mercredi 22 février 2017

L'Etranger et L'Arabe : "Mersault , contre-enquête"


Meursault , contre-enquête
Kamel Daoud,Babel (Actes Sud)









J’ai  aimé ce livre étrange et dérangeant …
Quoique je n’ai jamais aimé L’étranger, cet étranger qui justement a nom Meursault…
Ni  non plus parce que je ne l’ai pas aimé…
Je ne l’ai jamais aimé parce qu’incapable quand je l’ai lu d’accepter ce scandale de l’absurde, dont la Peste m’a guérie et soignée, parce que même son écriture me choquait, ce « je » absent et vide, alors que celle de La Peste m’enchantait de simplicité et de poésie.
Je aime ce récit de Kamel Daoud pour l’idée créative de nommer le sans nom tué par Meursault : « L’Arabe », mort, parce que le soleil écrasait la plage ! C’est une entreprise remarquable dont tous les lecteurs rêvent : achever une histoire inachevée ou mal terminée.
Tous les lecteurs je n’en suis pas sûre. Mais moi, oui !

Ce livre donne un nom à l’Arabe,  Moussa, il lui donne un frère investi de la tâche absurde autant que sa mort, de le venger , d’enquêter sur les circonstances , de retrouver son corps même englouti dans la non -existence, le rendre à son tombeau vide.
 Un frère dévoré parce cette tâche, possédé par la mère qui l’investit totalement dans cette mission.
Ce livre raconte la quête vaine et absurde des indices de ce meurtre pour redonner une existence à cet Arabe tué par Meursault parce qu’il faisait chaud, pour témoigner de ce meurtre sans corps …
ET au frère de Moussa, pour  qu’il conte cette vaine quête, il donne une langue.
Celle-là  même de son meurtrier, ou de celui qui est son auteur : son instigateur en fait, celui qui l‘inspire, qui l’investit de son pouvoir, son « auctor » l
Et c’est cette langue-là que j’aime qui m’a fait continuer, page après page, à  lire…

Car ce n’est pas en fait  la tension dramatique conduisant au dénouement, ce dénouement comme celui de L’étranger porte en lui une absurdité immense …
Le Roumi tué par le frère de Moussa n’est pas plus responsable que n’importe quel colon, n’est même pas responsable en tant que colon…
Et son meurtre exécuté après l’Indépendance, exécuté trop tard, à contretemps,  ne se produit pas quand il faut pour venger le meurtre de Meursault : il n’a pas de sens !
Ce qui m’a bouleversée, c’est l’extraordinaire beauté, sobre, précise, lumineuse, de la langue du conteur, la nôtre, par lui reconstruite et faite sienne….
C’est la beauté de cette langue qui  fait exister cette œuvre, qui donne à Moussa, «  L’Arabe », à son frère, et à son auteur, la force de l’évidence…


« Je veux dire que c’est une histoire qui remonte à plus d’un demi-siècle. Elle a eu lieu et on en a beaucoup parlé. Les gens en parlent encore, mais n’évoquent qu’un seul mort sans honte vois-tu, alors qu’il y en avait deux, de morts. Oui, deux. La raison de cette omission ? Le premier savait raconter, au point qu’il a réussi à faire oublier son crime , alors que le second était un pauvre illettré que Dieu a créé uniquement, semble-t-il, pour qu’il reçoive une balle et retourne à la poussière, un anonyme qui n’a même pas eu le temps d’avoir un prénom.[…]
C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai appris à parler cette langue et à l’écrire , pour parler à la place d’un mort, continuer un peu ses phrases. Le meurtrier est devenu célèbre et  son histoire est trop bien écrite pour que j’aie dans l’idée de l’imiter. C’était sa langue à lui. C’est pourquoi je vais faire ce qu’on a fait dans ce pays après son indépendance : prendre une à une les pierres des anciennes maisons des colons et en faire une maison à moi, une langue à moi. Les mots du meurtrier et ses expressions sont mon bien vacant.

