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mardi 12 novembre 2013

RICHARD GALLIANO en SOLO !



Je ne cesse d’admirer chez Richard Galliano, (entre autres qualités !!!), son talent extraordinaire pour le partage et la découverte. Ses différentes rencontres et la formation de nouveaux groupes encore et encore sont un plaisir toujours renouvelé  tant elles produisent de musiques nouvelles  « chaque fois  autre, et  chaque fois la même » , tant Richard Galliano possède un vrai style et un son véritablement unique .


Ce samedi 9 novembre à Conilhac,dans le cadre du festival de jazz annuel, il donnait un « récital » SOLO…


Pour peu, nous aurions été tentés d’être déçus. Car, curieux impénitents de ses formations,  nous n’avons pas encore écouté en direct son Vivaldi, nous sommes à l’affût de son New Tangaria Quartet, désireux d’écouter   Jean Marc Jafet, que nous connaissons un peu, et  Jean Christophe  Galliano et François Arnaud dont nous aimerions vraiment  entendre le son « live ».  Mais ils  ne se produisent que loin de chez nous… !!!

Mais bien sûr ce SOLO, nous n’avons pas hésité un instant à venir l’écouter !
EH bien !!! le moins qu’on puisse dire, c’est que déçus nous ne l’avons pas été...
Cette heure et demie de musique magnifique valait bien nos 750 km de voiture, notre chambre d’hôtel, les rafales de vent sur les Corbières  et nos « picachous » de fortune…

Comment Richard Galliano peut-il encore et à nouveau nous enchanter, comme la musique des grands, celle qu’on redécouvre à chaque écoute, comme certains romans ou certains poèmes qu’on peut relire indéfiniment ?
Il y a en lui une prodigieuse présence, l’évidence de la musicalité …
Jazz or no Jazz ? nous demandions- nous, Michel et moi, à « Conilhac, festival de Jazz » ?
Si jazz veut dire liberté, créativité inventive,  sur des thèmes mélodiques connus, qui s’élancent  sans jamais se perdre dans des variations inspirées, et nullement gratuites,…c’est Libertango ou Bébé !
Si Jazz veut dire swing étourdissant, c’est Tango pour Claude et Fou rire, ou swing léger et aérien, c’est Barbara,  dansant dans le cœur et l’esprit, c’est Habanerando, c’est La valse  à Margaux 
Si  c’est encore virtuosité époustouflante et complexité musicale si parfaites qu’elles atteignent une lumineuse simplicité et  l’évidence de la beauté… c’est Chapître ou NewYork Tango, au si beau nom d’« Opale concerto »
Si le Jazz est  re-création alors c’est du Jazz, c’est du jazz Galliano, c’est aussi du musette new, c’est du Piazzolla retrouvé …
S’il est partage, c’est partage de La Musique , et de toutes les musiques de sa vie, les musiques qu’il redécouvre encore et toujours , avec ses propres œuvres qu’il relit et réinvente à chaque moment…
Et en l’absence de ses musiciens,  dans cette petite salle chaleureuse, vibrante de monde et d’enthousiasme, s’établit un rapport singulier  avec nous le  public, une communication intense, directe, comme particulière. Et ce face à face est fascinant…

Il y a dans le solo quand il réussit  quelque chose de magique…


Et puis finalement voilà qu’il se débrouille encore ce diable d’homme à rencontrer quelqu’un, quelqu’un à Conilhac quelqu’un du jazz, quelqu’un du Brésil, quelqu’un de sa vie…Il rencontre Rique Pantoja Leite avec qui il a joué avec Chet Baker !
Et avec lequel il  recrée pour nous ce soir  Inaïa joué et enregistré en juillet 1980…cheveux longs et barbe noire …Musique sans rides, superbe !







samedi 21 avril 2012

Renaud Garcia Fons, le pèlerin de Marcevol


AQÂJÂN (pièce pour contrebasse seule) par Koalaprod

 SOLO, the Marcevol Concert



A Marcevol, Renaud Garcia Fons revisite des lieux d’enfance, où sans doute il s’est promené jadis…
Il a choisi aussi, lui qui jusque là n’a enregistré qu’en studio, un lieu à l’acoustique remarquable, qui devienne «  le prolongement de son instrument et lui ouvre des espaces sonores… ».
Un lieu de Spiritualité aussi, pour la Musique, qui est comme le « langage de l’esprit », et exprime,  au delà des mots « des sentiments si intraduisibles qu’il faut la musique pour les suggérer ».
Et c’est bien d’un pèlerinage dans la musique de sa vie qu’il s’agit, d’un parcours dans les musiques qu’il aime, travaille, célèbre, et finalement fait siennes.
En Méditerranée, mais aussi « Ailleurs »,  dans le monde et le temps.
Un voyage érudit et inspiré…La buleria du Flamenco (Bajo de guia) la ballade irlandaise (Far Ballad) , Palerme (Palermo Notturno), la musique baroque (Hacia Compostela), la musique catalane  du Moyen Age (Marcevol), l’Argentine des campesinos qui inspira le chant et la guitare d’Atahualpa Yupanqui, Le Rock (Rock Wandering)…la culture jazz qui ménage dans le programme « prévu et écrit » du concert, des plages à improviser...et d’autres trdtitions encore que je ne sais identifier.
Et c’est chaque fois ni « tout à fait le même » rythme « et le même » son… ni tout à fait un autre…
Car la variété du parcours, si elle enchante  l’oreille de ses variations, conserve une  continuité qui s’impose avec évidence : le style Garcia Fons.


Un style évident pour moi  comme sont  certaines œuvres d’art, même si je  peine à le définir : il tient à la perfection d’une technique maitrisée qui entrelace avec créativité les possibles de l’instrument. Il tient à la beauté  de mélodies déchirantes qui s’imposent à l’évidence comme siennes. Il tient pour moi à une connotation avec une sorte de mélancolie profonde, qui s’apparente aux chants sacrés…
Méditerranée certes, ou Línea del Sur, mais l’Enéide, mystique et géorgique, ou un Orient aux accords insolites, plutôt que la mer scintillante de « mille diamants d’imperceptible écume » sous le soleil de midi !!!  .
La pochette du disque situe bien la lumière de son chant, crépuscule et aube lumineuse, sur une terre un peu  sauvage…

Et c’est un voyage SOLO
Comme un temps de recueillement…
Bien sûr, le DVD en témoigne, il y a là un  public, chaleureux et plus encore fasciné, qui le regarde, à la fin de chaque morceau,  quand s’éteint la vibration de la dernière note, sortir de son voyage intérieur, et les regarder sans sourire…
Mais bien sûr, c’est en fait un DUO, un duo fusionnel avec sa contrebasse, qu’il ne cesse d’embrasser étroitement depuis l’âge de 16 ans. Comme un Pygmalion touché par le coup de foudre, il a rêvé de faire  oublier qu’elle n’était que contrebasse, rêvé pour elle d’une voie soliste (ou voix soliste ?) « à la croisée de toutes les techniques de jeu des instruments à cordes ». De la transformer  en un instrument universel, l’instrument de tous les instruments, et de toutes les musiques …


« Pour jouer, pour chanter, pour raconter des histoires aux gens, leur ouvrir des étendues » pour des voyages imaginés…
Et il a réussi : c’est, tout simplement, une musique magique que ce Marcevol Solo !

Le CD, pour écouter cette musique …
Le DVD, pour entendre et voir le concert dans le Prieuré, et pour écouter dans les collines sauvages de Marcevol, Renaud Garcia Fons en parler « SOLO »…
Car c’est une interview sans intervieweur…un monologue pensif…un voyage intérieur !!!!