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dimanche 6 octobre 2013

L’air de TULLE



Quand nous étions enfants, nos parents nous disaient : « Tu es fatiguée ?ou .. tu  n’as pas d’appétit…ou …tu es un peu pâlotte… Il te faudrait un changement d’air ! »

En ce début d’automne, après un bel été chaud, animé, joyeux, finalement  un peu fatigant, mais en tout bien fini ! c’est  le déclin de la lumière,  les courbatures du corps et de l’âme, l’approche sournoise de l’hiver..

L’air de Tulle, Nuits de nacre et Accordéon, nous apparaît comme un changement d’air revigorant, une thérapie  bénéfique…

Car Tulle, comme la feria de Dax qui pour nous semble marquer le sommet de l’été, est un temps hors du temps, un  temps de fête qui suspend le déroulement inexorable des saisons …

Tulle, quand on y arrive, n’est qu’une petite ville ordinaire , enserrée dans la vallée étroite de la Corrèze, à l’architecture pas très belle au premier abord, une peu fraîche déjà en ce début d’automne…

Mais qui déjà vit dans la tension de l’avènement de l’Evènement à venir…

Puis c’est la Fête, à mesure que le soir approche,  les podiums qu’on monte, le son qu’on règle,  les restaurants où l’on mange à toute heure, les gens qui affluent de tous les côtés de la vallée, et puis la musique, de la musique partout, de la musique encore et encore…
Car Les Nuits de nacre honorent la diversité de l’Accordéon en célébrant la pluralité de ses possibles, la multiplicité de ses sonorités, la diversité de ses genres et de ses couleurs.
Tulle programme la diversité : musette traditionnel ou new, jazz free ou pas , musique classique ou virant contemporaine, rythme et mélodies de tous les pays où chantent le sanfona la fisarmonica, l’accordion, le bayan, et ses cousins proches, le bandonéon,  l’accordina , parfois même l’harmonica…

De la musique, trop de musique, pour qu’on puisse tout savourer… ! Source d’émerveillement mais aussi de frustrations : on a beau consulter encore et encore le petit programme de poche qui ne nous quitte pas,  flâner de rue en rue, courir de lieu en lieu, il est impossible de goûter à toutes les saveurs proposées …Le Gaspillage , c’est aussi la Fête !

Pour moi , ce que j’aime à Tulle, c’est que je trouve à y satisfaire le double versant de mes penchants d’amateure de musique: le premier , la curiosité , pour ce qu’est tel ou tel musicien, telle ou telle musique ( puis-je  m’y attacher ou simplement la suivre ?) un plaisir intellectuel en somme …le deuxième , la recherche de l’émotion profonde, une émotion qui saisit, parfois jusqu’aux larmes,  qui touche le cœur, et pour un moment change la vie !
Cette année côté connaissance, il y a eu la découverte d’Hiroko Ito, une musique que je n’avais pas eu la détermination d’écouter vraiment, malgré un article intéressant de F . Jallot, et ses deux premiers disques que Michel n’avait pas manqué de dénicher et d’acheter…
L’écoute en direct m’a permis d’accéder à sa musique en même temps que je découvrais par ses entretiens, le chemin de vie d’une femme étonnante de détermination, et émouvante de sincérité.
Il y a eu aussi une journée d’une découverte du bandonéon plus approfondie que celle que je pouvais avoir : la rencontre de Mosalini, le son unique (pour moi) de son bandonéon, des éclairages de la musique argentine, celle d’Astor, mais encore bien  d’autres , grâce à lui, et à William Sabatier et Olivier  Manoury, qui nous donnèrent aussi des aperçus de l’histoire de cet instruments et  des manières d’en jouer…
Il y a eu avec Fanny Vicens du « classique » à l’accordéon, la pureté de Bach alternant avec des oeuvres contemporaines , harmonieuses ou plus décalées et dérangeantes…
Il y a eu le violon endiablé de Didier Lockwood que nous n’avons pas eu souvent le plaisir d’entendre en direct ( sauf quand il joue avec Galliano !)