Kamel Daoud, Mersault, contre-enquête
Babel p 12



Merci à Kamel Daoud d’avoir écrit cette poignante histoire…
Merci d’avoir choisi pour bien vacant cette langue que j’aime TANT…


PS :
J’ai  vu l’interview de  Kamel Daoud à La grande librairie
Sobre, précis, sans concession, parler juste …un écrivain … !!!



mercredi 15 février 2017

LA VIE DEVANT SOI, Renaud GARCIA-FONS, de très subjectives impressions !



 Renaud Garcia-Fons , David Venitucci, Stephan Caracci

C’était à Perpignan, salle  «Grenat », c’était le 11 Octobre !
Nous avait conduits là, le désir de réécouter David Venitucci, plaisir aussi délicieux que rare ! Et notre absolue admiration pour la musique de Renaud Garcia Fons…
Et quand Renaud et David s’associent  nous ne pouvons résister à leur alchimie, à laquelle s’associe pour La vie devant soi, Stephan Caracci !
Ce soir là, a Perpignan, (en première partie, Renaud partageait la scène avec la prodigieuse virtuosité de Dorantes) le trio présentait  La vie devant soi . Ce soir-là, après le concert , nous avons eu le plaisir de parler un moment avec David et de faire signer à Renaud Garcia Fons  son CD avec Dorantes, Paseo a dos
J’admirai une fois encore et le professionnalisme plein de simplicité de Renaud Garcia-Fons, et la gentillesse de son accueil : après trois heures de concert, il signait malgré sa fatigue,  et comme je m’en excusais, il dit c’est  normal, on vous le doit un peu ! Et quand je demandais un peu timidement si la sortie du CD était bien prévue pour Février 2017 , l’ombre d’une tension passa dans son regard : « J’espère ! dit-il ,  il y a encore du travail !!! »
Eh bien ! La vie devant soi est SORTI ! à l’heure dite !
 Une Œuvre… raffinée,  justement composée entre ses moments,  entre  les partitions de ses instrumentaux, comme toutes les autres œuvres de Renaud GF . Superbe !
Comme les autres, et différente à la fois : on y reconnait le style Garcia -Fons, à la sonorité magnifique et particulière de sa contrebasse, à la perfection d’une technique maitrisée qui entrelace avec créativité les possibles de l’instrument . . . à une qualité mélodique spécifique, la  beauté  de mélodies déchirantes qui s’imposent à l’évidence comme siennes,   à  un jeu de rythmes, à une composition si complexe qu’elle a la force de l’évidence…
Et… un je ne sais quoi de différent !!!
Un parfum de ville ?multiple et nuancé ?auquel  convient bien le choix de David, si parisien,  et de Stephan,  comme lui si « finement chercheur de nuances »….
Plus encore à l’écoute du Cd, pour la médiocre musicienne que je suis, qui ne perçois pas toujours, aussi bien qu’en concert où le regard se focalise sur le musicien qui joue et l’isole,  les limites de l’intervention des instruments, j’ai l’impression d’une fusion intime entre  la contrebasse et l’accordéon.
Sur cette fusion et sa continuité, se détache la clarté pure et mélodique des notes détachées  du vibraphone…
Parfois, dans certains morceaux ,  l’accordéon se détache, pour notre plus grand plaisir  comme une insistance sur le thème parisien, Après  la pluie( je pense à Daniel mille ! et à Doisneau),Le long de  la Seine, Les écoliers  qui sautent et jouent, ou sur la légèreté et la « fantaisie » d’un Si ça te dit.. 

Car tout ce disque est un bel objet poétique aussi : chaque titre de morceau invite à imaginer cette ville , les rues où on vagabonde , le métro où on se perd dans le bruit et le monde, Montmartre où l’on court les rues montantes , les bords de seine , les immeubles lavés par l’averse.
Il ne s’agit pas de musique  figurative, mais connotative,  offrant  à chacun la liberté de ressentir  selon sa « fantaisie », des impressions personnelles, par le rythme , très présent ,  sautillant ou flâneur , par une insistance de l’accordéon, par les changements de jeu de la contrebasse : des impressions de foule qui se presse « je prendrai le métro » , de bruits de gens qui parlent Monsieur Taxi  , de l’ harmonieux bruissement  d’un trafic de machines (metro),  de courses rapides ,  d’ enfants à cloche pieds (Les écoliers) en noir et blanc, à la  Doisneau, et de mélancolie,( l’élégie de l’automne )ou (le long de la  Seine)…
Et, luxe de mots ,( « j’aime » !!!) : à chaque titre, un sous -titre qui fait lien avec d’ autres mots que nous aimons , Zazie et Queneau , Momo et madame Rosa qui « habitaient le sixième a pied », Prévert et son rêve,  les Shadocks … d’autres qu’on ne connait pas forcément mais « on se renseignera » ! …hiihihi !
Une fois encore la musique, et certains  joueurs de musique d’élection,  nous tirent par un fil aérien vers d’autres arts, photos, poèmes, tableaux et…
Encore d’autres musiques … !

