vendredi 13 février 2015

MIRO….PIRE QUE VITE !!!


Il y a  deux ans   «  nos enfants » ont adopté un chien, Miro. Et nous aussi un peu,  puisqu’il passe chez nous une partie de ses(ou de leurs) vacances ! Je ne sais pas exactement  à quoi il doit son nom, au remarquable peintre Catalan que nous tous aimons, ou à une fine plaisanterie de son maître adoptif du fait qu’il est bigle, heu beagle !
En tout cas c’est un joli chien blanc et marron aux grandes oreilles retombantes
D’abord un peu timide et inquiet, il s’est assez vite accoutumé à ses nouveaux maîtres et a conquis peu à peu et sans grand combat droit de cité, du rez-de-chaussée aux étages, de son panier aux canapés, du vestibule aux pièces plus nobles, la cuisine, lieu des odeurs et alchimies culinaires, le séjour,  siège du grand canapé,                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 

même  les chambres, haut lieu des lits défendus et des câlins volés…




A chacun de  nous il réserve des attentions spécifiques, à sa maîtresse première qui le soigne, le sort et joue avec lui sans vergogne, à son maître  qui lui parle avec considération pour lui expliquer la vie et lui file en catimini des gâteries prohibées à l’heure des repas, aux jeunes maîtresses qui le font sortir dès qu’elles arrivent, le caressent à la brosse magique, jouent à la balle et ramassent ses crottes du jardin  . A ses maîtres intérimaires, Nous, parce qu’IL l’accompagne à la promenade du soir et partage avec lui des spectacles  télévisés choisis  pour leur haute portée sociologique, et parce qu’ELLE règne sans partage sur la cuisine  où s’élaborent successivement les fumets les plus excitants et tombent des fragments divers qu’on ne peut laisser se perdre par terre !


Mais pour câlin qu’il soit, ce n’est pas un chien de salon…

S’il y a quelque chose qu’il déteste c’est la pluie, s’il y a quelque chose qu’il aime, c’est le jardin à condition  qu’il y ait des portails à surveiller, des coins touffus à flairer , des traces de chat (ou de mulot) à se mettre sous la truffe…
Il y aurait quelque chose qu’il aimerait plus que tout, ce serait courir,vite vite, de sa grande foulée athlétique , car c’est en fait un chien de chasse …

MAIS courir, seul, ou nez au vent ,  loin devant nous, librement … on ne le laissse pas…
Car MIRO est un fugueur !
Ainsi un quiet après midi de printemps ,tandis que toute la maisonnée s’éparpillait dans la maison dans des occupations insouciantes, ou s’absorbait « geekement »dans des phone » i- ou smart- ou des ordis portables ou tablette, Miro fôlatrait au jardin , un jardin qu’il apprécie particulièrement pour toutes les qualités susdites ou du moins Miro était censé fôlatrer au jardin…
Quand retentit soudain :
-« Miro où es-tu ?(plusieurs fois  avec intensités montantes !!! »
Puis « tout à coup comme un éclat de tonnerre cette étonnante nouvelle!" :
-«  Miro ! Miro  s’est échappé ! »


Et toute la maisonnée de se mettre en branle à pied, à vélo, en voiture…

Et d’interviewver des passants :
-« Avez –vous vu …. ?
en vain..
Quand passèrent quatre ou cinq jeunes en casquette et survet, joyeux et bruyants mais disponibles et attentifs à la description :
-«  un chien marron et blanc , avec des oreilles retombantes .. qui courait ? »
-« Oui oui , où il est allé ? sur le boulevard , par là ….oui il courait (rires ) pour courir, il courait...PIRE QUE VITE !... »
Et pour  sûr, sur l’un des boulevards palois, où les voitures vont grand train, il avait couru "de chez courir" ! 
J’abrège le suspense, il avait couru tout le boulevard (4/5 Km envoron !),passé le rond point de la Rocade.. et s’était joint dans la cour d’un immeuble à de jeunes joueurs de foot…L’une de leurs mères nous téléphona !!!

