lundi 16 mars 2015

La vie et la fiction


Je ne parlerais pas de ce professeur remarquable dont les cours m’enchantèrent jusqu’à me faire aimer Balzac, dont il était  spécialiste, et  ce roman de Balzac, dont il se peut qu’il ne soit pas si balzacien que ça, Le Lys dans la Vallée
Ce passionné de littérature,  bon vivant par ailleurs , agréable et sans prétention, affirmait souvent , au détour d’une analyse qui donnait au texte ce caractère d’évidence à quoi l’on reconnait la beauté…il disait : « La vraie vie c’est la littérature ! »
Emus, nous souriions…

Je ne reviendrais pas sur une conviction que j’ai souvent en me passionnant pour telle ou telle fiction, qu’elle nous instruit sur la vie … A l’instar de mon père,  passionné d’Histoire et qui affirmait que Les Trois mousquetaires nous en apprenaient bien plus sur le règne de Louis XIII que ses cours d’histoire…
...Qu’elle nous instruit sur la vie telle qu’elle est,  et aussi telle que nous aimerions qu’elle soit, avec des flics justiciers, des  compagnons solidaires et loyaux , et des dénouements heureux …

Non, je pense simplement à ces personnages fictifs, qui nous paraissent si présents qu’ils nous semblent capables de nous apporter appuis et solutions…
Hier soir, une de mes amies , sur Facebook mais pas seulement, confrontée à une angoisse et un problème qu’elle ne résolvait pas,m’écrivait :
«  Il nous faudrait Rétancourt »…
Rétancourt , ce personnage créé par Fred Vargas, une force de la nature, capable de dormir debout appuyée contre un mur, de résoudre tant de problèmes par la force de son calme raisonnement , sans renoncer ou s’affoler… « Un arbre , une déesse nourricière … »

Et je pensais alors à l’époque où attendant une opération des yeux , bénigne en fait, mais que je redoutais terriblement, je lisais tous les romans dont  le héros était Cadfaël, ce moine anglais du 12eme siècle , grand lecteur d’indices à l’instar de Guillaume de Baskerville, le héros du Nom de la Rose , et de surcroit apothicaire et herboriste, qui me semblait capable de résoudre tous les maux avec sa sagacité et les simples de son « herbarium »  .
La lecture des aventures m’apporta alors  un vrai réconfort …

Et ainsi ,  de manière plus surprenante ,  car dans un registre évidemment plus grave , en fut-­il aussi du Docteur Rieux auquel Camus avait donné « l’air renseigné » et le pouvoir d’adoucir par une sorte de sagesse sans illusions l’angoisse de la vie …


Oui ! Les êtres de la FICTION parce qu’ils sont créés par ces démiurges humains  que sont les vrais créateurs de fiction, qu’ils soient classés « grands auteurs » ou « auteurs mineurs »,  EXISTENT pour nous,  et pour nous aider à envisager la VIE !!!


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