Ça enchante le  spleen des jours trop courts  de novembre !
J’aime l’élégiaque  dernière phrase que, provinciale invétérée,  je savoure avec un humour ….volontariste !
FLUCTUAT NEC MERGITUR



  

mercredi 8 février 2017

AMOUR , deux Palombes...

Sur la crête du toit voisin côté soleil, tous les débuts d’hiver il y a deux palombes…


Chaque jour ou presque, perchées sur le toit face à face, ou dos à dos, ou côte à côte, elles semblent converser, sautiller à la queue leu leu, ou s’ élancer l’une vers l’autre et se becqueter à pleins bécots .


« Les palombes, dit le Robert, ce sont des pigeons ramiers du Sud ouest de la France.. »
Et nous de dire :

«  Deux palombes s’aiment d’amour tendre »


 Mais cette année début novembre l’une d’elle est apparue, esseulée ,et me causant de ce fait, un peu  ridiculement, une certaine   tristesse :


Eh quoi ! La Fontaine , qui soit dit en médisant,  connaissait  je crois mieux les  animaux des Fables  que les  animaux réels, avait-il eu raison d’écrire pour la postérité :


«  Deux pigeons s’aimaient d’amour tendre :
« L’un d’eux, s’ennuyant au logis,
« Fut assez fou pour entreprendre
"Un voyage en lointain pays …

Et de penser ?eut être une humeur volage ? ou peut être, hélas,  ….le Chasseur ?



Tous les derniers jours de l’Avent du solstice, je  regardais souvent la cime du toit au moment de tirer les volets sur le soir précoce de décembre, guettant la  venue de l’Esseulée ou son départ !!!



Mais voilà que vers la Noël  je ne peux dire exactement quel jour ouvrant ma fenêtre,  je le vis : Il ou Elle, était revenu!!!


Leur petit ballet amoureux, amour, dépit , baisers à plein bec…a repris , nous ouvrant toute la gamme d’ hypothèses poétiques…et même l’illusion que parfois , les jours moins froids, les jours ensoleillés, deux autres plus  jeunes , en tout cas plus petites, palombes,  s’essayaient à sautiller, à la queue leu leu  à  proximité , sur le toit, leur toit !!!!!


Comme m’a dit une amie sans qu’on se soit concertées : vous avez vu les palombes ?

Quand même il y a de l’Amour !


J’en ai aimé, et conservé,  la formule…













dimanche 29 janvier 2017

VOTER !


