vendredi 1 mai 2015

En suivant Richard Galliano à Biarritz …et ailleurs si possibilités…!!!!


C’était donc à Biarritz, le soir du 26 Avril …



Pluie battante, quoique douce…

Ton gris de la mer , qui « levait » à peine…




Casino « Art déco » …


Richard Galliano avec l’ensemble à cordes de l’orchestre symphonique Confluences , sous la direction de Philippe Fournier

Une entrée Piazzolla dans la perfection de la simplicité…

Le concerto en la mineur de Bach, transcrit pour accordéon et orchestre, et la ligne pure de l’accordéon…

La Simple Symphony de Britten par l’orchestre seul, une totale découverte pour nous, bien présentée par Philippe Fournier…

La Valse à Margaux, sa création  « expliquée » avec une chaleureuse spontanéité par Richard Galliano…et la montée de l’allégresse Galliano…. !

Et la merveille d’Opale Concerto…que Galliano nous présente sans façon avec un rien d’humour, "bien connue"  par son 3ème mouvement , devenu New york tango  et… ! générique de P.J. !!!


Œuvre de commande pour un festival sur la côte d’Opale: ainsi Richard nous explicite-t-il le sens du titre…
Presque dommage , ce nom m’a toujours fait rêver par son mystère et le halo de couleur opalescente qu’il connotait….
Car j’aime tout de ce concerto :
Son premier mouvement vif, ample, et frénétique,  la douceur poignante du second , son thème mélodieux qui s’étire , se perd et revient…
Le 3ème , qu’il soit PJ ou New York Tango, « ce tango ostinato, obsédant,  comme une machine » (R.G) m’apparait dans son contexte comme une  remarquable conclusion , alliant la force du 1 et quelque chose de la tristesse du 2…

Et puis c’est la frustration des au revoir, la Javanaise partagée avec le public, traditionnelle connivence d’adieu, leTango pour Claude,  et le bis de La Valse à Margaux…

Quelque mots échangés, -chance !- avec Richard Galliano, banalité des propos, pudeur et timidité de part et d’autre et…
...Une promesse de se retrouver à Pau ! en Janvier…

Monsieur Galliano, nous avons rendez-vous avec Vous !

Et une fois de plus, je constate combien il est important pour nous de le suivre, comme de suivre quelques musiciens que nous aimons particulièrement…
Pourquoi ?

Pour revivre encore et encore le plaisir émotionnel  de cette musique , où entrent la tension du direct, éphémère et fragile, et l’anxiété légère que ce ne soit pas cette fois si réussi …et  le sentiment de la finitude de l’instant…
Comme chantait Claude Nougaro :
« Bonheur tu nous fais souffrir
De peur qu’tu te barres. » 

Il y a le plaisir de la variation, que l’on suit avec une intense curiosité au gré des formations différentes et des œuvres nouvellement crées ou interprétées ,le plaisir de la découverte d’une évolution…

Dans cette aventure où  nous entrainent nos musiciens d’élection, se produisent d’ailleurs d’autres rencontres et la découverte d’autres musiciens, d’autres instruments, d’autres musiques qu’ils ont su choisir, ce qui leur donne le pouvoir d’être des passeurs …

Ces variations tissent d’une manière complexe et raffinée une ŒUVRE, et c’est elle que nous suivons dans sa composition progressive : entre surprises de la nouveauté et des  différences, et sentiment d’une permanence, nous assistons à  la manifestation de l’évidence d’un style

Et au fond je me rends compte que si nous aimons autant à les suivre c’est, qu’au plaisir immédiat de revivre   la musique que nous aimons, se mêle aussi l’émotion esthétique d’assister, concert après concert, chemin après chemin(1), à la complexe construction de cette ŒUVRE…
Ainsi suit-on  de la même manière de livre en livre, de poème en poème, de tableau en tableau, les auteurs et les peintres dont on sent profondément qu’il détiennent l’évidence de la beauté qui nous prend au cœur .


De livre en livre, de concert en concert, de rencontre en rencontre, de variation en variation, ce que  nous aimons, c’est  cette permanence formidable que l’on attend avec anxiété, que l’on reconnait avec jubilation et dont on souhaite le recommencement…



(1): Je me souviens avoir suivi avec obstination la trace des Fables of Tuba!


Aucun commentaire: