jeudi 12 mars 2015

Mais où est donc passée la Mérotte?

C’était ce matin , nous nous étions en train de nous éveiller , dans un  tiède demi -sommeil délicieux, dans cet entre-deux  incertain entre la nuit, et le jour qui perce sa ligne de lumière au ras du volet.
 Une image m’est apparue si nette qu’on l’aurait crue réelle : c’était l’image d’une paire d’espadrilles rouges sur une serpillère grise gaufrée bordée de deux bandes rouges, abandonnées devant une porte grande ouverte sur un jardin de printemps …

C’était la porte  de la cuisine de notre ancienne maison, notre maison familiale de Dax.
Et c’étaient les espadrilles « d’intérieur » de ma mère. Elles étaient quasi neuves un peu déformées déjà, portées en « groule » pour les « faire » !!!
Ma mère les avait laissées là pour ne pas les mouiller, appelée au jardin par une urgence, suivre la trace d’un chat ou de la chienne Choupette, repérer un oiseau qui chantait , surveiller l’éclosion d’un dahlia, d’une rose ou d’une fleur de bougainvillée, où un fruit juste mûri…
Elle avait dû mettre ses sabots garés au sec de la petite logette de bois construite par mon père, des sabots de bois avec à l’intérieur  une paire -vieille !-d’espadrilles, qui avaient oublié leur couleur…
..Et laissé en plan sur la table de la salle à manger ses copies en chantier, ou ses pluches sur la table de la cuisine, parfois même un plat à mijoter sur la cuisinière …

Et elle allait rentrer  le visage éveillé par l’air du jardin, animée des nouvelles domestiques passionnantes recueillies , en mangeant une pomme ou une pèche rencontrées , les meilleures qui soient …

Dans un look incertain, son tablier sans manches enfilé sur une vieille robe de « dedans », ou sur sa robe de chambre, avec sa mise en plis impeccable et ses cheveux soignés …
Elle allait rentrer et s’encadrer à  la porte de la cuisine dans la lumière du soleil de l’est….


Elle allait rentrer….


2 commentaires:

Unknown a dit…

Je lis régulièrement ce que vous écrivez sans jamais commenter mais là, ce matin je voulais vous remercier.
Continuez, vos articles nous touchent...

françou a dit…

Merci infiniment de ce commentaire Martine ...C'est un grand plaisir de savoir qu'on est lue et de partager ainsi une émotion...Françoise
A bientôt donc j'espère...