De cette aventure nous tirâmes deux morales :
1 -mon optimisme linguistique se régala de la créativité de nos jeunes qui produisent certes des fautes d’orthographe mais qui nous fabriquent  de remarquables  expressions significatives….dont Duneton aurait fait son miel…

2-Désormais, dans le jardin , Miro ne flâne plus qu’avec un berger ou une bergère attentif /ve …
 Dans  les rues , dans les bois (sur la plage, c’est plus facile ,parce qu' il n’aime pas l’eau, et quoiqu’il il y ait des chiens avec qui dialoguer !!!) on le promène en laisse , ce serait plus exact de dire il nous traîne en laisse !
Quand c’est sa jeune patronne, elle court honorablement derrière lui, quand c’est moi….je recueille tout un éventail de commentaires spirituels :
-« Vous devriez lui mettre un traîneau , il vous promènerait… »
Ou, ô combien ironique :
-« Il vous tire, c’est super, c’est la belle vie ! »
Ou , plus poétiquement :
-« Si vous étiez un peu plus légère encore (« encore » c’est pour la sympathie) vous feriez le cerf volant derrière lui ! »

Finalement c’est un chien, qui outre ses qualités , affectueux, intelligent (là ç’est mon optimisme qui s’exprime, mais mon optimisme  a raison), propre , apte aux apprentissages …en possède une que j’apprécie particulièrement, 
....il suscite la créativité verbale de son entourage …

Talent d’artiste en somme !!!!!



samedi 7 février 2015

Richard Galliano et Sylvain Luc: « MUSETTE HOY »



De même que « Sentimentale » n’est pas un retour au jazz, « La vie en Rose » n’est sans doute pas un retour au Musette.
Car je pense que le  Musette,  Richard ne l’a jamais quitté, il l’a simplement intégré si étroitement à sa musique intime que le musette vivait dans ses créations , son phrasé, ses rythmes, et sa manière de faire toujours chanter la Mélodie  , au cœur de toutes ses interprétations !

En tout cas,"La Vie en Rose" est un magistral hommage aux racines françaises de la musique d’accordéon  , et à la chanson  française d’une de ses plus magnifiques chanteuses !

Edith Piaf et Gus Viseur


Et pour moi, après le délice pluriel des compositions de « Sentimentale » , c’est le plaisir sans mélange d’écouter le « Son  Galliano », pureté de la chanson mélodique développée dans sa ligne claire, nuances délicates des intensités,  jeu des variables subtiles ou virtuoses des improvisations, … une virtuosité qui semble n’avoir pour finalité que de se faire royale simplicité…
« La technique est importante à condition d’en avoir tellement qu’elle cesse complètement exister… »P. Picasso
Et c’est un  bonheur total  qu’on pourrait comparer à celui de certains solos si ne s’y ajoutait la superbe découverte pour moi de la très belle guitare de Sylvain Luc, acoustique, vibrante,  et le plaisir des ses notes  égrenées qui dialoguent avec les notes tenues de l‘accordéon,tantôt le soutenant, tantôt au premier plan assurant la ligne mélodique, tantôt s’associant étroitement avec lui…


Je ne dirais rien des titres que l’on connaît si bien qu’on peut en savourer toute la magie interprétative, et qu’ils se déroulent comme une balade, une chanson ininterrompue, à laquelle se mêlent,  comme des signatures, à Mon Dieu l’Aria de Richard, et à Je ne regrette rienLe Passage de Sylvain Luc.

Mélodie ininterrompue de Gus Viseur et Edith à Richard et Luc …..


Et le final , un thème de Gus  Viseur « Swing Valse »  inconnu de moi,  est une subtile conclusion ! … En somme « le Swing et la Valse »  !….Keep on swinging !

Richard Galliano s’inscrit  explicitement dans une continuité que son prodigieux talent réussit à  fait vivre au présent !

