mercredi 8 février 2017

AMOUR , deux Palombes...

Sur la crête du toit voisin côté soleil, tous les débuts d’hiver il y a deux palombes…


Chaque jour ou presque, perchées sur le toit face à face, ou dos à dos, ou côte à côte, elles semblent converser, sautiller à la queue leu leu, ou s’ élancer l’une vers l’autre et se becqueter à pleins bécots .


« Les palombes, dit le Robert, ce sont des pigeons ramiers du Sud ouest de la France.. »
Et nous de dire :

«  Deux palombes s’aiment d’amour tendre … »


 Mais cette année début novembre l’une d’elle est apparue, esseulée ,et me causant de ce fait, un peu  ridiculement, une certaine   tristesse :


Eh quoi ! La Fontaine , qui soit dit en médisant,  connaissait  je crois mieux les  animaux des Fables  que les  animaux réels, avait-il eu raison d’écrire pour la postérité :


«  Deux pigeons s’aimaient d’amour tendre :
« L’un d’eux, s’ennuyant au logis,
« Fut assez fou pour entreprendre
"Un voyage en lointain pays …

Et de penser ?eut être une humeur volage ? ou peut être, hélas,  ….le Chasseur ?



Tous les derniers jours de l’Avent du solstice, je  regardais souvent la cime du toit au moment de tirer les volets sur le soir précoce de décembre, guettant la  venue de l’Esseulée ou son départ !!!



Mais voilà que vers la Noël  je ne peux dire exactement quel jour ouvrant ma fenêtre,  je le vis : Il ou Elle, était revenu!!!


Leur petit ballet amoureux, amour, dépit , baisers à plein bec…a repris , nous ouvrant toute la gamme d’ hypothèses poétiques…et même l’illusion que parfois , les jours moins froids, les jours ensoleillés, deux autres plus  jeunes , en tout cas plus petites, palombes,  s’essayaient à sautiller, à la queue leu leu  à  proximité , sur le toit, leur toit !!!!!


Comme m’a dit une amie sans qu’on se soit concertées : vous avez vu les palombes ?

Quand même il y a de l’Amour !


J’en ai aimé, et conservé,  la formule…













dimanche 29 janvier 2017

VOTER !


En ce jour de vote, c’était peut-être le beau temps délicieux qui avait amené une affluence plus grande au bureau de vote que la semaine passée, d’un « froid de loup » selon l’expression de ma maman.. .
Son caractère spécial, une  primaire, donnait à ce vote une atmosphère différente de nos  habitudes civiques . Pas d’école où l’organiser, un personnel organisateur sensiblement plus varié d’âge et de comportement qu’il ne l’est, me semble-t-il, habituellement !
Je ne sais si c’est cette impression d’étrangeté qui m’a poussée, une fois encore,  à m’interroger sur mon attachement à voter !
Je m’apprêtais donc à en écrire pour l’analyser,  lorsque mon fichier de textes a affiché VOTE dans la liste où je venais d’inscrire VOTER, j’ai pris conscience que « Je deviens vieille ne persistant toujours » dans mes motivations si anciennes, si bien ancrées en moi, qu’elles me paraissent même au fond difficiles à analyser …
 Je ne résiste pas à la tentation ,narcissique ?, de reproduire ce texte !
« Récemment (en 2013) le juge des affaires familiales a statué sur la demande de mise en tutelle de mon beau-père. Et nous avons reçu la notification, et lu, glacés, les termes des mesures arrêtées.
Mais très  bizarrement , ce qui accrocha mon esprit et mon émotion fut la suppression de son droit de vote.
En prenant les choses à la légère, nous aurions pu nous dire que c’est tant mieux, tant fut grande de tous temps notre mésentente concernant nos convictions politiques et sociales, si grande qu’elle ne trouva jamais à s’exprimer…
Mais j’ai pris conscience à cette occasion que le droit de vote est pour moi n’est jamais quelque chose que je puisse prendre à la légère.
Ce n’est pas que je sois hélas (?) une très grande militante politique…
Ce n’est pas non plus l’empreinte profonde des engagements politiques militants de mes deux grands pères, l’un « dégradé » pour avoir fait grève en 36, l’autre frappé d’AVC brutal au moment de Vichy.
J’ai plutôt hérité du tempérament « conciliateur» de mon père et du réformisme militant et passionné de ma mère.
Non ! je crois que la marque profonde, parce qu’elle est affective et touche à la conception de la personne humaine, plus qu’à la seule politique, c’est la remarque réitérée de ma mère , à chaque élection
"Quand je pense disait-elle que j’ai passé tant d’années de ma vie sans pouvoir voter, quand je voyais les hommes y aller ça me rendait enragée…"
Et pour une fois elles se trouvaient totalement d’accord ma grand mère et elle !!

