lundi 5 janvier 2015

Le Baby Blues de la Nativité

Baby blues

    Noël, bien que n’étant pas pour moi une fête religieuse, est resté, depuis mon enfance, nimbé du halo de lumière de la Nativité , au cœur de la nuit obscure du solstice d’hiver,. 
A l’espoir de renouveau que comporte toute naissance , y restait attaché quelque chose de la promesse chrétienne d’un avenir meilleur, de l’avènement d’un monde nouveau, au moment même où  rallongent les jours de  lumière solaire …



Même si aujourd’hui je n’attends pas sa venue avec la même ardeur d’Avent que quand j’étais enfant, si j’en redoute davantage l’effervescence des préparatifs  et la fatigue qu’ils engendrent, se produit encore malgré tout le petit miracle de la fête préparée en famille : Nadja et moi aux fournaux, désordre organisé, rythme et tension joyeuse,..
Michel préparant la crèche avec Camille, ...




ou dressant la table avec Charlotte, 



...arrivée de plus en plus anxiogène de ma grande sœur …
Plats plus raffinés qu’à l’accoutumée, dont la réussite stresse puis réjouit, bulles de champagne, éclats mordorés des vins blancs tirés des vieux cartons de notre modeste cave, apéritif sur la table basse aux sets de table rouge et or, sous l’œil concupiscent du chien Miro assis à notre hauteur et poussant du museau nos mains chargées de mets…
On y rit, on y chante,  on y joue du piano (les filles du moins!!!),on y danse du forro ,  de la valse,du chamamé  et un peu de rock, le tout façon famille !
…Le Père Noël joue à passer, illusion préservée et vécue comme telle par tous : clochette de cuivre, extinction des lumières ,grand fracs de portes claquées,… paquets faussement dissimulés puis accumulés en hâte au pied du sapin…
Faire semblant, magie naïve et joyeuse,  avec le sentiment prégnant qu’il s’agit d’un moment préservé, sauvé du flux tu temps , du spleen,  et des météos hivernales….

« Tant l’on chante Noël qu’à la fin il »…passe et s’enfuit !

…Et jour après jour, s’éloigne à l’horizon  de l’Hiver qui s’attarde et continue de peser sur la lumière  et « l’esprit gémissant »…
…Nonobstant la minute de soleil en plus de la météo quotidienne
…Nonobstant le volontarisme affairiste des pâtissiers qui « galettent » ou « couronnent », des boutiques de fringues qui jettent leurs  brassées de vêtements en pâture à la folie des soldes…

Les enfants retournent à l’école. Nos enfants, leurs parents, repartent avec eux dans leur maison.

Notre maison est vide. On range, on remet en place l’ordre établi qu’a rompu le désordre joyeux…
Reprennent les infos délétères, les dénigrements systématiques et les ricanements médiatiques.
On doit lutter pour croire au bonheur dans le meilleur des mondes POSSiBLES, peut-être le nôtre après tout !
Se dire qu’on a chaud, qu’on se tient chaud en s’aimant, en riant, en chattant avec les enfants.
Qu’on peut se faire soigner, écouter de la musique, lire des livres faciles ou moins faciles librement,…
On reste un peu meurtris, comme affaiblis, «  neurasthéniques »en somme !

C’est le Babyblues !
Le Babyblues de la Nativité !






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