jeudi 18 février 2016

La nourritura du vieil Alvaro G.



Il était espagnol,communiste , chassé de l’Espagne de Franco.
Il habitait dans l’HLM de ma sœur à quelques portes de chez elle.
Ils se croisaient fréquemment dans l’escalier, le couloir, parfois pour un café sur la table de la cuisine
Elle l’aimait beaucoup, ils échangeaient beaucoup …
Car ils faisaient aussi partie de la même « Cellule » ! C’était un camarade !
C’était il y a bien des années,  il était déjà âgé, déjà « le vieux G », elle était très jeune, vive, militante, et passionnée …
Passionné, il ne l’était pas moins.

Parfois , pour lui en épargner la fatigue, quand elle partait au Tabac-Journaux du coin pour acheter son « HUMA », elle lui disait en partant : je te l’apporte ?
Eh que non,  déjà il y était  allé, premier travail du matin,   disait-il :
« He ! c’est que c’est la nourritura !!!! »

Quelle jolie formule , et qui souffle la nostalgie !

Certes «  L’Huma » , ne fut jamais ma « nourritura », mes nourritura étaient déjà plus proches de la lecture et de la littérature, voire même de la pédagogie,  plus du rêve de « changer la vie », que du rêve de changer le monde !

Mais aujourd’hui j’en emprunterais bien le mot  pour dire : ma nourritura, c’est la musique !
Nourritura partagée, avec Michel, parfois mes enfants, et souvent les musiciens eux-mêmes par le partage du concert, et parfois un peu plus si affinités et disponibilités…
J’en éprouve le besoin quotidien, plus que lors de me vie active, et comme quand j’étais ado, puis jeune femme…comme lire le soir …ou écrire fréquemment…

Signe du temps ?
Le temps « social » est gris si gris, ou est-ce ma perception ? que je me replie dans ce qui est beau, peut se partager,  se vivre avec enthousiasme, voire passion…
Ou signe de notre temps ?...Personnel ?  le temps de l’âge des nostalgies , voire  des deuils ?

Non je veux croire à la force de la musique , intemporelle !


Ne nous quittez PAS !!!




dimanche 14 février 2016

Lionel SUAREZ et JeHaN célèbrent Alain LEPREST

L’accordéon de Lionel, c’est pour moi l’ampleur et  la profondeur d’un son qui se déploie avec puissance tout en gardant la rondeur chaleureuse , loin de toute stridence, de phrases majestueuses,  qui chantent la Danse et célèbrent la Mélodie…
La rencontre avec la  voix de JeHaN , les mots et le phrasé d’Alain Leprest,  confèrent à cette musique, une tonalité particulière qui chante la Vie , ses essentiels et ses inessentiels, en mode mineur …Malgré les sourires et les clins d’œil que font surgir, jolies surprises , les images surréalistes et poétiques d’Alain  L.,malgré La chaleur de Lionel, la voix  sonore et riche de Jehan, ses savoureux  fragments d’anecdotes personnelles qui raniment la présence du chanteur disparu, une certaine tristesse douce imprègne la mélodie des choses de la vie…
Les moments, harmonie du duo accordéon et chant, textes poétiques et parfois légers et rieurs , sont tantôt rayonnants , tantôt nostalgiques . Ils se succèdent pour tisser la trame d’une soirée au rythme enlevé, à la fois mélancolique et joyeuse….
Merci à Lionel pour ce duo , qui le révèle aussi remarquable que nous le connaissons et l’aimons..
Merci  encore pour nous avoir fait connaître JeHaN et Alain Leprest, que nous savions remarquables, mais que nous ne connaissions  pas vraiment…




samedi 6 février 2016

Un solo de Bruno Maurice à la médiathèque d'Artigues

 A la médiathèque d’Artigues le soir du 22 janvier , un solo de Bruno Maurice...


Michel a déjà fait  de ce moment d’embellie d’un soir d‘hiver, un beau récit,  si  accordé avec ma propre impression,  que je le partage :
« Mais, parlons d'abord du concert solo de Bruno Maurice. Un mot me vient spontanément à l'esprit pour désigner ce moment rare : "intimité". Un répertoire exigeant, sans concessions, un moment de temps suspendu. Un moment de grâce. 