En relisant à cette occasion quelques articles sur l’histoire du vote des femmes, je vois qu’il fut effectivement parfois écarté par des partis dits de gauche pour se prévenir des influences néfastes que les femmes dans leur ignorance ( native ???) auraient pu subir , éternelles mineures, entravant ainsi la Marche du char du Progrès !!!
Une mesure de protection en somme ….une mesure « tutélaire », oui ! Mais pour qui ?
En ces temps incertains où se débat ce droit, ne pourrait-on pas être tenté de pendre de si salutaires mesures de bien public et de protéger (ou de se protéger) de votants virtuellement dangereux…. ?
En ces temps incertains où se débat ce droit, où certains le réclament, où d’autres militent pour son exercice, où d’autres refusent de l’exercer….
Parfois s’effrite mon optimisme désespéré, parfois je vacille, je suis « comme une truie qui doute »* le doute destructeur s’infiltre sur les légitimités des uns ou des autres à bénéficier de nos suffrages, leur capacité à assurer quelque chose d’un peu mieux, à la responsabilité qu’il y a à voter pour eux….

Je ne sais pas si je l’exercerai à bon droit ce droit si cher payé…MAIS, ce dont je ne doute pas, c’est que je ne veux pas en être protégée, je veux dire exclue !!!!! »



     * citation empruntée à Claude DUNETON
 ( françou  




samedi 28 janvier 2017

Spleens d’hiver, Divers Spleens

Spleens d’hiver, Divers Spleens

Coup de froid.
Le soleil brille sur le gel, découpe les contours avec précision, mais, oblique,  baissera très vite derrière le toit voisin.
L’augmentation de la durée de jour n’est qu’une illusion conceptuelle…
Ce janvier est très froid, il me semble que je rétrécis pour mieux résister…


Coups de vieux
Dire que j’ai adopté avec  ravissement et étourderie les nouveautés technologiques : les merveilles de Word  ou de Blogger , la compétence démultipliée de monsieur Google , la convivialité de Facebook aux amis si lointains mais parfois si proches et  si réactifs à répondre.  (Qui n’a rêvé des « Pneumatiques » de « Baisers Volés », et adoré même la double distribution du courrier à Bordeaux au temps où nous n’avions pas de portables ? mais rien de comparable avec la présence parfois instantanée des copains de FB…. ! )
  Les SMS et l’inventivité de la frappe aléatoire du « texte intuitif »
Je me prenais (et m’y prends toujours ! ) à rêver de ses  ressources magiques pour l’apprentissage de la langue et de l’orthographe :
 «  Que veux- tu écrire Apprenti, non ! Ce n’est pas ainsi ! » Mais aucune feinte maïeutique dans ce dialogue intime: « Comment ça s’écrit ?  je te propose : Ainsi ! »
  Word le bien nommé, la Force du Mot, à trouver, à polir, à orthographier, à agencer avec son, et ses, voisins.
 Merveilleuse fonction, « copier/ coller … »
Brouillon sans brouillonner, sans ratures ni pâté d’encre…
Palinodies  rendues possibles : j’adore reprendre,  couper et déplacer,  couper sans déplacer, pour alléger le phrasé ; coller pour allonger le rythme, faire attendre le verbe, donner la préséance aux circonstanciels, pour renverser le sens de la syntaxe, plus descendante ? Un peu  plus montante ?

En fait j’en suis toujours émerveillée !

