par -dessus ses lunettes ..vers l’ingénieur du son ? ...le public ?.. « l’éther » de sa musique ?…


Charlotte et Camille me regardent qui le regarde…
« Tu n’oses pas, hein Mamou ?, tu n’oses pas y aller, ... lui dire… !!!!
Mise ainsi en demeure, je prends mon courage à deux mains, grimpe sur la scène et exprime timidement à l’homme penché sur sa contrebasse toute mon admiration…
Pour Méditerranée, pour la Linéa, que nous sommes allés souvent écouter…à Toulouse, à Orthez, …

"-Vous êtes d’où ?
-De Pau
-C’est loin !!!
-Oui, mais nous venons toujours à Trentels, et de toute manière pour aller écouter certains musiciens …

Regard vif, lumineux, compréhensif :
-Vous voyagez …vous voyagez pour la musique
-Oui..
-C’est bien de faire de la route pour la musique..
-Oui, nous faisons de la route pour la musique …Comme vous d’ailleurs …mais nous, c’est pour écouter…

Pendant l’échange, Camille, silencieusement, s’est glissée contre moi, le regarde et nous écoute, sans un mot…fascinée…
Plus tard, quand je raconterai aux autres, elle me dira :
-Non Mamou tu as dit pour VOUS écouter….
Extraordinaire mémoire des mots des enfants, ou de ces enfants !!!

Faire de la route pour la musique, quelle jolie phrase !
Quelle belle chose, faire de la route pour vivre ces rencontres intenses et trop courtes, y puiser l’énergie de la musique en direct, de la musique en partage..

Et avoir parfois en supplément , la chance de quelques instants d’ une vraie communication dans la simplicité des mots …..



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jeudi 2 avril 2009

La Linea del Sur de Renaud Garcia Fons

La Linea del Sur,
David Venitucci, Kiko Ruiz, Pascal Rollando, Renaud Garcia Fons,
Connotations…

« Une chronique de ce sud rêvé sans frontières… »Renaud Garcia Fons
Une fois encore, nos goûts et ma fascination vont d’instinct à des musiques métisses et vagabondes…

Cette musique est bien à tous les sens du mot une musique fabuleuse, d’abord parce qu’elle nous enchante, ensuite parce que le « Sur » qu’elle raconte est le sud fabuleux recréé par l’imaginaire très personnel de son auteur ; enfin parce qu’elle fait surgir dans notre propre imaginaire des connotations personnelles, à la couleur de « nos Suds ».


"El agua de la vida"
Erfoud, à l’heure tranquille
… Où les palmiers vont boire…
On arrive à Erfoud le soir sous le rayon déjà oblique du soleil. C’est l’heure de l’irrigation. L’eau libérée s’élance dans le quadrillage rectiligne des seguias. On entend glouglouter l’eau qui crève en bulles sur la terre desséchée. On croit entendre respirer les palmiers. La végétation à leur pied s’éclate en un vert criard dans les carrés du sol ocre.
Quand on sort du quadrilatère régulier de la palmeraie, bruissant d’eau et de verdure, on monte sur un petit djebel et alors le regard se perd dans les lignes de fuite indéfinies tracées par le vent sur l’immense reg de cailloux noirs et brillants comme cuits au four du soleil. On entend le désert qui chante.
Soudain c’est la nuit qui tombe d’un coup. Il fait presque froid…

"Le long orphelinat des gares"
J’aime les gares, leurs espaces successivement envahis de presse , ou désertés, leurs bruits de machines, leur odeur de fer chauffé et de goudron, les annonces des trains aux hauts parleurs…
Mais la gare Saint Charles, cette gare de Renaud GF, plus que l’enthousiasme des départs vers un ailleurs de rêve , évoque plutôt pour moi le déchirement des départs, et l’attente des retours , le très beau vers de Guillaume Apollinaire, "le long orphelinat des gares"

Une petite arène de « tienta » blanche et rouge sur un sol terre brûlée.
Les pas des chevaux frappent le sol, le galop de la vache aussi. Quand elle percute la cape du vacher, la bête produit un choc sourd grave et vibrant. Les hommes appellent : « Toro…toro… »
La musique suscite des désirs de marisma, que je ne connais pas, et de Séville que je connais si peu…


La musique selon Verlaine…
Tout en chantant sur le mode mineur
L’amour vainqueur et la vie opportune
Ils n’ont pas l’air de croire à leur bonheur
Et leur chanson se mêle au clair de lune
Au calme clair de lune triste et beau…

Mélodies en mineur, rythmes obsédants qui reviennent et disparaissent, bonheurs de jouer et de se jouer d’une silhouette, d’une valse, d’une barque …
La ligne de ce Sud est teintée de mélancolie et de déchirant bonheur.

Je pense alors à une autre musique du « Sud », « la Luz Negra »de Richard Galliano, qui en présentant Tangaria au New Morning, (un soir « fabuleux » !) disait que grâce à ses musiciens brésiliens entre autres, il y avait retrouvé la couleur « latine » de sa musique et en quelque sorte ses racines méditerranéennes …

Aussi belles et envoûtantes l’une que l’autre, ces deux fabuleuses musiques nous offrent des couleurs du Sud toutes en contraste …Luz Negra !