Le lieu ? Un angle de la grande salle de la médiathèque, un pupitre, des partitions, une chaise et un éclairage, identique du début à la fin : un environnement d'or et de miel. Chaleureux. L'accordéon parait tellement évident, pour ne pas dire simple, tant tout effort parait gommé. Mais au prix de quelle concentration, de quelle attention, de quel stress surmonté et de quelle technique longuement, patiemment et obstinément appropriée ! 


Dehors, la pluie ne cesse de tomber et la nuit est on ne peut plus sombre, mais ici on est comme sur une île, fasciné par le jeu de Bruno. 

blogspot.fr/2016/01/mercredi-27-janvier-bruno-maurice-solo.html



A mon tour, les jours passant, tâchant de ranimer le souvenir de ce moment, alors si touchant,  mais dont la complexité  me fuit aujourd’hui, j’essaie d’analyser les composantes, dont on pourrait dire qu’elles caractérisent pour moi *un vrai style : le style de Bruno …

Il y a d’abord, pour moi, une superbe alliance,  fruit d’une concentration extrême et tendue, et de l’agilité extraordinaire de ses doigts , d’une ligne claire, ténue, de notes légères ,  élaborées,  en une organisation raffinée et  délicate, et en contraste, saisissant,  la puissance du Bayan ,graves vibrants, et le souffle impressionnant , profond et modulé du soufflet déployé…
Phrases qui éclatent en envolées brillantes, dispersion lumineuse frôlant presque parfois la dissonance mais retournant toujours à l’harmonie,  et  en contraste, le son du « Petit Orgue » qui semble créer l’écho de voûtes sacrées, dans le lieu prosaïque d’une médiathèque lumineuse  et chaleureuse...
De cet intime et contrasté mélange résulte une musique envoûtante et  légère à la fois, dont les morceaux offrent dans l’unité d’un style une variété de thèmes …
Ces thèmes sont souvent évocateurs de réalités du monde sensible , soleil levant , nuage ou quais chantant sous le soleil,  éléments cosmiques, ou …  triviaux : ville au matin, profondeur Bleue d’un plongeon dans l’océan , ou bulles d’un Saumur pétillant….

 Mais à l’instar de certains tableaux « abstraits », les objets réels, évoqués, sont comme  épurés, leur réalité « abstraite » et magnifiée, recrée par l’évocation; ils sont sinon plus réels, en tout cas  plus  « présents » qu’une  réaliste imitation…
Enfin j’ajouterais une  impression d’ensemble subjective sur le style de Bruno, à la fois toujours  mélodieux  , parfois presque chantant…et un peu mélancolique souvent…

Je reprendrai les termes de Michel : on en demeure « fasciné , comme sur une île »…



(*pour mon imparfaite écoute de non-musicienne)

jeudi 28 janvier 2016

Cierra tus ojos , le concert de Daniel Mille à Cenon, un CHEF D'OEUVRE!


Tous les concerts auxquels nous assistons,  choisis, programmés,  attendus , mérités parfois, par une longue route, un hôtel plus  sommaire , un repas médiocre, une fatigue qui ne s’allège guère avec les années !!tous ont leur séduction propre et non comparable …
Au partage intense et éphémère de la musique qui nous a amenés jusque là se mêlent parfois des éléments de contexte uniques et  non prévus  , un paysage entrevu, une baie entre les pins,   un repas insolite et délicieux , ,…un brindis aussi merveilleux qu’ inattendu, la rencontre précieuse du Musicien d’Election, pour assister à la musique duquel  nous avons  fait le chemin, Quelquefois  la découverte grâce à lui d’une amie ou d’un interprète qu’on ne connaissait pas  et qui enrichira pour  toujours nos écoutes musicales , Emile Parisien, François Salque , isabelle olivier, Sébastien Surel, Dorsaf Hamdami et Myeko Myasaki, Airelle Besson, Michel Massot…Martine C.et tant d’autres …parce que les musiciens que nous aimons, et parce que nous les aimons, sont pour nous  des passeurs de musique ….
Mais seul un petit nombre de  concerts  nous marquent durablement par  la conjonction remarquable d’éléments qui en font des « chef d’œuvre ... » un moment parfait ….
Ainsi certains jours de mer, certains jours de feria, certains jours de neige jadis  nous offrent-ils  cette conjonction rare et parfaite de leurs éléments.

