samedi 31 octobre 2020



 LE Concert...


LE «Concert»

2019.

C'était la fin d'un été un peu difficile chargé de soucis en brassée, la santé de ma sœur, lentement déclinante, les soins à organiser, parfois à encadrer, le cœur serré par l’incertitude du lendemain …

Et malgré quelques jours arrachés au cafard sur le rivage de notre océan, et la douceur de la compagnie de nos enfants

Et encore une belle feria dacquoise, mais peu de concerts live…Même si toutefois cette fin d'été  nous avait permis, à Bugues, d'écouter Vincent Peirani, du Soleil… Dans le  soir d’un jour qui commence à décliner…

. Et de rencontrer Bruno Maurice, avec sa jolie Eléonore, et leur jeune et malicieuse Garance, de projeter de se retrouver à Agen pour l'un de ses concerts prochains…

 

Puis il y a eu l'Automne, ma sœur à l’Epadh, les visites lourdes de souffrances inexprimées, échanges encore affectueux mais chargés de non-dits et entrecoupés de chagrins violents :

-la Maison où elle ne reviendra pas,

-ceux qu’on aime  et qu’on ne voit plus, « Les petites oui où sont-elles ?, que font-elles ? »

-Ceux qu’on aime et ne reverra plus : « Mérotte, elle n’est pas morte ?  Et Payou ? Lui’ n’est pas mort ? »

La lâcheté des dénis mal convaincants et des bises inopérantes…

L’accumulation des papiers à remplir, des démarches à faire. La crainte du facteur à passer…

Plus d’énergie désormais pour les échappées à deux vers les amis de la musique, les salles de concerts chaleureuses, l’hôtel choisi avec soin, et au bout ! la Musique et la Rencontre avec ceux qui la construisent pour nous dans des moments merveilleux !

Pas de concerts dans ce temps d’automne angoissé en permanence, avec pourtant, selon l’amicale formule de notre musicien ami Daniel Mille «  à moins de 400 km vous serez là ! » , la programmation de deux « aubaines » presque près de chez nous, un concert Peirani-Daniel Mille et Living Being II à Orthez (50km)  et un autre concert, Lionel Suarez, et Airelle Besson,  à Pau même , Espace Chambaud , deux concerts dont l’attente était susceptible d’éclairer notre horizon d’hiver…

En espérant l’été, la mer, les concerts, la fête à Dax ,  le soleil du tuba…

 

Puis il y a eu  l'hiver ,et dans l'Avent de Noël, l'apparition sournoise d'une petite couronne maléfique, celle du coronavirus . …

2020

Et ce fut le COVID! et le Confinement pour printemps !

Pas de voyages autorisés pour aller au concert, pire  encore surtout, pas de voyages à Toulouse comme d’hab pour voir et embrasser nos enfants et nos petites filles, pas de projet de fêtes d’été ni tuba ni bandas , ni ferias , ni corridas pas même d’aller- retour à hossegor.…

 

Les concerts projetés… annulés ! parfois « reportés » !!!

On regardait les billets inutiles , depuis si longtemps retenus !

 

 

« Adieu, Lives, Amis de la musique, Concerts en projets … »

 

Et puis il y eut malgré tout des obstinés de l’espoir …

 De l’espoir en CD, La sortie  d’ ABRAZO…qu’on put se procurer au Parvis de Pau…

Et au téléphone ,le message d’amitié de Daniel Mille…

Le coup de fil de  Paula ,la chaleureuse hôtesse de notre resto favori …

 

Il y a eu des obstinés de l’affection , nos enfants,et leurs « coups » de fil

Notre Camille et ses textes poétiques, ses listes de remèdes à la tristesse,

Notre Nad et sa tenace et optimiste enérgie,son Seb et son volontariste optimisme ;

 Notre Charlotte, son travail lumineux et opiniâtre, sa réussite éclatante…

 

Et il y a eu des obstinés de l’organisation des concerts pour lesquels la mention « reporté » n’était pas un vain mot !

Merci à eux, au théâtre d’Orthez  où le report du concert de Peirani, Parisien, et living Being,  fut effectif , nous servit de phare tout au long de cette fin d’été, et ,conditions sanitaires effectives et méritoires réalisées, nous permit , tout proches De Vincent et ses complices, de vivre en direct leur  remarquable musique, dans un partage vrai et si intense qu’on en aurait pleuré…

Merci aussi, un peu nostalgique, à l’Espace Chambaud, pour un autre report « effectif » du concert Suarez/Airelle Besson…le 17janvier ..2021

Et « Effectif » n’est pour l’instant synonyme que de « reprogrammé », car Le COVID est reporté, et le

Confinement reprogrammé !!!  

