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dimanche 13 avril 2014

Jean-Louis Matinier à Bourg Saint Andéol, quelle rencontre !!!!



Nous désirions depuis longtemps écouter Jean -Louis Matinier en live.

La découverte de Fuera fut pour moi, à l’époque où Michel,s’était lancé dans la découverte de l’accordéon et l’exploration de ses interprètes « à aimer », une superbe rencontre : la beauté et la puissance émotionnelle des thèmes,  le son aérien , agile, pur et sans stridences dans la virtuosité des aigus, de Jean-Marie Matinier, allié aux cordes magiques de Renaud Garcia-Fons , inconnu de moi lui aussi, contribuèrent décidèrent de ma conversion à ces musiques pas classiques et néanmoins riches d’élaboration…
Suivit Alboréa, puis Confluences…


Toujours ce voyage aérien dans des sonorités qui connotent un Sud abstrait, mythique , à la fois évocateur, et plus poétique que réel .
Puis l’alliance de Matinier avec l’oud de  Anouar Brahem ,Sur les pas du chat noir, titre poétique, photo d’hiver dépouillé et de noir et blanc d’ André Kertész ..




Nous avons pensé :  «  Que merveille ! et…Que  décidément le dialogue avec les cordes inspire Jean-Louis Matinier ! »
Alors quand dans le cadre de « Jazz sur son 31 », Jean-Louis Matinier avec François Couturier rencontraient le violoncelle d’Anja Lechner, bien sûr nous nous y sommes précipités !
Mais en écoutant  cette musique si subtilement et conceptuellement élaborée , nous restions comme étrangers, comme s’ils les musiciens y construisaient un monde à eux ,dans une sphère  au fonctionnement mystérieux qui nous échappait. Nous avions l’impression de ne pas « entendre « Jean –Louis Matinier » comme si ce son que nous aimons ne nous parvenait ni ne nous touchait cette fois…

Expérience dont  on était impatient de se remettre en retrouvant sa musique à Bourg saint Andéol !
Et dans ce village de belle pierre, de ruelles et de vent du Rhône, c’est l’homme lui-même que nous avons rencontré d’abord . Une bien agréable rencontre , car cet homme discret se révèle remarquablement disponible ,ouvert, et chaleureux.
 Je dois être au fond « people » car je suis très touchée de rencontrer les musiciens que nous admirons ou aimons , et aussi qu’ils nous  connaissent . Peut-être dans ma naïveté, ai-je l’impression que la communication de la musique en sera plus intense, qu’ils jouent un peu pour nous, perdus dans la foule du public en écoute. Dans ma naïveté je me plaît à penser, que,  quoiqu’il en coûte à ma timidité, ils sont peut-être contents que je leur dise combien j’ai aimé, et ce que j’ai aimé… Comme je l’étais quand je faisais pour mon travail des interventions particulièrement  difficiles et redoutées qu’élèves ou stagiaires viennent me dire qu’ils avaient apprécié …
Les rencontres avec Jean Louis Matinier, pour rapides et occasionnelles qu’elles furent, n’étaient  pas insignifiantes, tant s’y esquissèrent de vraies  connivences sur la peinture ou le photo, l’Orangerie et La Grand palais  , la montagne ou la mer de notre pays , l’ importance du lieu où l’on aime partager la musique, des salles banales mais  vouées à l’écoute , des CD où se cristallise un moment d’une œuvre , organisé et mis en page, parfois éclairé d’un texte précieux…
Et puis ce fut le concert , « Duo Inventio », le bien nommé…
« Le concert a lieu dans une salle monumentale du Palais des Evêques, le grenier d'abondance. Impressionnant par ses dimensions, parfait quant à son acoustique. Les deux musiciens sont installés sur une estrade étroite et de faible hauteur…Le son du nyckelharpa est d'abord surprenant, mais tout de suite son accord avec l'accordéon est des plus harmonieux. Une musique venue d'ailleurs. » Michel , autre  bistrot des accordéons


…Avec Marco Ambrosini, et son Nyckelharpa, de belles cordes encore pour l’ accordéon magique de Jean-Louis Matinier.Tantôt d’une légèreté aérienne, tantôt chantant avec ampleur et souplesse, mélodique et , ce qui me frappe dans toutes ses œuvres, remarquablement rythmé...








