samedi 5 janvier 2013

Quand Daniel Pennac relit Ernest et Célestine...















Les enfants repartis, j’ai  pris le temps de redonner à  la maison  un ordre relatif et sans excès (de peur qu’elle ne semble tout à fait  désertée )! …puis je suis enfin allée voir Ernest et Célestine.
J’étais seule adulte non accompagnée d’enfants, et croisai à maintes reprises le regard amusé de quelques spectateurs …

Quand le film a commencé , ce fut pour moi la surprise …
 Si les silhouettes de l’Ours et de la petite Souris gardaient leurs traits spécifiques, et le contraste de leurs personnages sa signification fondamentale,  si l’effet d’aquarelle demeurait évident,  le grand écran qui amplifie la présence de la couleur des fonds, le sens des contextes,  et place le spectateur au centre  leur monde, surprenait ma culture familière de lectrice des albums de Gabrielle Vincent. Des albums aux fonds souvent clairs , à l’ aquarelle plus diluée, aux traits plus épurés, des albums  souvent petits qu’on feuillette d’une main en tenant un enfant sous l’autre bras …
Et puis l’Ernest de Daniel Pennac n’était pas celui de mon souvenir, un Ours dont on rêve, dans le giron duquel on se blottit, protecteur et sage à la fois…Il était devenu cet ours affamé, maladroit et violent,  et réduit pour vivre, à la cambriole , dont l’instinct créatif se réduisait à assurer sa survie…
Les thématiques de Pennac soulignaient la violence sociale, les préjugés de classe, l’oppression des adultes sur les enfants et le mépris des « déviations » ( !)  de l’art ….
« Soulignaient » seulement car sous leur anodine- et superbe ! » aquarelle, les albums de Gabrielle Vincent m’ont toujours semblé receler en sourdine cette  violence sociale : la naissance de Célestine , son brutal abandon à la  poubelle, les refus et la désapprobation que  subit Ernest quand il veut adopter la petite souris…les regards souvent méfiants  de groupes sociaux qu’ils rencontrent, la pauvreté et le manque inscrits en permanence dans leur vie commune, me semblent toujours présents... Mais conjurés par la force de la tendresse, de la vitalité, et de la créativité,  d’Ernestine en particulier…
« C’est un grain de levain qui fermente et restitue à chacun une portion  de son individualité naturelle »
Et le film est emporté peu à peu et moi avec, par cette tendresse puissante qui se construit par étapes entre les deux personnages disparates !
Et  voilà justement à l’œuvre , encouragée par la force d’Ernest,  la créativité  de Célestine,  , qui retrace, qui recrée, qui réinvente  leur histoire, d’un pinceau nouveau et d’une autre aquarelle , ceux qui nous étaient familiers, ceux de Gabrielle Vincent… !

La  fin comme  début , le roman dans le roman, le dessin  en abyme…

Pour Daniel Pennac, lire, c’est réécrire l’histoire….Et le  plaisir en est renouvelé!




[Critique] Ernest et Célestine par apreslaseance

2 commentaires:

sister for ever a dit…

Moi je me suis bien fait avoir: je voulais y emmener mes petites-filles, mais... elles étaient déjà allées voir le film avec leurs parents!!!

françou a dit…

Fais comme moi, vas-y seule!!!tu seras remarquée!!!
Amicalement!