A la liste des obstinés bienfaisants, j’ajouterai , à suivre, une brassée de merveilleux cadeaux -effectifs- de CD d’automne , dont je vous dirai sous peu « Merveille » :

J’ai déjà cité Abrazo:






J'ajouterai :L'Envol...





Richard Galliano en solo






Et Perle des perles ; Mother of pearl




lundi 8 juin 2020

Maman....



Maman , je pense à toi souvent .
Mais en ce jour de Fête des Mères , ce jour peut-être créé pour différentes raisons autres que notre amour ...je t'écris ...
Je t'écris pour te dire que ton épiphylle a encore joliment fleuri , moins que les deux années passées mais bien joliment quand même..


Et cette année je ne sais pourquoi,plus que d'autres , je pense à toi en essayant , hors photos pâlies de votre album, de t'imaginer jeune , semblable , mais en plus éclatante et rieuse que sur la photo, que  Payou aimait tant, et qu'il regardait parfois rêveusement et amoureusement..
Je t'imagine avec tendresse et admiration, avec tes superbes lourds et longs cheveux si bruns, roulés difficilement en chignon.
Je t'imagine entrant dans le lycée Camille Jullian , prenant place parmi tes condisciples issues de la bourgeoisie bordelaise, travaillant avec sérieux et application toute l'année, ne comptant pour te distraire que sur l'été landais où tu retrouverais ta cousine Amelia , pour aller à la fête de Dax,  aux manèges et au bal populaire, et danser... danser, toi qui aimait tant danser..
Je suis encore émue d'admiration,de penser que ce Bac, que si peu de filles de ta génération ont eu, tu l'as eu! et que tu es allée à la Fac, fille d'un cheminot et d'une mère analphabète mais pleine de détermination et de goûts culturels  ...
Tu y es allée , mais, si tu n'as pas obtenu mieux qu'un premier diplôme , tu y as rencontré "le petit frisé",ton amour pour la vie ...
Bonne nuit Maman ...


mercredi 18 mars 2020

CONFINEMENT




Confinement...




AU TEMPS DES DONJONS

As-tu déjà perdu le mot de passe ?
Le château se ferme et devient prison
La belle aux créneaux chante sa chanson
Et le prisonnier gémit dans l'in pace.

Une belle image de Robert DESNOS, une image poétique, qui comme toutes les belles images poétiques, garde le pouvoir par delà les années d'exprimer un état d'âme, une angoisse du présent et une appréhension de « l'à venir »

L'etat de siège, de Desnos 1942 , 
et notre désarroi aujourd'hui d'être confinés comme pestiférés !

Retrouveras-tu le chemin, la plaine,
La source et l'asile au cœur des forêts ,
Le détour du fleuve où l'aube apparaît,
L'étoile du soir et le lune pleine ?
Le serpent dardé vers l'homme s'élance ,
L'enlace , l'étreint entre ses anneaux,
La belle soupire au bord des créneaux,
Le soleil couchant brille sur les lances,
l'âge sans retour vers l'homme jaillit,
L'enlace, l'étreint entre ses années,
Amours!Ô saisons! Ô belles fanées !
Serpents lovés à l'ombre des taillis.

Ah que le jour vienne où le chemin nous mène ...
au détour du fleuve ...
...ou à la courbe sableuse de la plage !


mercredi 19 février 2020

Par un soir de solstice ...des Fées !