En ce jour de vote, c’était peut-être le beau temps délicieux qui avait amené une affluence plus grande au bureau de vote que la semaine passée, d’un « froid de loup » selon l’expression de ma maman.. .
Son caractère spécial, une  primaire, donnait à ce vote une atmosphère différente de nos  habitudes civiques . Pas d’école où l’organiser, un personnel organisateur sensiblement plus varié d’âge et de comportement qu’il ne l’est, me semble-t-il, habituellement !
Je ne sais si c’est cette impression d’étrangeté qui m’a poussée, une fois encore,  à m’interroger sur mon attachement à voter !
Je m’apprêtais donc à en écrire pour l’analyser,  lorsque mon fichier de textes a affiché VOTE dans la liste où je venais d’inscrire VOTER, j’ai pris conscience que « Je deviens vieille ne persistant toujours » dans mes motivations si anciennes, si bien ancrées en moi, qu’elles me paraissent même au fond difficiles à analyser …
 Je ne résiste pas à la tentation ,narcissique ?, de reproduire ce texte !
« Récemment (en 2013) le juge des affaires familiales a statué sur la demande de mise en tutelle de mon beau-père. Et nous avons reçu la notification, et lu, glacés, les termes des mesures arrêtées.
Mais très  bizarrement , ce qui accrocha mon esprit et mon émotion fut la suppression de son droit de vote.
En prenant les choses à la légère, nous aurions pu nous dire que c’est tant mieux, tant fut grande de tous temps notre mésentente concernant nos convictions politiques et sociales, si grande qu’elle ne trouva jamais à s’exprimer…
Mais j’ai pris conscience à cette occasion que le droit de vote est pour moi n’est jamais quelque chose que je puisse prendre à la légère.
Ce n’est pas que je sois hélas (?) une très grande militante politique…
Ce n’est pas non plus l’empreinte profonde des engagements politiques militants de mes deux grands pères, l’un « dégradé » pour avoir fait grève en 36, l’autre frappé d’AVC brutal au moment de Vichy.
J’ai plutôt hérité du tempérament « conciliateur» de mon père et du réformisme militant et passionné de ma mère.
Non ! je crois que la marque profonde, parce qu’elle est affective et touche à la conception de la personne humaine, plus qu’à la seule politique, c’est la remarque réitérée de ma mère , à chaque élection
"Quand je pense disait-elle que j’ai passé tant d’années de ma vie sans pouvoir voter, quand je voyais les hommes y aller ça me rendait enragée…"
Et pour une fois elles se trouvaient totalement d’accord ma grand mère et elle !!

En relisant à cette occasion quelques articles sur l’histoire du vote des femmes, je vois qu’il fut effectivement parfois écarté par des partis dits de gauche pour se prévenir des influences néfastes que les femmes dans leur ignorance ( native ???) auraient pu subir , éternelles mineures, entravant ainsi la Marche du char du Progrès !!!
Une mesure de protection en somme ….une mesure « tutélaire », oui ! Mais pour qui ?
En ces temps incertains où se débat ce droit, ne pourrait-on pas être tenté de pendre de si salutaires mesures de bien public et de protéger (ou de se protéger) de votants virtuellement dangereux…. ?
En ces temps incertains où se débat ce droit, où certains le réclament, où d’autres militent pour son exercice, où d’autres refusent de l’exercer….
Parfois s’effrite mon optimisme désespéré, parfois je vacille, je suis « comme une truie qui doute »* le doute destructeur s’infiltre sur les légitimités des uns ou des autres à bénéficier de nos suffrages, leur capacité à assurer quelque chose d’un peu mieux, à la responsabilité qu’il y a à voter pour eux….

Je ne sais pas si je l’exercerai à bon droit ce droit si cher payé…MAIS, ce dont je ne doute pas, c’est que je ne veux pas en être protégée, je veux dire exclue !!!!! »



     * citation empruntée à Claude DUNETON
 ( françou  




samedi 28 janvier 2017

Spleens d’hiver, Divers Spleens

Spleens d’hiver, Divers Spleens

Coup de froid.
Le soleil brille sur le gel, découpe les contours avec précision, mais, oblique,  baissera très vite derrière le toit voisin.
L’augmentation de la durée de jour n’est qu’une illusion conceptuelle…
Ce janvier est très froid, il me semble que je rétrécis pour mieux résister…


Coups de vieux
Dire que j’ai adopté avec  ravissement et étourderie les nouveautés technologiques : les merveilles de Word  ou de Blogger , la compétence démultipliée de monsieur Google , la convivialité de Facebook aux amis si lointains mais parfois si proches et  si réactifs à répondre.  (Qui n’a rêvé des « Pneumatiques » de « Baisers Volés », et adoré même la double distribution du courrier à Bordeaux au temps où nous n’avions pas de portables ? mais rien de comparable avec la présence parfois instantanée des copains de FB…. ! )
  Les SMS et l’inventivité de la frappe aléatoire du « texte intuitif »
Je me prenais (et m’y prends toujours ! ) à rêver de ses  ressources magiques pour l’apprentissage de la langue et de l’orthographe :
 «  Que veux- tu écrire Apprenti, non ! Ce n’est pas ainsi ! » Mais aucune feinte maïeutique dans ce dialogue intime: « Comment ça s’écrit ?  je te propose : Ainsi ! »
  Word le bien nommé, la Force du Mot, à trouver, à polir, à orthographier, à agencer avec son, et ses, voisins.
 Merveilleuse fonction, « copier/ coller … »
Brouillon sans brouillonner, sans ratures ni pâté d’encre…
Palinodies  rendues possibles : j’adore reprendre,  couper et déplacer,  couper sans déplacer, pour alléger le phrasé ; coller pour allonger le rythme, faire attendre le verbe, donner la préséance aux circonstanciels, pour renverser le sens de la syntaxe, plus descendante ? Un peu  plus montante ?