Et je voudrais pour finir raconter un moment de rencontre avec Richard Galliano dont j’ai gardé un souvenir très ému…C’était à Trentels, 10 ème édition , et c’était en solo…
Ce  ne fut pas un de ses solos les plus remarquables auxquels nous avons eu  le plaisir d’assister…
Sauf que, pour l’ouvrir,  Richard joua délicieusement à l’accordina  la mélodie d’une chanson très émouvante , « L e dénicheur »de Léo Daniderff…
Je ne savais ni son titre ni son auteur , mais je la reconnus aussitôt avec émotion car ma mère qui adorait G Plana, la chantait autrefois ,  et j’eus l’impression saisissante de retrouver  un peu de mon cher passé perdu..
Et à la fin ,nous restâmes à attendre, et nous eûmes le plaisir de parler à Richard, et pour une fois (car en général l’émotion et la timidité m’empêche de lui dire quoique ce soit de personnel), nous avons parlé musique…du Mare Nostrum du lendemain où nous serions, et de ce qu’il envisageait de choisir d’y jouer en souvenir de Claude Nougaro, et surtout …surtout , il me dit, et j’en fus saisie,  qu’il avait lu un des commentaires que j’avais écrits  sur son interprétation de Vivaldi…et dont je vous cite la teneur :
« Sur une très belle interprétation de Vivaldi, une fort bonne émission d'Elise Lucet, charmante, pertinente et pro! J'ai trouvé émouvant que Richard G dise "avoir beaucoup progressé"!!! en travaillant l'oeuvre, et avoue qu'il rêvait depuis l'adolescence d'interpréter de la musique classique pour une maison d'édition prestigieuse ( comme Deutsch Grammophon )....Mais je souhaite qu'il continue aussi ses autres chemins, le jazz et la création de ses propres œuvres en y associant des superbes musiciens , ce qu'il excelle à faire! »

Souvent j’ai repensé que ce souhait se trouvait  par « hasard objectif » avoir coïncidé avec sa remarquable interprétation du Dénicheur, comme un signe qu’il n’oubliait pas la chanson française de ses origines ….

Un petit coin d'parapluie ...
Pour voir la vie en rose

Je reste toujours très émue au souvenir de ce moment d’échange authentique et je crois que mon souhait d’alors se trouve à merveille réalisé aujourd’hui par « La vie en rose » !
…Sans que Galliano ait pour autant oublié aucun de ses autres  chemins de musique, aussi audacieusement divers que réussis avec génie!



vendredi 30 janvier 2015

Richard Galliano…Sentimentalement !

«  Sentimentale » chez Résonance , avec de nouveaux compagnons, très très jazzy (à mon sens !)
 « Sentimentale » n’est pas un voyage nostalgique (= de nostos) au pays du Jazz,  Alex Dutilh l’affirme ( en Anglais of course,  si bien que mon interprétation est peut être un peu approximative) , et Richard lui même le dit,  ce n’est pas un retour, puisque le jazz, comme le musette , comme sans doute Piazzolla,  il ne l’a jamais quitté, il a toujours été en lui dans sa conception  musicale,  sa rythmique ,  son lyrisme , ses émotions à exprimer, quelles que soient les musiques- non ! la Musique !-  qu’il ait eu  le projet de jouer…
Simplement, il  redécouvre ces thèmes, en studio,  avec de nouveaux compagnons, comme quand il était jeune ...
C’est  en somme un bain de jouvence, un petit voyage au pays du jazz américain…mais un voyage chargé aussi  des chants du monde, découverts  et revisités au long du voyage de sa vie …
« Ce qui m'a frappé d'abord, c'est la couleur générale de cet album. Une couleur intimiste. Et une palette volontairement réduite. Tout le contraire d'une entreprise de virtuosité.
Si l'accord ou l'entente entre Richard Galliano et ses collègues est manifeste, j'ai été particulièrement frappé par la présence, à la batterie, de Mauricio Zottarelli, un nom qui m'était jusqu'ici inconnu. Son jeu contribue fortement à donner cette impression de confidence…
 De la même manière, le ton de cet album m'a immédiatement fait penser à du jazz tel qu'on le pratique dans des clubs de connaisseurs passionnés … »

Quant à  moi, à la première écoute,  j’ai pensé : Oui , oui,  c’était bien du jazz tel que l’aime Michel,  et qui me dépasse un peu, moi  qui n’ait qu’une culture-jazz sinon nulle du moins aléatoire et vagabonde , étroitement tissée à ma propre histoire…

J’ai donc réécouté « Sentimentale » , me laissant d’abord charmer par le bouquet riche et remarquablement agencé des cinq sonorités, puis en cherchant dans les sons enlacés à démêler le son de R.Galliano.
Donc une écoute attentive  et studieuse, maintes fois reprise.
C’est alors, d’écoute en écoute, que finalement  le climat et l’unité d’ensemble me sont  bien apparus , finalement très conformes à ce titre énigmatique :  « une sentimentale » humeur… « A sentimental mood »…