C’était un soir de décembre de l’Avant de  Noël .  Dans mon imaginaire,  longtemps ce temps de l’avant Noël  ruisselait pour moi de la chaleur des lumières foisonnant le soir dans les rues, ou parfois filtrant de fenêtres qui parlaient de soirées intimes et chaleureuses .
Mais en ce mois de décembre dernier, trop de soucis du Présent, de regrets des Noëls  passés,  me distillaient pendant que je marchais la mélancolie des soirs top tôt tombés.
Je me disais de ne pas renoncer à cette marche volontariste, entreprise contre vents et genou douloureux ,  mais il faisait un froid d’humidité qui poisse aux joues et aux mains …
Je peinai  à faire « un petit tour »et finalement rentrai  pour retrouver mon réconfort favori :
 me lover sous une grosse  couverture de bébé, bleue, moelleuse, avec un polar de Fred Vargas, lu et relu, et un disque écouté encore et encore, ce soir là …Mare Nostrum III
J’aime les trois musiciens de Mare Nostrum,  la trompette de Paolo , mélodieuse, puissante, belle et touchante, les notes de  l’accordéon  de Richard, gouttes délicieuses d’une mélodie qui émeut, et le beau piano chantant de Jan Lundgren comme airs de danse dans la  brume…
Le premier thème, c’est Blues sur Seine, nous l’écoutons depuis longtemps , et depuis longtemps, son rythme, l’accordéon de Richard , sa mélodie teintée de tristesse  ne laissent pas de contribuer à  la douceur de ma mélancolie actuelle , celle à laquelle je tentais ce soir d’échapper grâce à une marche « déterminée » dans la vivacité du froid , mais qui m’avait  à nouveau saisie  dans l’humidité assombrie du soir .
Tapie  dans ma couverture , dans la musique , et la prose parfaite de Fred Vargas … plaisirs  toujours renouvelables , je me laisse aller à la succession des thèmes ,de  Richard Galliano, de Jan Lundgren , et de Michel Legrand , et à l’entrelacs des trois sons qui se répondent, et s’enlacent…
Quand tout à coup un thème que je ne reconnais pas , plus vif ,comme plus joyeux ,plus éclatant, mais qu’ en fait on pourrait dire toujours mélancolique  quoique  joyeux, me surprend. Et, comme toujours pour moi,  addict des mots, je cherche le titre de ce  morceau qui me séduit et m’intrigue à la fois , Le jardin  des Fées, Richard Galliano ..
Connais pas ce thème!.. Qu’évoque ce jardin magique, Richard ? Qui sont ces fées ?
Accordéon, puis trompette et comme en fond, le piano, et  la  puissance d’un son riche et scandé, tous  trois, comme «  Verlainiens »,«  chantant sur le mode mineur  l’amour vainqueur  et la vie opportune »…
J’ai retrouvé avec ces fées, énigmatiques,  la chaleur d’un rêve d’autant plus délicieux qu’il demeure mystérieux et ouvre la porte à une rêverie ..indéfinie.
Je retrouve,bien accompagné , la puissance chaleureuse et mélodieuse de l’accordéon de Richard, ce  son qui redonne confiance et force à vivre !!! et qui résonne en nouslonguement, comme la dernière note de Paolo , tenue interminablement…
…Dans la fin du jour,
La fin de l’année,
La fin de la course du soleil
Qui enfin va s’arrêter de décliner
Minute par minute
Et s’arrêter
En son SOLSTICE !!!!

Il est six heures: le ciel gris uni du soir a pris sa teinte "bleu marine "lumineux et profond


Avec l'étoile du berger...?













         





Profond









   Lumineux.....






Puis, il est six heures et il fait nuit !










jeudi 12 décembre 2019

Molière au Panthéon




Francis Huster est venu au Parvis de Pau pour présenter son dernier livre:
Titre prometteur:"Moliere, Mon Dieu"(à lire )
Rencontre  spectaculaire : One Man's show savoureux (en suivre le récit à venir!)
Et  un projet à suivre  (et à signer : sa pétition demandant l'admission de Molière au Panthéon!!!)
 »
Je pense pour ma part que Molière tient une place fondamentale dans la culture française, dans la mienne, à coup sûr, et, je le crois, dans celle de nombre d’élèves avec lesquels j’ai eu le bonheur de partager la rencontre avec son œuvre : rires , émotions profondes, oui ! le monde de Molière a le pouvoir de nous faire rire autant qu’il nous émeut 
Les personnages auxquels il a donné un destin , et un langage, en cette langue magique de comédien sublime demeurent remarquablement présents en nous en dépit du temps, et continuent d’exprimer « les choses cruciales de la vie », drôles, pathétiques, voire parfois tragiques , mères, pères , épouses, amants et amantes se débattent et en débattent dans cette langue, la « langue de Molière », si frappante, que nous en avons retenu maintes répliques comme sentences familières… parmi eux, de beaux personnages de femmes que j’aime particulièrement : servantes insolentes et généreuses aux enfants , épouses et mères d’une sensibilité fine et d’une sagesse vibrante, habiles à dénouer les aléas de leur vie familiale ou sentimentale par la finesse d’une ruse subtile dont elles souhaiteraient exclure toute cruauté.
Grande est notre dette envers Molière pour nous avoir offert son monde en partage, et je lui rends grâce en particulier d’avoir rendu aussi par son talent ce partage possible –rire salvateur et émotion grave et profonde-avec tant de mes élèves. 
Merci au Grand Molière, Acteur, d’avoir été aussi le génial auteur des textes qu’il nous a légués, ses pièces magiques à écouter, à lire, à dire , à jouer, et parfois à vivre intensément , qui sont la clé de ce partage . 