Ce fut le cas du concert de Daniel Mille




Oui ! nous l’avions écoutée des fois et des fois…mais si nous en connaissions tous les morceaux,  en en vivant la réalisation, peu importaient les titres que d’ailleurs Daniel Mille ne donnait pas , elle se déroulait comme une œuvre  totale dont les parties s’imbriquaient  complètement pour atteindre l’évidence de la présence …
Dans cette salle qui d’emblée n’avait rien de remarquable,  dès leur entrée, le cercle des  cinq musiciens  dans un halo chaleureux de lumière semblait un cercle intimement soudé de talents accordés, sous la présence simple et remarquablement prégnante de Daniel Mille. Tout semblait justement prévu et à la place même où il devait l’être, pour participer de l’ensemble,  leurs graves pour la nostalgie sombre  d’Astor Piazzolla  et la toujours délicieuse-« soyeuse »-  mélancolie de Daniel, leurs sonorités toujours différentes et belles jouant dans tous les registres de leurs instruments, la juste distribution de leurs dialogues  avec l’accordéon…le plaisir de jouer et de partager …
Tout me semblait pertinent, adapté à ce moment, les violoncelles pour Piazzolla, le titre du concert, le style unique de Daniel Mille  ce « phrasé » (je ne sais si on dit ainsi en musique !!!) poétique ,  particulier, cette douceur du tempo …
En revanche je l’avoue Yo no cerré mis ojos, je regardais de tous mes yeux, mes mirettes de « non musicienne », repérais qui jouait instant par instant


 pour saisir visuellement les différents plans entendus,   car malgré  les écoutes réitérées des cd  , je ne sais pas à l’écoute quel violoncelle joue, et le voir de tous mes yeux, associer à sa sonorité les visages de Grégoire Korniluk, ou de Paul Colomb ou  Michel Deville, tendus ou souriants,attentifs toujours, et le face à face superbe de Diego Humbert et Daniel Mille, ajoute au plaisir fort de l’émotion , l’impression d’un supplément de savoir dans l’écoute…et le sentiment de voir se construire en live l’œuvre sonore…


 Ce fut bien sûr trop court mais peut-être moins frustrant que parfois,  tant l’impression d’un objet parfaitement accompli fut forte ….

Et si on me demande pourquoi…
Quand il s’agit de dire et d’écrire pourquoi on l’aime, on a du mal à trouver les mots .Peut-être ferait-on mieux de se laisser aller au fil du courant et de dire …

Parce que c’est Piazzolla !  parce que c’est Daniel Mille !
Parce que ce Piazzolla n’est «  ni tout à fait le même ni tout à fait un  autre » .


Parce que Daniel Mille est toujours Daniel Mille…


mardi 5 janvier 2016

La mort d’une mère



Ce n’était pas mère …
Ce n’était que ma belle –mère …
Mais toutes deux nous nous étions beaucoup aimées au temps de notre première rencontre …
Son côté femme enfant petite , ronde ,jeune , à la peau lumineuse , sa voix trop forte , ses rires , son affection possessive , et tendre, sa détermination à être une belle mère « pas comme les autres » , ou plutôt « comme la belle-mère de E….(je ne sais plus qui !) que  sa belle fille aimait tant », m’avait comme enchantée, au point même d’avoir un peu terni parfois  l’image  de ma maman , que j’aimais,  et j’aime encore d’un inconditionnel amour .
Et puis avec les années, la venue de l’âge , l’altération de sa santé , qu’elle ne supportait guère , et qui la rendait amère , avec peut-être  mon propre devenir d’adulte et de mère, cette relation, s’était attiédie , peut-être,  et finalement assombrie pour ma part ces dernières années avec le sentiment de mon impuissance à agir pour soulager ses tourments de santé, son refus de les accepter, sa rancœur désespérée,  son permanent reproche à notre égard de ne pas répondre à sa détresse….et finalement son repli  dans un monde imaginé et délirant où  seul entrait son fils et où je n’entrais plus …
Quand je l’ai revue  ce matin du 2 janvier , si menue, si petite dans son lit de morte , avec son visage calme et immobile à jamais,  presque sans rides , mais si émacié qu’il semblait le profil d’un petit oiseau, j’ai eu peine à la reconnaître…
Je me suis approchée d’elle pour un dernier adieu et ce faisant en tournant autour de son lit, tout à coup, mes yeux ont trouvé son autre profil , et je ne sais pourquoi , alors je l’ai reconnue…j’ai reconnue la jeune femme d’autrefois , et toutes les images du passé heureux  m’ont frappée au visage , et avec le souvenir,   le chagrin... de la perte de l’affection d’autrefois, et de l’affection tout court …et peut-être de l’affection manquée…