Mais  voilà qu’au jour d' aujourd’hui je suis dépassée par un réaménagement de  notre cuisine ! Il faut dire à ma décharge que ce « chantier »  a duré deux mois  au bas mot !
Mais, bref, je suis dépassée par les merveilles électroniques de nos machines neuves, lire les notices, avant de cliquer à « l’intuitive »sur les promesses des programmes !
Changer les poêles et les casseroles, pour L’Induction !!!
Astiquer la plaque de cuisson…
Bien sûr on pourrait  se féliciter de finalement « apprendre »  en lisant simplement les notices, de« devenir  vieux en apprenant toujours » !!! Mais je ne peux me déprendre de l’impression de la vanité des savoirs acquis !
 Pire, je ne peux m’empêcher de mesurer le coût de ces acquis à l’aune  du temps utilisé à les acquérir…
Une fois retrouvés à peu près  automatiquement, vaisselles, couverts …à leur place nouvelle, je me dis, nous avons déménagé sept ou huit fois dans notre vie, et aujourd’hui une simple cuisine perturbe mes savoir-faire !!!!

Capacité d’adaptation désormais réduites ? GRRR !


Coups de rage.

Mais, le pire coup de vieux, c’est de ne plus se sentir en phase avec le monde tel qu’il va désormais ...

Certes nous nous attristions fréquemment que le Progrès, auquel nous avions cru, ne se réalise pas …qu’il piétine.
Pire nous craignions parfois qu’il régresse : les ouvertures pédagogiques, Sisyphe ! les guerres de religion, Sisyphe ! la condition des femmes, Sysiphe !

Mais maintenant, c’est la mentalité ambiante de râle généralisée que j’ai peine à supporter ! De râle et /ou de dérision , comme si chacun pensait faire montre de son esprit critique en pratiquant le «OUi , MAIS, … on ne me la fait pas à moi ! »

Le monde des médias, spécialement !
Je comprends la vocation de ma petite Camille et en souris,  pour la carrière d’humoriste…
Mais c’est  tout le monde des médias qui se veut humoriste, Champion en Dérision…personnages ricanants perpétuels , qui se prennent tous pour Charlie !
C’est à vous, par exemple, émission légère , consacrée  la diversité du quotidien ,et jadis sans façon, mérite pour moi de moins en moins son titre …
Car, C’est à vous devrait s’appeler de plus en plus C’est à Nous !
La majeure partie du temps en est consacrée à parler d’Eux ,certes en se moquant d’eux mêmes avec un certain humour,  toujours recommencé, sur les mêmes cibles, certains d’eux en particulier …
Oui ! mais bon ! et Nous ?
Sommes -nous invités à ce dîner parisien quotidien , y reconnaissons quoique ce soit de nos goûts de nos préoccupations , dans la soupe servie aux acteurs politiques les plus porteurs de buzz ! dans  la musique qui chante presque toujours en Anglais …
Si c’est la culture du moment nous y sommes assez étrangers …Dépassés héhé !
Et c’est finalement Claire Chazal que nous avions au départ accueillie avec réticence qui nous parle le plus de ce que nous apprécions culturellement, quoiqu ‘elle nous laisse ressentir  de plus en plus que cette culture n’ a son siège  qu’a Paris !!!!
 (Molière toujours actuel ):
Madelon. — Hélas ! qu’en pourrions-nous dire ? Il faudrait être l’antipode de la raison pour ne pas confesser que Paris est le grand bureau des merveilles, le centre du bon goût, du bel esprit et de la galanterie.
Mascarille. — Pour moi, je tiens que, hors Paris, il n’y a point de salut pour les honnêtes gens.

Quand le monde des  médias ne ricane pas sur les sujets les plus divers, il deviennent  des Zorros redresseurs de tort , des Cassandres de l’ analyse de l’avenir politique , des spécialistes attitrés qui débusquent en chaque interviewé sa vérité cachée …petitesses et manquements !
Quand ils ne se gaussent pas de leurs invités dès qu’ils ont le dos tourné !

Alors que faire ?
Cultiver l’Embellie, la Bulle, L’Illusion sur les gens et les choses ?
Lire des polars de Fred Vargas et quelques autres , regarder Les petits meurtres d’Agatha, et des séries, des séries, des séries, qui ne parlent du mal que pour mieux le conjurer, relire nos livres de chevets qui parlent d’espoir et du sens de la vie  , discuter littérature avec nos enfants ,  et discuter tout court, et pour partager la musique que nous aimons, écouter, écouter toujours ce que nous aimons déjà et ce que découvrons encore ! Avec Michel, courir les concerts, qu’il ne faut surtout pas penser de plus en plus  lointains à mesure que nous vieillissons ?

