dimanche 24 novembre 2013

MITANGO : Bruno Maurice …en solo !



J’aime les duos de Bruno Maurice avec Jacques Di Donato, et leur trio avec André Minvielle , Récemment leur double concerto accordéon/clarinette avec l’orchestre d’Aquitaine nous a enchantés . J’ai beaucoup aimé et j’aime encore ! le Trio Miyasaki …et le quatuor sur les lieder de Schubert façon Cavanna
Mais un solo c’est un plaisir particulier, le bonheur « sans partage » de l’instrument sans partage autre qu’entre lui et nous qui l’écoutons , un face à face à nous offert…

Et quel solo !
Michel qui aime à écrire au plus près de la première émotion ressentie a déjà écrit ses premières émotions d’écoute de Mitangoet si en accord avec ce que je ressens que je me contenterai de le citer..



 Mais bien sûr, moi qui ai besoin de ruminer , de chercher les mots pour le dire , de corriger et rectifier les mots qui me viennent en écoutant, puis en me rappelant ce que j’ai écouté…
Bref –justement pas bref !- j’avais quand même envie d’ajouter ma petite note personnelle à l’expression de cette émotion musicale particulière où se mêlent singulièrement émotion de la musique et émotion de l’amitié …

Ainsi on y vit comme dans la vie la reprise de thèmes déjà connus et comme familiers , mais recrées par l’improvisation d'aujourd’hui, et la création de thèmes nouveaux voire novateurs mais qui portent l’empreinte indéfinissable d’un style , le style de Bruno .

Des thèmes familiers :
Mitango qui est pour moi à la fois lié intimement à la vie de Bruno, le « cri de l’âme » souffrante  par  la mort du père, et à notre découverte  de sa musique avec « Cri de Lame »
…Ou encore, les bulles légères du Saumur Pétillant, effervescence  et ivresse  …
…La montée tranquille dans le vent d’un petit Nuage,   de plus en plus remuant, tandis que le ciel  s’ envahit peu à peu de  Nuages orageux oppressants …
…La lumière vibrante du soleil se levant sur les ergs éclatants du désert…

ET des thèmes nouveaux nés du hasard des voyages et des rencontres :
Hanoi un matin « vie et contrastes de la ville de Hanoi » le calme, la joie et les aigus du Khen à l’accordéon…
 La nostalgie de la chanson française du début du XXe perdue et recréée.. Sur les quais
Et des hommages  remarquables :
Monsignore,pour Monseigneur Agostinho Da Costa  Borges, une tonalité particulière … « inspiration mystique, thème large et généreux » de la prière que vient rompre en contraste un peu de « free jazz »….
Omaggio où il me semble retrouver la pulsation puissante et vitale du tango, et sa mélodie plaintive aux accents très piazzoliens,  sur le sombre arrière plan du chant  tragique d’Astor, qui finit par l’absorber…
Hommage aussi au  Petit orgue, à l’instrument merveilleux qui nous réunit, qui chante « doux flûté »et fluide, avant de s’élargir dans des  « sonorités puissantes de grandes orgues »…
Hommage enfin au public dans la Chanson pour toi,  titre énigmatique que quelques mots écrits dans le livret par Bruno éclairent cependant : « un hommage au public que j’ai croisé si furtivement »
Tous ces thèmes, pour s’engager dans des chemins nouveaux et raconter des aventures musicales nouvelles, n’en portent pas moins tous l’empreinte d’un style aussi évident que difficile à cerner …

…Le style de Bruno ?
Un son particulier celui du Bayan Appassionata bien sûr,  mais aussi une tonalité mélodique particulière, à la Verlaine , en mineur, une sorte de douceur poignante ?
Même dans les phrases souriantes et triomphantes en majeur , elle vient se glisser peu à peu,  « chanter sur le mode mineur  la vie opportune », la vibration du Soleil levant, la douceur du matin et la tendresse presque allègre de la Chanson pour toi.

Un jeu très expressif où se libèrent les possibles de l’appassionata, « petit orgue » expressif et portatif..