Plus tard nous sommes partis pour les démarches que chacun connait et  malgré le poids terrible que l’accompagner toutes ces années a fait peser sur Michel, malgré la pénible quasi absence de communication de ces mêmes années , ce n’est pas un soulagement que j’ai éprouvé  mais une sorte de sentiment de solitude…

jeudi 31 décembre 2015

2016 !!! VOICI venu l’AN NEUF !





Je souhaite que cette nouvelle année soit plus douce, si possible, à tous ceux qui souffrent…
Dans leur corps 
ou dans leur cœur …
Ou de  misère sociale...

Je souhaite que cette nouvelle année soit favorable à ceux qui  accompagnent ma vie, mes proches, mes amours, mes amis, viatiques précieux de mon chemin…

A vous aussi, je souhaite qu’elle soit propice mes amis si virtuels et si présents …
Compagnons d’une certaine  idée des choses de la vie, qui éclairent  mon chemin de lumineuses rencontres, de connivences fugitives, mais chaleureuses, et toujours bienfaisantes….


 A vous aussi ,mes  Amis de la Musique, qui  m’offrez tant de musique jolies , émotions touchantes qui donnent à rêver ,à pleurer,  à vivre des instants intenses de beauté , à ressentir le sentiment de la plénitude,  éveillent  la curiosité esthétique et comblent  le désir de découvrir …
A vous tous, que cette nouvelle année soit propice…


Vous inspire,

ET vous permette de mettre en ŒUVRES  des bonheurs musicaux toujours nouveaux !

Et  à nous aussi, qu’elle  soit propice ! en nous permettant de les partager avec vous et d’en être les oreilles ravies ….



Que nous ayons le privilège de partager souvent ce chemin nouveau qui s’ouvre…sous le soleil insolite de cet insolite hiver !




dimanche 20 décembre 2015

France, Mère des Arts, des armes, et des lois...REGRETS...






« France, mère des arts,  des armes  et des lois… » Les Regrets de Du Bellay..


Ainsi ,il y a cinq siècles,  disait le poète…
A mon tour ce soir de la célébrer pour témoigner humblement que l’amour pour ce pays,  le mien, et les couleurs de son drapeau, ne sont pas  réservés à une équipe de Foot richement dotée, ou  à un parti  qui prétend  être le seul à défendre la civilisation française .

« France, mère des arts,  des armes  et des lois… »
« Tu m’as nourri longtemps… »
J’entends déjà les ironistes de tous poils qui aujourd’hui croissent et se multiplient, les voltairiens de comptoir, ou du Show bizz,   les pros de la dérision, qui estiment que la liberté de garder son esprit critique consiste à toujours discerner le négatif dans le positif.
                « Que la police est répressive …
                Et que la police manque de moyens !
               
                « Qu’on ne contrôle pas assez …
                Et que les contrôles décidés sont une atteinte à notre liberté !

« Que l’exécutif mène des croisades inutiles et coûteuses…des guerres quasi coloniales, des guerres d’ingérence …
                Et qu’il est insuffisant  de ne mener que des frappes aériennes limitées à la Syrie !  

Mère des Arts ?
Ouais !
Vous avez vu tous les festivals supprimés par manque de subventions ?
Et les « intermittents du spectacle », nul ne s’en soucie plus ?

Des Armes ?
Ouiii, ça champion !!! France marchand d’armes , pilier de l’économie française !

