dimanche 3 juin 2012

Un petit air de musette, un grand souffle de nostalgie



A ma mère….

Hier soir notre ami, et accordéoniste, Florian Demonsant nous a invité  à une petite soirée « musette » dans un bistrot toulousain fort sympathique , bien dénommé La Loupiote, car comme vous pouvez en juger , il y règne une atmosphère plutôt « obscure » que « claire » . Accompagné d’un batteur  de notre région, il nous a donné un récital de musette, succession traditionnelle de marches, valses, tangos, madison, chacha, java, paso doble, charleston, petit rock, avec petite boucle de cercle circasien…sur lesquels des danseurs, plutôt jeunes mais pas uniquement, ont fini par danser avec  spontanéité et un enthousiasme bon enfant …Le son Maugein, un vrai talent de Florian dans le choix des registres et des rythmes, plus qu’un soupçon d’humour, un  batteur bien accordé,  ce fut un grand plaisir que d’entendre ce moment « musette », partagé avec un public plein de gaîté et de convivialité…


Je n’ai pas osé  me mêler aux danseurs même si les pas bien connus me fourmillaient dans les jambes ….. Et bien davantage que dans les quelques bals « trads » auxquels nous assistons parfois par hasard en suivant un  accordéon aimé, et bien mieux que dans les cours de « danse béarnaises » auxquels je me suis inscrite (…et désinscrite !) l’année dernière, je me réjouissais de retrouver là l’ atmosphère de mes bals de jeunesse .

Et le souvenir vif, délicieux autant que nostalgique,  m’en revint…

Quand j’étais adolescente, j’allais souvent chez mon amie dans son village. C’est là que je pris goût à la danse , c’est là que j’appris à danser ….
Danser c’était alors en petites « boums » au Grenier, un local dont nous disposions, et surtout aux bals public de Mugron…, ce joli bourg de Chalosse…
Puis vint l’âge de fêtes de Dax, l’âge des merveilleux bals publics de quartier…Huit jours de fête ! A chaque soir son  quartier , à chaque soir un bal…
J’avoue que je ne sais plus exactement quels orchestres  en assuraient la musique, mais je sais parfaitement ce que nous dansions et combien mon amie Eliane dansait à ravir, et combien nous motiva l’apprentissage de ces danses :
Il y eut les pasos, les valses, les tangos, puis vint le Chacha »en ligne » , en « carré » et enfin le Rock…et le Slow !
L’avènement du Chacha et celui du Rock fit reculer à l’arrière plan le Tango, la Valse (que j’aimais fort !) et surtout le Paso (que nous adorions), qui prirent un petit air rétro, voire un petit parfum troisième âge, que nous situions  à l’époque aux environs de 35 ans… !

Ce que je rappelle tout aussi bien c’est la lutte menée « pour aller au bal ».
Mon père, qui ne dansait pas, mais qui nous témoignait une indulgence à la mesure de la confiance qu’il plaçait en nous, cédait facilement à notre désir. Mais ma mère toujours était inquiète  de nous voir partir seules dans ce monde de fête, négociait le nombre de permissions « à aller danser »,   les heures pour rentrer….
Et nous d’insister : aller à la fête à jour passé ..? Non !
Rentrer à 11 heures, quand la fête bat son plein ? Non !
Et de soudoyer  des accompagnateurs complaisants, ma sœur aînée,hélas peu amateur de bals, ma grand mère encore assez  jeune à l’époque, et  en fait complaisante à tous ces élans festifs…
Et… ma mère elle-même !
Parce qu'elle préférait finalement nous accompagner, s’asseoir dans tous les bistrots en buvant  des cafés, que nous laisser aller seules parmi tous les périls, et que nous, nous préférions finalement y aller ainsi accompagnées que de ne pas  y aller du tout…
Et ceci sous l’œil tendre et malicieux de mon père qui lui disait :
« Qu’est-ce que tu penses empêcher ma Chérie ??? »

Et bien, ce soir je pense à toi, Ma Mérotte, esseulée pendant que nous dansions,  souriante, en dépit de la longueur du temps, à ta table de bistrot, où parfois des danseurs vinrent t’inviter (quelle audace hein ?), surveillant avec inquiétude  la guinche de ces filles, qui parfois passaient non loin d’elle, parfois disparaissaient à sa vue…
Je me demande  avec  émotion quelles pensées occupaient sa jolie tête pensive : l’inquiétude que nous nous fassions « ravir » ? Le souvenir de ses propres bals, car elle avait adoré danser, jusqu’à ce que mon père, ni danseur ni musicien, l’enlève définitivement au monde de la guinche ? Ou peut-être simplement le plaisir de la musique, des mélodies, du rythme des danses  connues, aimées, qui peut-être lui mettaient fourmis dans les  jambes? ...ou celui de la foule animée et chaleureuse des danseurs…?


….Un petit air de musette ?







1 commentaire:

sister for ever a dit…

Un bel hommage à ta maman, Françoise... Et nous rêvons avec toi au bon vieux temps...