L’art du Contraste, des constrastes mutiples, entre tenus émouvants, parfois poignants,  et notes égrenées , ligne épurée  ou   en « méandres »…techniques de soufflet pour un rythme obsédant ou ample et arpèges légers progressant  vers l’aigu…légèreté à faire presque sourire, et résonance quasi solennelle ou tragique

Tout l’éventail d’une virtuosité nuancée qui jamais ne s’impose comme la finalité essentielle  mais toujours au service d’un message …

Pour ce message d’ailleurs il y a aussi des MOTS .
Il y a   les mots- titres, qui même s’ils renvoient à de claires références, Monsignore, Nuage, Soleil levant… éveillent des connotations plus qu’ils ne décrivent…
Il y a aussi dans l’album pour chaque titre  quelques phrases plus poétiques qu’explicatives. Et c’est merveille, les mots de Bruno viennent éclairer brièvement le morceau sans jamais en fermer le sens .
Sur ces mots chacun voyage à sa guise  au fil de la musique dans cet imaginaire ouvert…



 Merci pour ta chanson  Bruno !
 Merci pour ce voyage dans ta musique, c’est tout un univers, d’émotion  et de plaisirs esthétiques multiples  que tu nous offres en partage…





NB : les expressions en bleu sont celles de Bruno Maurice dans son livret... 


mardi 12 novembre 2013

RICHARD GALLIANO en SOLO !



Je ne cesse d’admirer chez Richard Galliano, (entre autres qualités !!!), son talent extraordinaire pour le partage et la découverte. Ses différentes rencontres et la formation de nouveaux groupes encore et encore sont un plaisir toujours renouvelé  tant elles produisent de musiques nouvelles  « chaque fois  autre, et  chaque fois la même » , tant Richard Galliano possède un vrai style et un son véritablement unique .


Ce samedi 9 novembre à Conilhac,dans le cadre du festival de jazz annuel, il donnait un « récital » SOLO…


Pour peu, nous aurions été tentés d’être déçus. Car, curieux impénitents de ses formations,  nous n’avons pas encore écouté en direct son Vivaldi, nous sommes à l’affût de son New Tangaria Quartet, désireux d’écouter   Jean Marc Jafet, que nous connaissons un peu, et  Jean Christophe  Galliano et François Arnaud dont nous aimerions vraiment  entendre le son « live ».  Mais ils  ne se produisent que loin de chez nous… !!!

Mais bien sûr ce SOLO, nous n’avons pas hésité un instant à venir l’écouter !
EH bien !!! le moins qu’on puisse dire, c’est que déçus nous ne l’avons pas été...
Cette heure et demie de musique magnifique valait bien nos 750 km de voiture, notre chambre d’hôtel, les rafales de vent sur les Corbières  et nos « picachous » de fortune…

Comment Richard Galliano peut-il encore et à nouveau nous enchanter, comme la musique des grands, celle qu’on redécouvre à chaque écoute, comme certains romans ou certains poèmes qu’on peut relire indéfiniment ?
Il y a en lui une prodigieuse présence, l’évidence de la musicalité …
Jazz or no Jazz ? nous demandions- nous, Michel et moi, à « Conilhac, festival de Jazz » ?
Si jazz veut dire liberté, créativité inventive,  sur des thèmes mélodiques connus, qui s’élancent  sans jamais se perdre dans des variations inspirées, et nullement gratuites,…c’est Libertango ou Bébé !
Si Jazz veut dire swing étourdissant, c’est Tango pour Claude et Fou rire, ou swing léger et aérien, c’est Barbara,  dansant dans le cœur et l’esprit, c’est Habanerando, c’est La valse  à Margaux 
Si  c’est encore virtuosité époustouflante et complexité musicale si parfaites qu’elles atteignent une lumineuse simplicité et  l’évidence de la beauté… c’est Chapître ou NewYork Tango, au si beau nom d’« Opale concerto »
Si le Jazz est  re-création alors c’est du Jazz, c’est du jazz Galliano, c’est aussi du musette new, c’est du Piazzolla retrouvé …
S’il est partage, c’est partage de La Musique , et de toutes les musiques de sa vie, les musiques qu’il redécouvre encore et toujours , avec ses propres œuvres qu’il relit et réinvente à chaque moment…
Et en l’absence de ses musiciens,  dans cette petite salle chaleureuse, vibrante de monde et d’enthousiasme, s’établit un rapport singulier  avec nous le  public, une communication intense, directe, comme particulière. Et ce face à face est fascinant…