En fait j’en suis toujours émerveillée !

Mais  voilà qu’au jour d' aujourd’hui je suis dépassée par un réaménagement de  notre cuisine ! Il faut dire à ma décharge que ce « chantier »  a duré deux mois  au bas mot !
Mais, bref, je suis dépassée par les merveilles électroniques de nos machines neuves, lire les notices, avant de cliquer à « l’intuitive »sur les promesses des programmes !
Changer les poêles et les casseroles, pour L’Induction !!!
Astiquer la plaque de cuisson…
Bien sûr on pourrait  se féliciter de finalement « apprendre »  en lisant simplement les notices, de« devenir  vieux en apprenant toujours » !!! Mais je ne peux me déprendre de l’impression de la vanité des savoirs acquis !
 Pire, je ne peux m’empêcher de mesurer le coût de ces acquis à l’aune  du temps utilisé à les acquérir…
Une fois retrouvés à peu près  automatiquement, vaisselles, couverts …à leur place nouvelle, je me dis, nous avons déménagé sept ou huit fois dans notre vie, et aujourd’hui une simple cuisine perturbe mes savoir-faire !!!!

Capacité d’adaptation désormais réduites ? GRRR !


Coups de rage.

Mais, le pire coup de vieux, c’est de ne plus se sentir en phase avec le monde tel qu’il va désormais ...

Certes nous nous attristions fréquemment que le Progrès, auquel nous avions cru, ne se réalise pas …qu’il piétine.
Pire nous craignions parfois qu’il régresse : les ouvertures pédagogiques, Sisyphe ! les guerres de religion, Sisyphe ! la condition des femmes, Sysiphe !

Mais maintenant, c’est la mentalité ambiante de râle généralisée que j’ai peine à supporter ! De râle et /ou de dérision , comme si chacun pensait faire montre de son esprit critique en pratiquant le «OUi , MAIS, … on ne me la fait pas à moi ! »

Le monde des médias, spécialement !
Je comprends la vocation de ma petite Camille et en souris,  pour la carrière d’humoriste…
Mais c’est  tout le monde des médias qui se veut humoriste, Champion en Dérision…personnages ricanants perpétuels , qui se prennent tous pour Charlie !
C’est à vous, par exemple, émission légère , consacrée  la diversité du quotidien ,et jadis sans façon, mérite pour moi de moins en moins son titre …
Car, C’est à vous devrait s’appeler de plus en plus C’est à Nous !
La majeure partie du temps en est consacrée à parler d’Eux ,certes en se moquant d’eux mêmes avec un certain humour,  toujours recommencé, sur les mêmes cibles, certains d’eux en particulier …
Oui ! mais bon ! et Nous ?
Sommes -nous invités à ce dîner parisien quotidien , y reconnaissons quoique ce soit de nos goûts de nos préoccupations , dans la soupe servie aux acteurs politiques les plus porteurs de buzz ! dans  la musique qui chante presque toujours en Anglais …
Si c’est la culture du moment nous y sommes assez étrangers …Dépassés héhé !
Et c’est finalement Claire Chazal que nous avions au départ accueillie avec réticence qui nous parle le plus de ce que nous apprécions culturellement, quoiqu ‘elle nous laisse ressentir  de plus en plus que cette culture n’ a son siège  qu’a Paris !!!!
 (Molière toujours actuel ):
Madelon. — Hélas ! qu’en pourrions-nous dire ? Il faudrait être l’antipode de la raison pour ne pas confesser que Paris est le grand bureau des merveilles, le centre du bon goût, du bel esprit et de la galanterie.
Mascarille. — Pour moi, je tiens que, hors Paris, il n’y a point de salut pour les honnêtes gens.