dimanche 3 novembre 2019

Nouveau Sylvain Rifflet : Troubadours


Un nouvel opus, découvert depuis notre première et marquante rencontre avec la musique de Sylvain Rifflet , et c’est à nouveau la découverte d’un son, comme voilé, étrange, mais toujours harmonieux , aux composantes diverses étroitement entrelacées.
Une musique qui nous embarque dans  un univers mystérieux et captivant.
Bien sûr pour qui comme moi aime que les titres ouvrent des chemins d’écoute, le titre Troubadours aussitôt connote un univers éloigné dans le temps à la sonorité étrange, un peu décalée, quoique totalement mélodieuse.
Ma curiosité s’accroche un moment aux noms des troubadours éponymes des titres, mais j’interprète en lisant les noms sur la pochette (aux titres minuscules !!!) que si les troubadours évoqués ont une existence attestée, la musique que je découvre est (sauf exception :
I’vo bene, auteur cité Ghirardello da Firenze)  imaginée,  créée par Sylvain Rifflet ; ou recréée d’un opus de Jimmy Rowle. (pour ce dernier que je ne connais pas, je fais  connaissance avec celui-ci sur You tube !!!.)
 Mais peu m’importe c’est la démarche qui me séduit comme une création poétique (au sens plein du mot qui a le pouvoir  de faire existe), d’un univers fascinant , d’une beauté étrange et comme «  nouvelle »…un imaginaire de la musique des troubadours, sans doute non dépourvu de connaissances musicales mais assumé comme sien.
Le plus immédiatement prégnant, bien sûr, c’est le SON, le saxo ténor de Sylvain Rifflet est la source première de cette étrangeté, de « cette beauté intemporelle  à couper le souffle.. »J’emprunte ces mots et partage l’enthousiasme de Citizen Jazz…
Un saxo alternant  avec ses clarinettes , et les enlaçant avec la très belle sonorité de la trompette de Verneri Pohjola  . pour un son « quasi fusionnel  des vents » (Citizen J. encore )au point que pauvre oreille que je suis j’ai parfois  du mal à les démêler…Ils se « mêlent et se répondent » en « correspondances » avec les percussions de Benjamin Flamant et l’harmonium de Sandrine Merchetti dans une« ténébreuse et profonde unité »…Parfois les délices agiles de la clarinette ou de la trompette y inscrivent une histoire mélodieuse , touchante et lyrique, comme romanesque ( ex ; le n°10 de Jimmy Rowles )…
Mais la pulsation du rythme est non moins remarquable et participe de l’ostinato de certains morceaux : (1) Sordello da Goito ;
Le(8) de « Bertran de Born » en soulignant répétitions et accélarations des mélodies
Se créent ainsi  entre morceaux nuances et particularités qui séduisent et attirent ; mais leur succession est malgré tout remarqualement homogène.
Tous sans doute portent le sceau de la création de S.Rifflet ;  m^me si leurs titres les placent sous le signe d’auteurs différents ,  troubadours authentiques dont on ignore si les morceaux reflètent quelque chose de leur musique authentique..Sauf L’vo Bene,the Pecocks  « signés», et Le  Murmure signé aussi , que pour ma part j’adore pur sa variation sonore délicate : du filet de son fragile au départ au grondement harmonieux et profond ensuite, et qui me fait penser à la subtile remarque de Valéry sur la variation de sens du mot « murmure », du latin « mourmour » au français « murmure », merveilles de l’apparition  du « u », et de la création du « Murmure » de Sylvain Rifflet !!!

J’aime tous ces morceaux et ne choisirais  point entre eux ; ni entre leurs mélodies toutes fort belles , ni entre les jeux divers que s’y donnent les instruments !
Je me laisserai aller à leur fusion, et à leur quelque chose d « inanalysable »  dans cette musique !!! …
…Que de ce fait on pourrait dire « poétique » en somme !!!!

Merci aux Troubadours,
à Sylvain Rifflet ,
à l’accompagnement précieux de ses compagnons de musique .