Mais après tout imaginons, oui ! Imaginons Sysiphe heureux…parfois !  Car parfois,  parvenu au haut de son rocher,  Sisyphe PEUT  être heureux !

…En haut de son rocher, en regardant la mer …Après la pluie !  ou  Entre chien et Loup !





dimanche 1 janvier 2017

Bonne Année 2017

Bonne Année 2017



Avec ces Humbles fleurs du 31 Décembre  qui ont refusé l'hiver...


    La Rose d'automne ," plus qu'une autre exquise."..








La Rose de Noël, 
Autrement appelée Hellébore ...





Héllébore est un terme vernaculaire désigant certaines plantes de la famille des Renonculacées principalement du genre Hellébore( Wikipedia)!


Et la marguerite  sauvage que la tondeuse oublia ...




Je vous souhaite ...

Courage, Bonne humeur, et Tenacité 
Pour vous embarquer pour l'Année Nouvelle!
Et du Bonheur
De l'Amour...
 ...et de l'Amitié!

De la santé 
Des "hasards objectifs" donc heureux!

De la Musique 

Des rires 

des délices!



Françou




vendredi 30 décembre 2016

Richard Galliano à Toulouse , un Concert d’hiver … solaire !!!


(Textes croisés)
Il faisait bien froid, du froid de Toulouse quand le vent saisit, par rafales humides .C’était à la Halle aux grains, salle étrange dont la circularité pourrait donner l’illusion d’une proximité chaleureuse, mais qui parfois n’est qu’inconfortable par des places trop éloignées ou trop latérales .
C’était un concert en « faveur de l’enfance …des deux pays, la France et l’Arménie ».
C’était un concert dont Richard Galliano était leader.
C’est pourquoi nous avions  bravé tarifs et placement pour y assister …
Pour être tout à fait exacts,   nous étions intéressés aussi par la présence  de Jean Marc Phillips, que nous avions souvent écouté dans le sextet de RG pour son Piazzolla forever , et que nous retrouvions ; et,  quoique la musique Arménienne nous soit  assez peu connue, nous abordions le 1ere partie du concert avec une certaine curiosité !
Tant il est vrai que actuellement ce sont nos interprètes favoris, pour ne pas dire exclusivement nos accordéonistes, qui sont nos passeurs de musique et nous conduisent à aimer sans cesse d’autres instrumentistes, qui nous entraînent vers d’autres concerts, et d’autres CD !
 Et le programme de cette première partie, découvert à l’entrée de la salle, se trouva être à la fois découverte intellectuelle et  douce émotion de retrouver, selon un terme que j’emprunterai à Galliano,  un de mes  « Tubes» personnels, de ces œuvres que j’ai écoutées et aimées avec obstination à certains moments de ma vie, le Trio op.100 en mi bémol de Schubert …
Bref du « studium » : le Trio n°2 de Chostakovitch ,  dont je ne connais quasiment rien , une œuvre  remarquable que je trouvai presque inquiétante par son aridité mélodique et son rythme intéressant, et un trio de  Babadjanian, dont j’ignorais même le nom !

…Et pour le « punctum », j’étais comblée , une si belle interprétation de Schubert , grâce au trio, au piano de Vahan Mardisossian, au violoncelle de Xavier Phillips, et au très beau violon de son frère Jean Marc Phillips,  spécialiste de ce merveilleux trio dans le quatuor Wanderer – que désormais du coup, j’écoute et réécoute sur You tube  …