Il y a dans le solo quand il réussit  quelque chose de magique…


Et puis finalement voilà qu’il se débrouille encore ce diable d’homme à rencontrer quelqu’un, quelqu’un à Conilhac quelqu’un du jazz, quelqu’un du Brésil, quelqu’un de sa vie…Il rencontre Rique Pantoja Leite avec qui il a joué avec Chet Baker !
Et avec lequel il  recrée pour nous ce soir  Inaïa joué et enregistré en juillet 1980…cheveux longs et barbe noire …Musique sans rides, superbe !







dimanche 3 novembre 2013

AVEC LE TEMPS …David Venitucci, et Annick Cisaruk…


Je n’aimais pas Léo Ferré .
Il était lié à la représentation que j’en avais quand j’étais gamine…Deux amies de mes parents ne juraient que par lui .Il représentait pour elles  le  poète  dissident , la remise en question  du conformisme esthétique et des valeurs sociales …le chanteur intello…
Je ne sais ce qu’en pensait ma mère qui aimait les romans  romanesques, les chansons sentimentales et l’opéra, les belles voix claires et timbrées…elle n’en  disait rien ...c’est tout dire .
Quant à moi, vaguement choquée,  je n’aimais ni la voix ni les paroles, et du coup je n’entendais guère la mélodie…
Et puis il y eut un accordéon, celui de David , David Venitucci
J’ai souvent raconté « les toiles » de la culture, toile d’araignée en étoile…fils qui s’accrochent et s’attachent les uns aux autres pour un tissu aérien parfois résistant malgré sa légèreté.
Comment pour moi il y a la culture ordonnée , organisée , celle de la littérature, celle de l’histoire ancienne ou contemporaine , celle de l’histoire de la peinture. Celle qu’on acquiert à l’école, à l’université, avec des « mentors »,  des profs, des enseignants, des livres. Parfois la culture familiale est de cet ordre, transmise, sinon organisée rigoureusement.
Et puis il y a la culture personnelle, celle que nous ouvrent, dans des domaines inconnus  les chemins de la curiosité et du hasard des rencontres. Ce pourrait être un fil  d’Ariane qu’on déroule et suit, sauf qu’il n’est pas unique mais s’entrecroise avec une pluralité d’autres fils.
L‘accordéon , pour nous et pour moi, est un de ces fils précieux qui conduit à d’autre fils…car d’accordéon, il n’y eut pas dans ma culture transmise, familiale ou scolaire . S’il y eut de  la musique,  elle me fut de tout temps proche et inconnue, apprentie pianiste médiocre, chanteuse de chorale par obligation, danseuse de bals publics  passionnée mais sans génie et sans apprentissages.
L’accordéon, ce fut une découverte tardive, le désir de partager avec Michel une découverte pour lui aussi récente , une curiosité intellectuelle et fascinée pour cet instrument mal aimé…l’accordéon est devenu toute une aventure….
« L’accordéon y a pas que »…mais il nous ouvre des chemins de musiques multiples qui parfois retrouvent  et recroisent des chemins anciens …

Et donc nous découvrons David Venitucci et « Cascade »….

En plage 10, une mélodie prégnante , de celles qu’on n’oublie pas . Qu’on écoute avec obstination des fois et des fois… :  « Tiens, je me dis avec u peu d’étonnement  c’est de Léo Ferré !!! » (presque : c’est pourtant de Léo Ferré !)
ET c’était « Avec le temps …. »

Puis le fil se perd en croisant d’autres fils, la rencontre magique de Garcia Fons par exemple …

Avec le temps …qui passe…et tant de musiques qui nous attachent au passage….
Et puis vient « Trio »(il sera enregistré en Janvier !) et toujours sur ma même superbe introduction de David, notes égrenées en plan multiples dont la montée émotionnelle  prépare la mélodie que déroule, ligne claire et prenante , le trombone « aérien [1]» de Denis Leloup, et le charme agit …



Et puis, quand nous le rencontrons, David chaque fois nous parle d’ Annick Cisaruk, sa compagne qu’il accompagne pour  chanter Léo Ferré …
Et le temps passe …Michel, curieux impénitent, ne résiste pas à l’achat de « Léo Ferré, l’âge d’or ». Il me dit : « C’est beau ! tu sais … »
Moi, depuis que je me suis prise de passion pour le son de l’accordéon, et que j’ai perdu « les voix chères qui se sont tues » ( sans même parler de Brassens) celles de  Barbara, Nougaro ,Jean Ferrat, et même de France Gall et Michel Berger, je ne m’intéresse plus aux chansons, toute absorbée par les instrumentaux … Le scat à la rigueur … !