Quant aux lois !
Justice de classe ….
« Et les flics peuvent bien arrêter des suspects , ils seront relâchés demain… »
Indulgente aux puissants , rude envers le faibles …
« Et que les politiques qui légifèrent ne respectent pas la loi et jouissent parfois des décennies durant d’une « privata lex »  qui comme chacun sait se traduit par le mot privilège »

Bien sûr qu’il serait naïf  de dénier toutes ses critiques …
Mais il serait peut-être plus juste de les mettre en regard quelquefois les unes avec les autres  et prendre conscience de l’ambiguïté inhérente aux  décisions … « politiques »en particulier (puisque selon Littré sens littéraire et vieux : « habile, avisé » …..)

Je ne vois pas clair dans ce dédale
Mais tant pis…je le dis : j’aime ce pays imparfait, le mien !

J’aime sa langue
Bien que l’anglais me fascine par son pragmatisme, et que j’aimerais mieux connaître les arcanes de l’espagnol, si « roman » et si beau
J’aime le français, pour la mélodie  de sa syntaxe que d’aucun qualifie de « descendante » ,  pour la musique de l’alexandrin, pour la précision et les nuances , pour les respirations du e muet… !!!
Et je déplore avec acrimonie qu’il soit de bon ton, de ne chanter qu’en Anglais sur C à vous !
Et beaucoup ailleurs !!!

J’aime  cette langue malgré les aberrations de son orthographe que personne ne veut réformer,  ni laisser évoluer et pour… sa conjugaison si régulière et équilibrée, sa syntaxe relativement souple…

J’aime sa culture , Scapin et Figaro, Rimbaud et Modiano , Simenon  et Vargas ,Valery et Prévert ,Camus et Ionesco,….et tant d’autres, si divers

J’aime ses musiques,  celles qu’a produites cette terre,  et  celles qu’elle partage , ou qu’elle adopte ou  fait un peu  siennes , Rameau  et  Lulli, Chopin et Piazzolla , Alexandre Tharaud et Galliano , Daniel Mille , Peirani et Parisien, l’accordéon de Barboza ,  Ravel et Nino Rota ,Debussy et Offenbach,  et  les chansons de Marc Perrone, un « originaire » qui   écrit si bien des chansons pas si petites dans un français si poétique et qui les fait si mélodiquement chanter !
Et…et….
Le jazz et la java !

J’aime sa  culture
Bien que parfois elle ne soit que de Paris , Ogre Tout-Puissant qui aspire tout ce qui chante, joue, dessine,  et expose…
et joue au rugby ou au foot !  
Qui  consacre les talents et leur donne audience !  « Centre du bon goût et grand bureau des merveilles ! »
Mais   parce  qu’ aussi… Toulouse, Marciac, Tulle , Oloron , Perpignan et Junas,
et bien d’autres courageux festivals que je ne connais pas …
et les « Concerts de poche »  et les « Chemins de musique », les « Instants pluriels »,et  les festivals d’accordéon…

 J’aime ses balcons multiples sur les mers, plats et dorés, ou escarpés de roches sombre ou crayeuse, qui donnent à rêver du large …

J’aime sa liberté fût-elle relative, son égalité fût-elle imparfaite, sa fraternité même précaire et inégale…
Son école malgré ses échecs et à cause de ses  réussites
Sa sécu, ruineuse et souvent si bienfaisante …
Ses allocations chômage et son RSA insuffisants , qui ont pour faible mérite d’exister …

Du Belley ,  loin de cette terre qu’il célébrait,  en exprimait le poignant REGRET !!!
 De regrets je ne manque point …
Que trop de ses enfants soient mal aimés et mal nourris…
Que ses enfants gâtés ne cessent de râler sans nulle conscience de ce qu’elle leur offre à vivre…
Que les villes et surtout la Ville dévorent la campagne…
Qu’on y adore le Veau D’or …
Que soit  peut-être  le sien  l’idéal  de paix sociale parfois ironiquement formulé « Si  les riches acceptaient de ne pas être beaucoup plus riches et les pauvres d’être beaucoup plus pauvres »!
Que tout finisse non par des chansons- car les chansons, la musique, et l’art, sont le viatique de notre humaine route- mais par l’Amère Dérision  …

Mais je l’aime…

en désirant qu’elle soit meilleure à vivre pour TOUS,  
mais sachant que je ne peux plus y contribuer vraiment, sauf à croire en elle….avec obstination…
« France, mère des arts,  des armes  et des lois… »