Et puis ce fut Galliano dans  « son » quartet !
Dès l’entrée, sa détermination transparaissait comme un désir, riche d’énergie, de prendre ce concert à bras le corps, son Victoria à pleins bras ,  par un solo d’entrée époustouflant !
Surprise agréable avec…Andalucia !, retrouvaille non moins agréable avec… New york Tango ( je crois, du moins tant le morceau  était de ces morceaux de Richard   si  intiment reconnus que parfois j’hésite à le nommer  et à le distinguer parmi les autres) , les deux en tout cas riches de cette énergie vitale , de ce son chaleureux et clair , de cette virtuosité si accomplie qu’elle semble naturelle et évidente ….
Le retour du trio qui, personnellement, avec la présence de Jean-Marc Phillips,  me replongeait dans l’univers de Piazzolla for ever, et  Otoño Porteño, ma saison de Piazzolla préférée, le plutôt rarement entendu en concert, Habanerando, dont j’ai souvent dit combien j’en aime la couleur et le rythme, et puis une autre saison, Verano Porteño…
A la fois enlevé et brillant, très connu mais « re-donné », le programme instaure une sorte de climat fusionnel entre les quatre musiciens  et  convivial à notre égard ; l’atmosphère de la Halle aux Grains en est chaleureusement transformée, comme  vibrante de leur musique et de l’enthousiasme du public, la distance abolie par une sorte de communication intense et familière.
J'en retiens l'énergie, la précision, la créativité de Richard, son enthousiasme. Disons sa générosité, qui se manifeste notamment dans l'exécution de rappels explosifs et  pleins de fougue. La plupart des morceaux choisis sont pour ainsi dire des standards…. Et c'est à chaque fois un plaisir particulier de retrouver et de redécouvrir ces œuvres, pour ainsi dire revisitées.  (je cite Michel)
Un autre Piazzolla, Oblivion , La valse à Margaux que    Richard présente en disant- demi-sourire !- qu’il attend  d’elle qu’elle détrône un jour  Perles de Cristal !!!Deux mouvements d’Opale Concerto….
Inattendu , brillant et frénétique :La danse du sabre que je reconnais avec plaisir, mais  dont j’ignorais qu’elle fût de A.Khachatourian…
… et l’au revoir traditionnel de La Javanaise :
 « Nous nous aimions
Le temps d’une chanson… »

Mais pas que… !!!!
Et je dois l’avouer, malgré l’allégresse du concert, la fougue et le brio des rappels offerts sans compter par Richard et ses musiciens, cette Javanaise se teinte pour moi d’une ombre de nostalgie…
Car j’ai consulté la veille l’agenda  de Galliano enfin affiché sur son site : un «Tour du monde en  90 jours » !!! où peu de villes françaises s’affichent,  et, en tous cas en ce qui nous concerne, assez lointaines !
Le temps où nous faisions 600 kms pour aller l’écouter à St Martin de Crau, et où nous eûmes de surcroît la chance d’écouter la veille Manu Comté et Soledad, m’apparaît soudain
« Déjà plus loin que l’Inde et que la Chine ! »
« Peut-on  le rappeler avec des cris plaintifs et l’animer encore » de toute notre énergie…  ce temps si heureux !!!

Oui ! je l’espère , rassérénée par  le texte de Michel :
En rentrant par le métro, en dépit du froid de la nuit, tous les trois nous avancions sur un petit nuage... Nous en étions bien d'accord : on avait rarement vu Richard Galliano aussi en forme, en harmonie avec le public.

Richard Galliano, créateur de joie de vivre ! 














http://autrebistrotaccordion.blogspot.fr/2016/12/jeudi-15-decembre-galliano-en-quartet.html

dimanche 27 novembre 2016

Trio Naccarato à Oloron : MAGIQUE !






Lorenzo Naccarato trio en concert, c’était à Oloron, Espace Jéliote, vendredi soir…
Une jolie salle , pas très grande , aux sièges bleus. La proximité de la scène , donne une impression d’intimité, que la relation établie d’emblée avec le trio Naccarato n’a pas démentie mais affirmée , tant est grand le talent de Lorenzo à communiquer avec le public, et  tant est chaleureuse sa voix, naturelle sa présentation du groupe et des œuvres jouées . Lorenzo et tout le trio manifestent le goût de jouer,  et leur plaisir de nous jouer leur musique…toute leur musique …celle déjà enregistrée dans leur CD, et en prime , celle qu’ils sont en train d’enregistrer pour leur CD et concerts suivants, et en surprime, des créations au piano de Lorenzo , s’attardant sur la scène pour notre plus grand plaisir partagé !
Car pour moi le  Naccarato Trio , c’est d’abord un très beau piano !