Quand le monde des  médias ne ricane pas sur les sujets les plus divers, il deviennent  des Zorros redresseurs de tort , des Cassandres de l’ analyse de l’avenir politique , des spécialistes attitrés qui débusquent en chaque interviewé sa vérité cachée …petitesses et manquements !
Quand ils ne se gaussent pas de leurs invités dès qu’ils ont le dos tourné !

Alors que faire ?
Cultiver l’Embellie, la Bulle, L’Illusion sur les gens et les choses ?
Lire des polars de Fred Vargas et quelques autres , regarder Les petits meurtres d’Agatha, et des séries, des séries, des séries, qui ne parlent du mal que pour mieux le conjurer, relire nos livres de chevets qui parlent d’espoir et du sens de la vie  , discuter littérature avec nos enfants ,  et discuter tout court, et pour partager la musique que nous aimons, écouter, écouter toujours ce que nous aimons déjà et ce que découvrons encore ! Avec Michel, courir les concerts, qu’il ne faut surtout pas penser de plus en plus  lointains à mesure que nous vieillissons ?

Mais après tout imaginons, oui ! Imaginons Sysiphe heureux…parfois !  Car parfois,  parvenu au haut de son rocher,  Sisyphe PEUT  être heureux !

…En haut de son rocher, en regardant la mer …Après la pluie !  ou  Entre chien et Loup !





dimanche 1 janvier 2017

Bonne Année 2017

Bonne Année 2017



Avec ces Humbles fleurs du 31 Décembre  qui ont refusé l'hiver...


    La Rose d'automne ," plus qu'une autre exquise."..








La Rose de Noël, 
Autrement appelée Hellébore ...





Héllébore est un terme vernaculaire désigant certaines plantes de la famille des Renonculacées principalement du genre Hellébore( Wikipedia)!


Et la marguerite  sauvage que la tondeuse oublia ...




Je vous souhaite ...

Courage, Bonne humeur, et Tenacité 
Pour vous embarquer pour l'Année Nouvelle!
Et du Bonheur
De l'Amour...
 ...et de l'Amitié!

De la santé 
Des "hasards objectifs" donc heureux!

De la Musique 

Des rires 

des délices!



Françou




vendredi 30 décembre 2016

Richard Galliano à Toulouse , un Concert d’hiver … solaire !!!


(Textes croisés)
Il faisait bien froid, du froid de Toulouse quand le vent saisit, par rafales humides .C’était à la Halle aux grains, salle étrange dont la circularité pourrait donner l’illusion d’une proximité chaleureuse, mais qui parfois n’est qu’inconfortable par des places trop éloignées ou trop latérales .
C’était un concert en « faveur de l’enfance …des deux pays, la France et l’Arménie ».
C’était un concert dont Richard Galliano était leader.
C’est pourquoi nous avions  bravé tarifs et placement pour y assister …
Pour être tout à fait exacts,   nous étions intéressés aussi par la présence  de Jean Marc Phillips, que nous avions souvent écouté dans le sextet de RG pour son Piazzolla forever , et que nous retrouvions ; et,  quoique la musique Arménienne nous soit  assez peu connue, nous abordions le 1ere partie du concert avec une certaine curiosité !
Tant il est vrai que actuellement ce sont nos interprètes favoris, pour ne pas dire exclusivement nos accordéonistes, qui sont nos passeurs de musique et nous conduisent à aimer sans cesse d’autres instrumentistes, qui nous entraînent vers d’autres concerts, et d’autres CD !
 Et le programme de cette première partie, découvert à l’entrée de la salle, se trouva être à la fois découverte intellectuelle et  douce émotion de retrouver, selon un terme que j’emprunterai à Galliano,  un de mes  « Tubes» personnels, de ces œuvres que j’ai écoutées et aimées avec obstination à certains moments de ma vie, le Trio op.100 en mi bémol de Schubert
Bref du « studium » : le Trio n°2 de Chostakovitch ,  dont je ne connais quasiment rien , une œuvre  remarquable que je trouvai presque inquiétante par son aridité mélodique et son rythme intéressant, et un trio de  Babadjanian, dont j’ignorais même le nom !