Certes ,dans plusieurs morceaux,  on  retrouve le rythme enlevé , l’allégresse sonore,  la clôture preste comme un clin d’œil, l’allégresse Galliano, la signature Galliano …
Bien sûr, dans Amando’s Rumba,  qui ouvre le disque , le thème et le rythme à la Chick Coréa , réinterprété dans une couleur sonore chaleureuse et enlevée !
 Ou encore dans   les Verbos di Amor ,le brio ,la  virtuosité , et une tonalité  comme  méridionale,
Ou dans le thème  de F. Lai Plus fort que Nous

Mais en contraste,  apparait  toujours la couleur sentimentale d’une chanson douce où une presque  mélancolie se mêle à la douceur…
Et c’est sans doute de ce contraste que ressort plus remarquablement cette mélancolie douce et heureuse , une sorte de saudade…
Mantiqueira me semble résonner  d’un peu de Nostalgie, notes tenues  et étirées, avant la montée d’un rythme et d’un thème allègre, qui s’égrène pour se fondre peu à peu dans l’émotion du silence…
Canto invierno, Island connotent la mélancolie  d’un pays oublié ou brumeux ….

Puis les thèmes Galliano, les plus personnels, par leur composition, et par le sentiment qu’ils célèbrent :
 Ballade pour Marion, subtil mélange de sonorités instrumentales  avec une grande place au piano, a bien sûr une tonalité claire et allègre, et la plénitude et l’ampleur d’un chorus d’accordéon plein de brio…puis  finit dans la douceur d’un chant qui s’égrène….

Et le final, c’est LiLi !
Un thème à la ligne mélodique pure où s’entrelacent en toute simplicité, les sonorités pleines et vibrantes de la guitare électrique, et l’accordéon de Galliano, superbe… ! un thème qui se développe en clair-obscur d’un instrument à l’autre , d’une couleur à l’autre , du chant clair, lumineux et brillant  à un  son grave et ralenti, la chanson tendre et déchirante à la fois de l’amour….

SENTIMENTALE….

En somme  tout se joue entre le premier thème de Chick Coréa et le dernier morceau,  Lili, tout se joue  entre ombre et lumière avec l’émotion de la mélodie souveraine….
…Et sentimentalement vôtre,  Monsieur Galliano !!!!



lundi 5 janvier 2015

Le Baby Blues de la Nativité

Baby blues

    Noël, bien que n’étant pas pour moi une fête religieuse, est resté, depuis mon enfance, nimbé du halo de lumière de la Nativité , au cœur de la nuit obscure du solstice d’hiver,. 
A l’espoir de renouveau que comporte toute naissance , y restait attaché quelque chose de la promesse chrétienne d’un avenir meilleur, de l’avènement d’un monde nouveau, au moment même où  rallongent les jours de  lumière solaire …



Même si aujourd’hui je n’attends pas sa venue avec la même ardeur d’Avent que quand j’étais enfant, si j’en redoute davantage l’effervescence des préparatifs  et la fatigue qu’ils engendrent, se produit encore malgré tout le petit miracle de la fête préparée en famille : Nadja et moi aux fournaux, désordre organisé, rythme et tension joyeuse,..
Michel préparant la crèche avec Camille, ...




ou dressant la table avec Charlotte, 



...arrivée de plus en plus anxiogène de ma grande sœur …
Plats plus raffinés qu’à l’accoutumée, dont la réussite stresse puis réjouit, bulles de champagne, éclats mordorés des vins blancs tirés des vieux cartons de notre modeste cave, apéritif sur la table basse aux sets de table rouge et or, sous l’œil concupiscent du chien Miro assis à notre hauteur et poussant du museau nos mains chargées de mets…
On y rit, on y chante,  on y joue du piano (les filles du moins!!!),on y danse du forro ,  de la valse,du chamamé  et un peu de rock, le tout façon famille !
…Le Père Noël joue à passer, illusion préservée et vécue comme telle par tous : clochette de cuivre, extinction des lumières ,grand fracs de portes claquées,… paquets faussement dissimulés puis accumulés en hâte au pied du sapin…
Faire semblant, magie naïve et joyeuse,  avec le sentiment prégnant qu’il s’agit d’un moment préservé, sauvé du flux tu temps , du spleen,  et des météos hivernales….

« Tant l’on chante Noël qu’à la fin il »…passe et s’enfuit !