Mais on ne résiste pas l’appel de l’accordéon de David
Je me suis mise à écouter leur disque, avec obstination, comme tout ce que j’écoute, et je ne le regrette pas !!!
D’abord la voix d’Annick Cisaruk est magnifique, de nuances, de souplesse, de puissance,  agile et ronde …
Et le choix des chansons me ravit…
Car, outre des chansons très connues de Léo Ferré :
Joli Môme
La vie moderne
…je découvre des musiques qu’il a composées sur des textes que j’ai toujours adorées :
Sépulture, sombre Baudelaire
O triste de Verlaine
L’étrange et surréaliste Marizibill , d’Apollinaire
Et deux précieux textes d’Aragon :
L’Etrangère
L’Affiche Rouge

Toutes superbement « orchestrées» et interprétées par David.
 Et d’une écoute à l’autre  je m’éprends de Léo Ferré :
Les Albatros ,dérision exquise,
Le bonheur,
La lune,
Et sommet du plaisir , conclusion suprême, voilà encore le merveilleux Avec le temps, où la belle voix d’Annick interprète remarquablement, la mélodie qui me hante …..


Avec le temps:





[1] Le terme est emprunté à un article qui me parait  remarquable , trouvé dans Citizen jazz du 21/11/2012 .Olivier Acosta.
http://www.citizenjazz.com/David-Venitucci-Trio-a-L.html





mercredi 30 octobre 2013

OLIVIA RUIZ… Partages…

Quand j’étais apprentie prof de littérature, nous étions quelques-uns à partager cette conviction que si nous voulions que nos élèves consentent à partager notre culture il était nécessaire de partager la leur …
La concrétisation de cette conviction ne fut pas toujours évidente, mais ce partage délicat eut lieu quelquefois, à la satisfaction réciproque des deux parties …

Je me suis souvenue de cette conviction ancienne ces derniers jours grâce à notre délicieuse petite Chacha !
Souvent elle consent à nous accompagner à « notre musique » ! Et c’est ainsi que jeudi soir dernier, elle est venue partager avec nous le très remarquable concert de David Venitucci, avec le quintet d’ Isabelle Olivier , et sans parler à sa place, je crois pouvoir affirmer qu’elle a été sensible à l’atmosphère particulière, onirique, envoûtante, et musicalement raffinée du concert .Et ce qui l’a en outre enthousiasmée,  c’est la harpe d’Isabelle Olivier, un instrument qui la fascine, mais que l’on n’écoute pas souvent en live, et si remarquablement jouée ce soir-là !
Mais ce qu’eut  de remarquable encore cette sortie, ce ne fut pas seulement le délicieux souper place du Capitole à l‘issue du spectacle, ce fut que le partage eut dès le lendemain son autre versant : nous sommes allées toutes deux écouter Olivia Ruiz…
Olivia Ruiz, c’est son Galliano à elle ! Olivia Ruiz, elle en a tous les disques, elle est allée l’écouter en concert aussi souvent qu’elle se produit à Toulouse…Moi,  je l’écoute assez souvent parce qu’elle l’aime, mais jamais je n’étais allée à un de ses concerts…
J’y suis donc allée  pour l’accompagner, mais en réalité  j’ai été personnellement ravie de rencontrer Olivia en live!
Une voix , SA voix, légère et claire, ou puissante, chaude et colorée, avec dans les graves un peu des terres caillouteuses de l’Espagne.
Des textes à émotion variable, sur des registres divers, tendresse et sentiments, ou dérision légère,  métaphores originales parce que décalées …bref des Textes !
La beauté spectaculaire d’une danseuse, qui occupe l’espace avec fougue et grâce à la fois…
Un contact chaleureux, humour léger teinté de gouaille méridionale …
Des musiciens remarquables pour autant que je puisse en juger,  dont l’accompagnement poly-instrumental est réglé à la perfection :



Olivia et ses Garçons !!!!