En écoutant leur duo remarquablement accordé, des impressions  naïves se bousculent dans ma tête : allégresse ,  jazz,  danses italiennes , chants voyageurs des campagnes italiennes à Bach,  allègres ou mélancoliques, mais qui toujours dansent ou swinguent…

https://myspace.com/duoambrosinimatinier/music/song/inventio-4-j.s.bach-47255341-50657279

Et c’est pour moi  le plus beau moment de ces beaux moments de Bourg Saint Andéol…

vendredi 4 avril 2014

Alain Pennec à Bourg Saint Andéol , les jolies surprises du festival …


 Quand Alain Pennec  raconte…les bistrots imaginaires …
Comme je l’ai déjà dit, mes curiosités actuelles de direct  me portent davantage vers les instrumentaux ,  que vers des textes mis en spectacle... Les textes , sauf peut-être la poésie, demeurant pour moi essentiellement de l’ordre d’une lecture intimement silencieuse…
De surcroît, je ne suis pas spécialement attirée par la musique «  traditionnelle », même si  l’entreprise de recréation de ces musiques de pays , m’intéresse parfois quand elle en fait une « new » musique, enracinée dans la tradition culturelle, mais novatrice...
  Et s’il est vrai que nous aimons beaucoup de musiciens d’accordéon diatonique, le grand Marc Perrone dans ses petites chansons urbaines, qui chantent la vie de la banlieue avec des airs d’Italie emportés par le vent jusqu’à la Courneuve...
..François Heim et Bruno le Tron pour des musiques issues de la tradition balkanique mais si fondamentalement  personnelles dans l’expression de la déprime ou l’amour,

...Didier Laloy enlaçant  la belle tonalité de son diato au superbe son du chromatique de Tuur Florizoone 

..et Stéphane Délicq dont on pleure à jamais les mélodies dansantes aussi complexes qu’ harmonieuses…

...il est vrai aussi que l’acidité des certaines musiques « trad » et leur chant répétitif ne nous séduisent guère…

Nous attendions donc Alain Pennec avec une certaine curiosité, d’autant que  son spectacle promettait une  mise en scène spectaculaire, masque et marottes en papier mâché (Ouest France !!!), et du texte raconté…

Ce sont bien sans doute des histoires qui couraient dans le temps  en ce pays breton, des personnages hauts en couleur comme on en rencontre (ou pas !) dans les « cafés de pays » Julie la Rousse, Mado de Madagascar … de ce fantastique populaire qui fait intervenir au détour  de la vie quotidienne un soir de tristesse, de compagnonnage ou d’ivresse, le Diable et ses Diablotins.
Je pense à une auteur de romans policiers dont je raffole, Fred Vargas, et à  l’utilisation poétique et dramatique qu’elle fait dans ses romans de ces récits fantastiques du fonds populaire : « Dans les bois éternels » 
Dans  le cas d’Alain Pennec aussi, ces récits sont en grande partie, si je peux en juger,  le produit d’une  vraie invention personnelle. Un surréalisme bon enfant, mêlé d’humour, de tendresse pour ses personnages créés ou réinventés, recrée  ce pays à la fois réel et imaginaire, un joli monde » d’art naïf »…
Accordéon et flûte relèvent pour moi de ces mêmes filiations de la musique populaire « de pays », des rythmes  de danse aux pas sautillants plus que glissés, et  des mélodies souriantes et  entraînantes en majeur, alternant avec des airs qui chantent en mineur ce chant de l’homme « toujours triste même quand il exprime le bonheur » (Chateaubriand)
 Parfois  issus du collectage d’airs de la tradition, parfois  créés par Alain Pennec tous portent la marque de sa fantaisie  et de sa créativité …

 Comme d’ailleurs le beau son de son  diato, parfois acide, sautillant, rustique  et simple, comme souvent pour « ces airs de Pays » et de danse , parfois plus plein, plus chaud, d’une rondeur  mélodique  et presque déchirante de mélancolie jolie…





Sur la sombre et vaste  scène de la Cascade,  ces 
marottes  en papier mâché« Ouest France », violemment colorées, vivent,  par le récit et la musique de leur créateur cornu, une vie saisissante, poétique et drôle…


On peut l'écouter sur youtube:

http://youtu.be/Cjk9kgxEesc