…Et jour après jour, s’éloigne à l’horizon  de l’Hiver qui s’attarde et continue de peser sur la lumière  et « l’esprit gémissant »…
…Nonobstant la minute de soleil en plus de la météo quotidienne
…Nonobstant le volontarisme affairiste des pâtissiers qui « galettent » ou « couronnent », des boutiques de fringues qui jettent leurs  brassées de vêtements en pâture à la folie des soldes…

Les enfants retournent à l’école. Nos enfants, leurs parents, repartent avec eux dans leur maison.

Notre maison est vide. On range, on remet en place l’ordre établi qu’a rompu le désordre joyeux…
Reprennent les infos délétères, les dénigrements systématiques et les ricanements médiatiques.
On doit lutter pour croire au bonheur dans le meilleur des mondes POSSiBLES, peut-être le nôtre après tout !
Se dire qu’on a chaud, qu’on se tient chaud en s’aimant, en riant, en chattant avec les enfants.
Qu’on peut se faire soigner, écouter de la musique, lire des livres faciles ou moins faciles librement,…
On reste un peu meurtris, comme affaiblis, «  neurasthéniques »en somme !

C’est le Babyblues !
Le Babyblues de la Nativité !






jeudi 1 janvier 2015

Bonne année 2015


Bonne année …


A Ceux que j’aime et qui sont LE SOLEIL de ma vie, mon compagnon, nos enfants et les enfants de nos enfants,  ma famille ….

Bonne année aussi à tous mes amis

Aux Amies et aux Amis qui partagent un peu de ma vie en live, ou sur la « toile », et mes affections fondamentales …
L’écriture et les livres …
La Mer….
Et la Musique …

A Celles et à Ceux qui inscrivent sur mon « MUR » des  messages  virtuels (mais pas que…)et donc je sens malgré la distance la présence amicale et chaleureuse , qui  m’offrent en partage une communauté de goûts, et en cadeau souvent la découverte d’œuvres à aimer..
A Celles et à Ceux qui voyagent sur mon « BLOG », me font la grâce de lire mes écrits et d’en aimer les divagations, et par leur  lecture  me donnent raison d’écrire….

A Ceux enfin qui créent  cette MUSIQUE qui enchante notre vie et lui insuffle au quotidien l’énergie dont elle a tant besoin, que nous les connaissions par leurs enregistrements, leurs concerts,  et parfois la réalité de  précieuses rencontres….
A Nos Amis Musiciens que nous avons parfois la chance de rencontrer réellement !!!!
En live ….
En vrai…

 A vous tous je souhaite pour cette année, de la santé , des joies , de l’énergie , de l’espoir et de l’enthousiasme …

Les rayons obliques du soleil passent enfin l’ombre du toit voisin !



Promesse du retour de la LUMIERE, timide encore, mais délicieuse !




samedi 6 décembre 2014

Patrick Modiano, les labyrinthes de la mémoire…

Patrick Modiano, les labyrinthes de la mémoire…
Le prix Nobel de Patrick Modiano m’a causé je l’avoue une certaine fierté…Cocorico national ? pas tout à fait, mais le plaisir de voir fêtée une langue si pure et dépouillée , aux phrases à la fois complexes et si limpides par leur déroulement équilibré, un français si accompli.
Et puis c’est un des ces rares auteurs (j’avoue ma grande incapacité à lire « en extension ») que j’ai fréquenté avec constance,  et dont j’ai lu beaucoup de livres durant une période de ma vie …
Je l’avais un peu oublié et, je ne sais pourquoi, de tous ses livres me restait le titre de Villa triste , et un souvenir prégnant, et peut-être inexact, de murs vides  en grisaille et  pénombre. Et de l’ indéfinissable tristesse d’un aboutissement impossible…
Je l’ai cherché dans le dédale de mes étagères de livres et ne l’ai pas trouvé, en revanche  j’ai retrouvé Livret de famille, dont j’avais perdu la mémoire, La place de l’étoile, Ronde de nuit, Boulevards de ceinture

Et j’ai donc acheté  Pour que tu ne perdes pas dans le quartier.
 Et elle est revenue l’impression forte et envoûtante de jadis, l’impression d’entrer dans un labyrinthe fascinant dont on ne peut s’arracher, à la recherche de quelqu’un ou quelque chose qui apparaît et se dérobe, quelque chose d’intime et  d’angoissant, important à retrouver mais peu précis, un je ne sais quoi de fondamental…et qui nous échappe…

Je repense alors à un rêve que je fais souvent et qui m’occasionne le même malaise : ça commence par le vol ou la disparition de ma voiture ou de mon vélo ; ça continue par la perte de mon chemin qui s’égare dans des voies sans issues, et s’accompagne du dysfonctionnement des objets familiers, ô combien symboliques , clés, et bien pire  téléphone, dont j’ai perdu la maîtrise …
Mais, comme dans les rêves, je persiste à ne pas me réveiller, dans l’illusion que je vais  retrouver mon chemin, le numéro de téléphone utile, le petit papier blanc …
…« Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier »….