Un style à la fois très « ostinato », avec un jeu rythmique très insistant et répétitif, porteur d’une sorte d’interrogation «  obstinée », voire un peu inquiétante, et sur lequel, merveille ! viennent s’inscrire des thèmes variés dans leurs nuances…
Parfois un thème doux et mélodique au tempo lent,  comme dans Brescia, parfois des pluies de notes claires d’une très grande légèreté, toutes en précision et en finesse comme dans Heavy Rotation ou  Animal Locomotion
Si j’avais plus de culture musicale, j’oserais avouer que cela me fait penser à des Jeux d'Eau du début du vingtième siècle !!!!
La reprise des phrases répétées parfois jusqu’à ce que s éteigne  en douceur le son, participe aussi à une harmonie mélodique suggérant à ceux qui écoutent sens et évocations , par exemple,  la fin de Mirko is Still dancing, fort énigmatique ….
Mais si le piano est leader, la batterie de Benjamin Naud et la contrebasse d’Adrien Rodriguez  partagent  une place aussi importante que diverse, et dans tous les cas, s’accordant  et s’intégrant  remarquablement dans  la composition d’ensemble.

La batterie  de Benjamin  Naud , ne se contente pas d’assurer la rythmique, déjà  fortement présente  dans le jeu du piano de Lorenzo…le jeu de Benjamin semble  soutenir et encadrer , avec une  légèreté soyeuse le rythme impulsé par le piano, apporter une profondeur d’échos , une  respiration, un son bruissant et clair…
Quant à la contrebasse, puissamment sonorisée, elle offre des chorus très marquants : sonorités de graves profonds, effet d’attente en suspenses.
 Dans Animal Locomotion par exemple, le jeu d’Adrien Rodriguez  à la fois virtuose et expressif instaure un climat d’étrangeté et d’attente un peu hypnotique  qui permet  à la reprise du piano  de détacher en toute pureté la ligne claire de sa propre virtuosité. 
En beaucoup de moments peuvent surgir au gré  celui qui écoute, connotations imagées, impressions, émotions, comme un film suggéré, même si les titres ont été peu annoncés ce soir de concert,  et d’ailleurs souvent peu figuratifs :
Animal locomotion par exemple au titre fort énigmatique a une composition mais si répétitive et obsédante que peuvent  s’y dessiner des formes cubistes …
Heavy  Rotation : manège obsédant   , notes claires et détachées   , fond  sombre, arrêt suspendu  …                                                         
Breccia, mélancolie d’un piano, sur une  mer d’automne à la Julien Gracq   ou un lac sous la brume…
Et donc  Mirko , personnage étrange , que la fin du morceau  non clôturée , invite, ou condamne ? à une danse sans fin !


Toutes évocations qui n’engagent que les ressentis personnels…mais qui toutes accompagnent une écoute prenante ,  d’un groupe très chaleureux, dont  on a un grand plaisir à partager la musique ! 



           