Et une mise en spectacle saisissante, avec un décor aussi simple qu’efficace, lumières sur fonds de toiles drapées et construction d’espaces  variés…


Merci à Charlotte  pour m’avoir fait vivre avec elle cette soirée magique !

Tant il est vrai, comme  aime à le dire mon ami Mathieu,que la musique est affaire de partage et de connivences affectives plus encore que culturelles …


Volver, une de mes préférées:
















mercredi 16 octobre 2013

Trois paragraphes pour MICHEL P et VINCENT Peirani


 Nous sommes allés à Perpignan ce mardi 8 Octobre...
Jazzèbre nous offrait ce soir-là l’occasion d’écouter Vincent PEIRANI.
Donc Toto & Lolo dans leur blanche auto, et quelques kms plus tard, nous voilà à Perpignan…
Toujours , nous aimons errer dans les lieux où se prépare le concert, pour préluder la soirée, et parfois y croiser ceux avec lesquels nous avons Rendez-vous de Musique…
Mardi , 17 heures, ça n’a pas manqué…Sur la place de la République, ILS étaient là , pour un avant-concert, en apparence cool, mais  dont nous nous demandons toujours comment ils le vivent…
Sans oser les déranger , nous étions heureux de partager leur soleil ,et de bénéficier d’un bonjour un peu intrigué et amical de Michel Portal.
Mardi 19 heures, en avance comme toujours, pour être bien placés ! et à nouveau nous les croisons.
Vincent que nous connaissons un peu pour être allés l’écouter plusieurs fois, et pour avoir échangé avec lui à Trentels et sur Facebook nous fait la bise et nous parlons un peu. Il dit à Michel P que nous sommes des fans fous d’accordéon.
Alors MP( faussement dépité, avant de tourner les talons ): «  Bon ! Ce n’est donc pas pour moi qu’ils sont là ! »

EH bien SI ! C’est justement à cause de vous, Michel, que nous sommes là !
Nous admirons  V.Peirani , nous aimons énormément sa musique, nous sommes subjugués par son talent …
Vincent Peirani, c’est pour nous le Talent à improviser, sans qu’on y perde jamais le plaisir mélodique, car les mélodies , il en joue de magnifiques , qu’il sache les choisir ou les créer…
Jazzèbre – dont nous admirons la vitalité, la richesse, la qualité- l’avait convié à une résidence à Perpignan où il  assurait,  outre une master Class,  et le concert du 8, trois concerts avec Emile Parisien.
Certes Emile Parisien nous intrigue…
Deux plages de Thrill Box dans lesquelles il intervient ne suffisent pas à satisfaire notre curiosité…Et certes trois live avec Vincent, avant le final avec Michel Portal, nous auraient comblés !
Mais Perpignan est loin, l’hôtel est joli MAIS…
Bref nous avons choisi M. Portal…toujours admiré…jamais écouté en live !
A seulement 400km de chez nous !

Oui Michel Portal, nous n’étions pas seulement venus pour Vincent Peirani…
Nous venions aussi pour avoir la chance de vous entendre.
Et réellement, nous avons été « enchantés » (au sens de Michel « l’Enchanteur » !)
Quelles sonorités époustouflantes, autant qu’agiles, autant que variées, autant que subtilement nuancées, vous tirez de vos clarinettes et de votre saxo…
Et quel dialogue parfait, amical, autant qu’accordé et subtil !
La joie de jouer ensemble …le bonheur de vous écouter …BLOW UP !
BLOW UP, Little tango , deux merveilles qui  parlent aussi du passé et de Richard G, et que nous écoutons si souvent,  en particulier dans les moments où la musique est plus que jamais nécessaire à la vie…
Mais aussi:
B&H
CHORAL


AIR SONG 
qui chantent le présent, et sur trois temps,  pour MICHEL P…


Créativité croisées et si bien accordées que c’en est un bonheur…
Aux talents de Vincent, nous ajouterons désormais cette capacité à dialoguer magnifiquement !
Nous connaissions le duo avec François Salque, royal ! aujourd’hui Portal…
Demain peut-être Emile Parisien ?
(NB : les places sont retenues à Toulouse en janvier !)