Et voilà que tout à coup dans un autre grenier, avec les albums pour enfants, je retrouve
Catherine Certitude.
Je l’avais acheté à une période où j’espérais la parution d’albums pour adultes . Lisant mal les BD, mais sensible néanmoins à l’image, et encore davantage à son association au texte, pratiquant par mon métier la littérature de jeunesse, j’avais pris goût à cette expression interactive d’un dessinateur remarquable et d’une prose choisie, le sienne, ou celle d’un autre et non moins remarquable auteur (ainsi Céline et Tardi).

Je ne sais  si c’est dû au choix du point de vue de narration, celui  d’une fillette devenue adulte,  Catherine ,
...à ce nom propre étrange et signifiant « Certitude »,
...à l’humour de son association avec le nom bien terre à terre auquel il se trouve associé « Castérade »,
...et plus généralement à l’humour savoureux des rapports fusionnels avec son père , comme la pesée à deux sur la balance du magasin « Certitude et Castérade » :
« Je n’ai jamais rien vu sur le plateau de cette balance. Sauf papa . Aux rares moments où Monsieur Castérade, son associé, était absent , papa se tenait immobile et silencieux au milieu du plateau de la balance, les mains dans les poches, le visage incliné. Il fixait d’un regard pensif le plateau de la balance dont l’aiguille marquait – je m’en souviens- soixante-dix-sept kilos. Quelquefois il me disait :
-Tu viens Catherine ?
Et j’allais le rejoindre sur la balance. Nous restions là assis tous les deux, les mains de papa sur mes épaules. nous ne bougions pas. Nous avions l’air de prendre la pose devant l’objectif d’un photographe. J’avais ôté mes lunettes, et papa avait ôté les siennes. Tout était doux et brumeux autour de nous. Le temps s’était arrêté. Nous étions bien… 

 Peut-être est-ce dû aussi :

…A la vision poétique de la fillette, obligée d’ôter ses lunettes pour danser, qui accède ainsi à deux mondes, celui de la vie réelle, et « un monde de rêve flou et tendre » « un monde qui n’avait plus d’aspérités », qui « était aussi doux et duveteux qu’un gros oreiller contre lequel elle appuyait sa joue… »

…Et que cet accès à la poésie du monde trouve à se réaliser dans l’art de la danse …
…Et que ses souvenirs d’enfants sont « aussi tendres et flous » qu’ « un monde de rêve » heureux…
…Que Certitude elle a que :
« Nous restons toujours les mêmes, et ceux que nous avons été, continuent à vivre jusqu’à la fin des temps…
Ainsi il y aura toujours une petite fille nommée Catherine Certitude qui se promènera avec son père dans les rues du Xème arrondissement à Paris »
Un papa qui disait le matin en nouant son nœud de cravate, sur un ton pensif ou quelquefois très résolu :
-A nous deux , Madame la vie.



En tout cas, relire cet « album » m’a pour un temps enchantée…

Dans les labyrinthes de la mémoire de Patrick Modiano, j’ai trouvé pour mes rêves incertains du matin, un chemin, brumeux et flou certes, mais pourtant lumineux, et qui ne se  perd pas, un chemin d’enfance retrouvée…









mercredi 3 décembre 2014

Henri Demarquette et Thomas Enhco, un Concert de poche…


C’était à Pau, pour une fois, à Montardon pour être exacte, à un quart d’heure de chez nous.