…Et pour le « punctum », j’étais comblée , une si belle interprétation de Schubert , grâce au trio, au piano de Vahan Mardisossian, au violoncelle de Xavier Phillips, et au très beau violon de son frère Jean Marc Phillips,  spécialiste de ce merveilleux trio dans le quatuor Wanderer – que désormais du coup, j’écoute et réécoute sur You tube  …

Et puis ce fut Galliano dans  « son » quartet !
Dès l’entrée, sa détermination transparaissait comme un désir, riche d’énergie, de prendre ce concert à bras le corps, son Victoria à pleins bras ,  par un solo d’entrée époustouflant !
Surprise agréable avec…Andalucia !, retrouvaille non moins agréable avec… New york Tango ( je crois, du moins tant le morceau  était de ces morceaux de Richard   si  intiment reconnus que parfois j’hésite à le nommer  et à le distinguer parmi les autres) , les deux en tout cas riches de cette énergie vitale , de ce son chaleureux et clair , de cette virtuosité si accomplie qu’elle semble naturelle et évidente ….
Le retour du trio qui, personnellement, avec la présence de Jean-Marc Phillips,  me replongeait dans l’univers de Piazzolla for ever, et  Otoño Porteño, ma saison de Piazzolla préférée, le plutôt rarement entendu en concert, Habanerando, dont j’ai souvent dit combien j’en aime la couleur et le rythme, et puis une autre saison, Verano Porteño
A la fois enlevé et brillant, très connu mais « re-donné », le programme instaure une sorte de climat fusionnel entre les quatre musiciens  et  convivial à notre égard ; l’atmosphère de la Halle aux Grains en est chaleureusement transformée, comme  vibrante de leur musique et de l’enthousiasme du public, la distance abolie par une sorte de communication intense et familière.
J'en retiens l'énergie, la précision, la créativité de Richard, son enthousiasme. Disons sa générosité, qui se manifeste notamment dans l'exécution de rappels explosifs et  pleins de fougue. La plupart des morceaux choisis sont pour ainsi dire des standards…. Et c'est à chaque fois un plaisir particulier de retrouver et de redécouvrir ces œuvres, pour ainsi dire revisitées.  (je cite Michel)
Un autre Piazzolla, Oblivion , La valse à Margaux que    Richard présente en disant- demi-sourire !- qu’il attend  d’elle qu’elle détrône un jour  Perles de Cristal !!!Deux mouvements d’Opale Concerto….
Inattendu , brillant et frénétique :La danse du sabre que je reconnais avec plaisir, mais  dont j’ignorais qu’elle fût de A.Khachatourian
… et l’au revoir traditionnel de La Javanaise :
 « Nous nous aimions
Le temps d’une chanson… »

Mais pas que… !!!!
Et je dois l’avouer, malgré l’allégresse du concert, la fougue et le brio des rappels offerts sans compter par Richard et ses musiciens, cette Javanaise se teinte pour moi d’une ombre de nostalgie…
Car j’ai consulté la veille l’agenda  de Galliano enfin affiché sur son site : un «Tour du monde en  90 jours » !!! où peu de villes françaises s’affichent,  et, en tous cas en ce qui nous concerne, assez lointaines !
Le temps où nous faisions 600 kms pour aller l’écouter à St Martin de Crau, et où nous eûmes de surcroît la chance d’écouter la veille Manu Comté et Soledad, m’apparaît soudain
« Déjà plus loin que l’Inde et que la Chine ! »
« Peut-on  le rappeler avec des cris plaintifs et l’animer encore » de toute notre énergie…  ce temps si heureux !!!

Oui ! je l’espère , rassérénée par  le texte de Michel :
En rentrant par le métro, en dépit du froid de la nuit, tous les trois nous avancions sur un petit nuage... Nous en étions bien d'accord : on avait rarement vu Richard Galliano aussi en forme, en harmonie avec le public.

Richard Galliano, créateur de joie de vivre ! 














http://autrebistrotaccordion.blogspot.fr/2016/12/jeudi-15-decembre-galliano-en-quartet.html