Bref, on ne fait qu’un vœu, non ! ….L’un de nos vœux les plus chers , c’est :
Vous réentendre à nouveau, MICHEL et VINCENT P



dimanche 6 octobre 2013

L’air de TULLE



Quand nous étions enfants, nos parents nous disaient : « Tu es fatiguée ?ou .. tu  n’as pas d’appétit…ou …tu es un peu pâlotte… Il te faudrait un changement d’air ! »

En ce début d’automne, après un bel été chaud, animé, joyeux, finalement  un peu fatigant, mais en tout bien fini ! c’est  le déclin de la lumière,  les courbatures du corps et de l’âme, l’approche sournoise de l’hiver..

L’air de Tulle, Nuits de nacre et Accordéon, nous apparaît comme un changement d’air revigorant, une thérapie  bénéfique…

Car Tulle, comme la feria de Dax qui pour nous semble marquer le sommet de l’été, est un temps hors du temps, un  temps de fête qui suspend le déroulement inexorable des saisons …

Tulle, quand on y arrive, n’est qu’une petite ville ordinaire , enserrée dans la vallée étroite de la Corrèze, à l’architecture pas très belle au premier abord, une peu fraîche déjà en ce début d’automne…

Mais qui déjà vit dans la tension de l’avènement de l’Evènement à venir…

Puis c’est la Fête, à mesure que le soir approche,  les podiums qu’on monte, le son qu’on règle,  les restaurants où l’on mange à toute heure, les gens qui affluent de tous les côtés de la vallée, et puis la musique, de la musique partout, de la musique encore et encore…
Car Les Nuits de nacre honorent la diversité de l’Accordéon en célébrant la pluralité de ses possibles, la multiplicité de ses sonorités, la diversité de ses genres et de ses couleurs.
Tulle programme la diversité : musette traditionnel ou new, jazz free ou pas , musique classique ou virant contemporaine, rythme et mélodies de tous les pays où chantent le sanfona la fisarmonica, l’accordion, le bayan, et ses cousins proches, le bandonéon,  l’accordina , parfois même l’harmonica…

De la musique, trop de musique, pour qu’on puisse tout savourer… ! Source d’émerveillement mais aussi de frustrations : on a beau consulter encore et encore le petit programme de poche qui ne nous quitte pas,  flâner de rue en rue, courir de lieu en lieu, il est impossible de goûter à toutes les saveurs proposées …Le Gaspillage , c’est aussi la Fête !

Pour moi , ce que j’aime à Tulle, c’est que je trouve à y satisfaire le double versant de mes penchants d’amateure de musique: le premier , la curiosité , pour ce qu’est tel ou tel musicien, telle ou telle musique ( puis-je  m’y attacher ou simplement la suivre ?) un plaisir intellectuel en somme …le deuxième , la recherche de l’émotion profonde, une émotion qui saisit, parfois jusqu’aux larmes,  qui touche le cœur, et pour un moment change la vie !
Cette année côté connaissance, il y a eu la découverte d’Hiroko Ito, une musique que je n’avais pas eu la détermination d’écouter vraiment, malgré un article intéressant de F . Jallot, et ses deux premiers disques que Michel n’avait pas manqué de dénicher et d’acheter…
L’écoute en direct m’a permis d’accéder à sa musique en même temps que je découvrais par ses entretiens, le chemin de vie d’une femme étonnante de détermination, et émouvante de sincérité.
Il y a eu aussi une journée d’une découverte du bandonéon plus approfondie que celle que je pouvais avoir : la rencontre de Mosalini, le son unique (pour moi) de son bandonéon, des éclairages de la musique argentine, celle d’Astor, mais encore bien  d’autres , grâce à lui, et à William Sabatier et Olivier  Manoury, qui nous donnèrent aussi des aperçus de l’histoire de cet instruments et  des manières d’en jouer…
Il y a eu avec Fanny Vicens du « classique » à l’accordéon, la pureté de Bach alternant avec des oeuvres contemporaines , harmonieuses ou plus décalées et dérangeantes…
Il y a eu le violon endiablé de Didier Lockwood que nous n’avons pas eu souvent le plaisir d’entendre en direct ( sauf quand il joue avec Galliano !)