J’avais vu l’affichette à la MJC, et découvert la présence à ce « concert de poche » d’ Henri Demarquette que nous connaissions par sa participation au Septet de Richard Galliano…mais jamais entendu en direct lors des concerts de ce septet, auxquels nous avions assisté…
Bach, Brahms , Fauré…vous avez dit classique , mais pourquoi pas ?
…Jazz, improvisations…intrigant, excitant… !
Thomas Enhco, nous ne connaissons pas …
Les concerts de poche, un projet sympathique apparemment, aucune expérience jusqu’à présent…
C’était au lycée agricole de Pau Montardon
Bref nous nous y sommes aventurés…

Une atmosphère à la fois familière et étrangère désormais : des amateurs tout venant mais parmi eux nombre de profs, des élèves de lycée, et même des enfants du primaire sur plusieurs rangs, avec des collègues qui les encadrent avec soin.
Des visages familiers d’anciens collègues, des visages inconnus de jeunes collègues…
Un amphithéâtre comble , et pour nous un peu d’ incertitude voire d’inquiétude…Un peu incertains  quant au programme , ces auteurs que nous pratiquons  assez peu,  un peu inquiets de cette foule d’écoliers et de lycéens que nous avons pourtant si bien pratiquée et appréciée jadis…


Et puis ,Musique !
Thomas Encho piano
Henri Demarquette au violoncelle

Eh bien !!!Ce fut délicieux…
Avec un enthousiasme montant, au fur et à mesure de l’avancée du concert , et que la complicité entre les deux musiciens s’affirme, se fait plus détendue et chaleureuse, que l’improvisation se fait  plus de place, en particulier grâce aux compositions de Thomas Enhco…
Le Brahms qui ouvre le festin (Sonate pour violoncelle et piano op 38)andante et allegro me paraît mélodique et beau,  mais comme « retenu »…
Mais voilà que Fauré  « Après un Rêve » donne à rêver, par de subtiles nuances et le dialogue de très belles sonorités de piano et violoncelle.
Les deux interprètes sont chaleureux et d’une virtuosité remarquable et sans esbroufe.
Bach est toujours aussi unique et universel, fédérateur de toutes les musiques, m’enchantant toujours par l’impression de plénitude et d’équilibre de son contrepoint.
 Les danses populaires roumaines de Bela Bartok, que nous aimons tant en particulier par Salque et Peirani, soulèvent l’enthousiasme du public, et se prolongent   par un traditionnel macédonien superbe.
Et par un heureux système d’alternance des œuvres classiques  et des compostions  deThomas Enhco,  ces créations offrent de magnifiques thèmes aux variations inspirées du piano et du violoncelle de Henri Demarquette….
Citons Sand creek Song, épique et novateur, le romantisme lyrique de Je voulais te dire et  La fenêtre et la pluie aussi poétique que son titre…
Les jeunes lycéens  sont « nickel » et les mouflets du primaire aussi, juste quelque petits coups de pied du garçon derrière moi sur ma chaise pour marquer le tempo !, et une écoute extraordinaire , voire même pertinente….
En fait je n’avais- presque !- pas de doute , leur ayant toute ma vie fait confiance , ainsi qu’à leurs maîtres impliqués et aux musiciens engagés dans cette entreprise…
Si la musique est bonne…classique ou jazz ou tout autre ils suivront…surtout s’il y a eu une sensibilisation préalable…
Mais en ce temps de grisaille, on entend tellement déplorer la dégradation du goût et de la motivation des élèves , je m’entends tellement dire c’est plus comme avant(= « de ton temps » en somme ! que grâce soit rendue à cette soirée d’optimisme !
Grâce soit rendue aux musiciens capables d’entraîner l’enthousiasme, par leur talent et leurs choix éclectiques et sans concession…
Merci à la structure des « Concerts de poche » pour ce double cadeau : aux jeunes et à nous le public !

Merci enfin au lycée agricole de Pau –Montardon pour sa simplicité d’accueil chaleureuse, qui tourne au luxe  le soir , avec « le verre de l’amitié » offert, simple et somptueux  à la fois, dans la salle polyvalente (ou le foyer ?).
Nous adorons ces après-concerts , tertullias où se prolonge l’enthousiasme du concert et où parfois on peut exprimer aux musiciens un peu de ce plaisir de musique…
Rencontre donc avec Henri Demarquette , chaleureux et pertinent, qui nous annonce son concert à venir avec « notre » Richard, au Chatelet en  décembre( nous n’y serons pas GRRR !) et leur interview par Andre Manoukian sur France inter , partons en live..  (nous écouterons, OUAIS !)…
Rencontre avec son jeune et remarquable collègue pianiste, pour nous une découverte à suivre…
Rencontre avec nombre d’amateurs que nous connaissons et qui ont partagé notre plaisir musical…

Encore Merci, continuez !
Concerts de poche, Lycée de Pau-Montardon….

Et vous musiciens convaincus !