mercredi 23 novembre 2016

Quand Alexandre THARAUD choisit RACHMANONOV

Le Second concerto !
En ce qui concerne la musique que l‘on dit classique, ma « culture », toujours un peu buissonnière, est particulièrement hasardeuse,  dépourvue de connaissances générales  susceptibles d’éclairer peut-être le contexte des œuvres qui m‘enthousiasment…
Elle s’est construite  au fil des rencontres et des émotions …
Si  grand est le hasard de ces rencontres, si tenace le lien que je garde avec  ces œuvres que je serais tenter de dire qu’il n’y a pas de hasard ou plutôt qu’il ya dans ces rencontres du « Hasard Objectif ». Car je suis étonnée de retrouver avec amour, une émotion intacte,  des œuvres qui furent des coups de cœur de ma toute jeunesse.
Ainsi la Pathétique de Tchaïkovski, ainsi le concerto pour clarinette de Mozart, et aujourd’hui le second concerto  de Rachmaninov…
Bien plus je suis  étonnée, quoique qu’intimement  je sois sûre  qu’il s’agit là de chefs d’œuvre , et que ma science et mon discernement insuffisants ne font rien à l’affaire, je suis incrédule que Richard Galliano dont nul n’ignore l’inconditionnelle admiration que je lui porte, ait choisi justement  le Concerto pour Clarinette de Mozart …Il parle avec science et discernement de ce choix, de sa manière de l’interpréter , de ce qu’apporte à l’œuvre, primitivement écrite pour le cor de Basset, les possibilités sonores de l’accordéon.
 Mais il en parle surtout avec une émotion et un enthousiasme  de simple mélomane,  en expliquant  le projet en termes de « désir »  tenace et de longue date...
Incrédule, non parce que je doutais de la beauté de ces œuvres, mais de ce que leur choix éclairé puisse coïncider avec le mien , rencontre incroyable qui m’apparait naivement , pour ainsi dire ,valider un des mes choix affectif et durable…
Bien sûr il m’est déjà arrivé dans ma jeunesse d’élire dans mes favoris des musiciens, bien avant qu’ils ne deviennent chanteurs à succès . Mais c’étaient des chanteurs, j’appréciais aussi la qualité de leurs textes, le rythme de leur phrasé, et là au moins je pensais en avoir une petite  compétence…
Et voilà qu’aujourd’hui c’est Alexandre Tharaud , que je n’admire pas moins , qui choisit Rachmaninov  et… le Second Concerto , bien sûr !
Avant tout j’écoute,  je me délecte  de la musique que j’aime, du son magnifique  de son piano –« la musique avant toute chose ! » -et puis je lis !
Et puis je  lis ! Quel objet précieux est  un CD où le livret raconte, établit un lien avec son auditeur...
Je lis ce qu’il confie  de lui –même, de sa rencontre il y a une vingtaine d’années, avec le concerto de Rachmaninov :
 « J’ai joué tôt le second concerto .J’adorais cette musique-la virtuosité de Rachmaninov  grise le jeunes pianistes –et déjà l’idée de l’enregistrer me taraudait, une vingtaine d’années s’est écoulée, il faut savoir attendre … »
Me touchent  la mention personnelle de ce long et tenace désir de le jouer, en même temps  que le choix de son interprétation de l’œuvre qui « se modifie  considérablement au cours de la vie », « un Rachmaninov sombre, désespéré, au bord du gouffre » 
« Une plongée dans les abîmes d’une profonde dépression […]Rachmaninov en renaîtra aidé par la psychanalyse …et l’écriture de ce chef d’œuvre »

C’est dit, c’est dit par un si magnifique  musicien: «chef d’oeuvre absolu » et j’en suis naïvement émue..Je comprends que la jeune fille romantique et romanesque que j’ai été, ait élu particulièrement ce concerto  !
Ma sœur me l’offrit pour un de mes anniversaires par Aldo Ciccolini !

M’intéresse aussi le choix fait des morceaux enregistrés « autour » de l’oeuvre.
En particulier ceux qui se rattachent spécialement  au concerto :
La romance (ou la mélodie ???) qui « en reprend l’entière introduction du second mouvement », puis ouvre à un autre thème, un chant lyrique s’une simplicité bouleversante »
Et voilà mise à jour l’autre raison fondamentale pour moi d’avoir aimé spontanément et d’aimer toujours cette œuvre…
Sa puissante, sa merveilleuse force mélodique, moi qui suis, comme Margot, à jamais dépendante de la mélodie.
Cette mélodie qu’Alexandre Tharaud voulait  encore offrir, dans Vocalise opus 34, « en une voix lyrique,   tel un retour aux sources, un clin d’œil au pianiste compositeur qui a passé sa vie à s’inspirer jusqu’au mimétisme de la voix humaine »
Je me rends compte que c’est d’abord à cette émotion- là, la puissance mélodique, le sens profond  que choisit de donner  à l’œuvre l’interprétation du pianiste, la profondeur orchestrale du désespoir, tandis que le piano déroule la pureté du chant,  à laquelle j’ai été sensible…Davantage qu’à l’extrême virtuosité du pianiste, qui s’avoue  pourtant « certes encore électrisé  par  la virtuosité » !
Et à force d’écoutes, (et peut-être en raison de cette remarque de Tharaud,) je prends conscience de cette virtuosité, je l’entends…, je l’avais oubliée parce qu’elle est si accomplie qu’elle se fait oublier, comme « naturelle » …

Et le plaisir de la ressentir se mêle intimement  à l’émotion bouleversante exprimée, plaisir complexe, parfait, renouvelable indéfiniment …je crois !