Côte émotion, il y a eu le son retrouvé de Sonia Rékis, ses mélodies et ses rythmes, que nous aimons,  et la découverte à ses côtés de la basse de Yann Géradin…
Il y a eu le trio de Laurent Derache , avec la basse d’Ouriel Ellert,et  la batterie de Martin Wangermée, une musique qui me touche profondément, je ne sais pourquoi ! Evidence de l’émotion musicale !  Et que nous n’avions jamais eu l’occasion d’entendre ne direct, tant  il se fait rare de par chez nous… Chance !
Et il y a eu un soir où la pluie nous avait transis et chassés des podiums, dans la chaleur et le lumière de la Taverne du Sommelier, Christian Toucas, le plaisir de retrouver le son coloré et chaleureux de son accordéon, avec Thierry Vaillot dont nous n’avions pas oublié la superbe guitare , et de découvrir les tablas d’Edouard Prabhu …époustoufant !
Et pour un  soir qui ne voulait  pas finir, à sa suite, le Paname Swing de Jean-Claude Laudat , encore un plaisir rare en live, un sacré plaisir…

Côté amitiés, il y eut des moments privilégiés avec Sonia et Yann, la rencontre traditionnelle avec notre ami Jean Marc, avec qui nous partageons joyeusement tant d‘affinités musicales, des instants d’échange avec Hiroko Ito, ou Laurent Derache, un repas détendu avec Soizik et Mathieu, la rencontre délicieuse avec une écouteuse attentive, qui se révéla être une lectrice de mon blog, et avec qui nous eûmes des échanges courts mais chargés de sympathie…

Côté sentimental, il y eut le plaisir de pouvoir écouter l’accordéon  de Marcel Azzolla   en appréciant d’entendre encore une fois ce son magnifique,  et sa voix chaleureuse et teintée d’humour…

Connaissance, Emotion, Amitié, Sentimental hours, c’est le cocktail unique et enivrant  de l’air de Tulle !

Un déni magique de …l’hiver qui vient !




mercredi 2 octobre 2013

TULLE à la rencontre du BANDONEON…







 Il y a des noms qui font rêver, des musiciens qu’on a entendus sur CD mais l’idée qu’ils puissent jouer devant vous , construire leur musique sous vos yeux et vous l’offrir à entendre en direct… !!!
C’est le cas de MOSALINI…
Il fait partie de ceux dont je demande à Michel, « Mosalini ? le grand ??? »
Et voilà qu’il est programmé aux Nuits de Nacre , en compagnie de  William Sabatier et Olivier Manoury…

J’ai la réponse : Mosalini , le Grand !
En l’écoutant l’autre soir au Théâtre des Sept collines à Tulle, j’ai entendu un son de bandonéon unique que j’aurais peine à qualifier tant je n’ai pas de connaissances techniques en musique, et tant je l’écoutais toute à l’écoute sans être capable de la moindre analyse …
Un son plein, vibrant, chaleureux et agile, qui donne à chanter dans sa tête, sont les seules connotations que je trouve …
Même la manière de frapper la pulsation sur le bandonéon m’a paru remarquable…
Même son guitariste , Edouardo Sanchez, semblait bénéficier de ce son magique….







Ses compagnons bandonéonistes, comble de plaisir, étaient à la hauteur de sa remarquable prestation
J’ai beaucoup aimé entendre William Sabatier, écouté jadis avec le trio P.S.P , un son différent, mais très beau, une sorte de puissance désespérée qui convient bien pour moi à l’idée de Tango..
« William Sabatier, à la gauche de J.-J. Mosalini, tendu comme une corde de violon. Habité par sa passion du tango et de son instrument. Le tango comme cérémonial. On sent que jouer du bandonéon, c'est un enjeu existentiel de première importance. » Michel, l’autre bistrot des accordéons 
Et une ouverture sur le musique argentine, passionnante : un compositeur que je ne connaissais pas Léopoldo Federico…


Tandis que  son maître Olivier Manoury, ouvrait un chemin excitant, que nous suivions volontiers, sur l’improvisation et la re-création du Tango


Il y eut d’autre part  un moment fort passionnant , dans l’intimité de l’espace Galliano, où William Sabatier et Olivier Manoury évoquèrent pour nous l’histoire du bandonéon, et ses compositeurs , Astor Piazzolla bien sûr,  mais bien d’autres Hannibal Troilo et Leopoldo Federico…
Ils  nous démontrèrent, avec virtuosité et simplicité, les différents styles de musique qui s’est jouée au bandonéon siuvant les lieux et les époques…



PASSIONNANT !