Côte émotion, il y a eu le son retrouvé de Sonia Rékis, ses mélodies et ses rythmes, que nous aimons,  et la découverte à ses côtés de la basse de Yann Géradin…
Il y a eu le trio de Laurent Derache , avec la basse d’Ouriel Ellert,et  la batterie de Martin Wangermée, une musique qui me touche profondément, je ne sais pourquoi ! Evidence de l’émotion musicale !  Et que nous n’avions jamais eu l’occasion d’entendre ne direct, tant  il se fait rare de par chez nous… Chance !
Et il y a eu un soir où la pluie nous avait transis et chassés des podiums, dans la chaleur et le lumière de la Taverne du Sommelier, Christian Toucas, le plaisir de retrouver le son coloré et chaleureux de son accordéon, avec Thierry Vaillot dont nous n’avions pas oublié la superbe guitare , et de découvrir les tablas d’Edouard Prabhu …époustoufant !
Et pour un  soir qui ne voulait  pas finir, à sa suite, le Paname Swing de Jean-Claude Laudat , encore un plaisir rare en live, un sacré plaisir…

Côté amitiés, il y eut des moments privilégiés avec Sonia et Yann, la rencontre traditionnelle avec notre ami Jean Marc, avec qui nous partageons joyeusement tant d‘affinités musicales, des instants d’échange avec Hiroko Ito, ou Laurent Derache, un repas détendu avec Soizik et Mathieu, la rencontre délicieuse avec une écouteuse attentive, qui se révéla être une lectrice de mon blog, et avec qui nous eûmes des échanges courts mais chargés de sympathie…

Côté sentimental, il y eut le plaisir de pouvoir écouter l’accordéon  de Marcel Azzolla   en appréciant d’entendre encore une fois ce son magnifique,  et sa voix chaleureuse et teintée d’humour…

Connaissance, Emotion, Amitié, Sentimental hours, c’est le cocktail unique et enivrant  de l’air de Tulle !

Un déni magique de …l’hiver qui vient !




mercredi 2 octobre 2013

TULLE à la rencontre du BANDONEON…







 Il y a des noms qui font rêver, des musiciens qu’on a entendus sur CD mais l’idée qu’ils puissent jouer devant vous , construire leur musique sous vos yeux et vous l’offrir à entendre en direct… !!!
C’est le cas de MOSALINI…
Il fait partie de ceux dont je demande à Michel, « Mosalini ? le grand ??? »
Et voilà qu’il est programmé aux Nuits de Nacre , en compagnie de  William Sabatier et Olivier Manoury…

J’ai la réponse : Mosalini , le Grand !
En l’écoutant l’autre soir au Théâtre des Sept collines à Tulle, j’ai entendu un son de bandonéon unique que j’aurais peine à qualifier tant je n’ai pas de connaissances techniques en musique, et tant je l’écoutais toute à l’écoute sans être capable de la moindre analyse …
Un son plein, vibrant, chaleureux et agile, qui donne à chanter dans sa tête, sont les seules connotations que je trouve …
Même la manière de frapper la pulsation sur le bandonéon m’a paru remarquable…
Même son guitariste , Edouardo Sanchez, semblait bénéficier de ce son magique….







Ses compagnons bandonéonistes, comble de plaisir, étaient à la hauteur de sa remarquable prestation
J’ai beaucoup aimé entendre William Sabatier, écouté jadis avec le trio P.S.P , un son différent, mais très beau, une sorte de puissance désespérée qui convient bien pour moi à l’idée de Tango..
« William Sabatier, à la gauche de J.-J. Mosalini, tendu comme une corde de violon. Habité par sa passion du tango et de son instrument. Le tango comme cérémonial. On sent que jouer du bandonéon, c'est un enjeu existentiel de première importance. » Michel, l’autre bistrot des accordéons 
Et une ouverture sur le musique argentine, passionnante : un compositeur que je ne connaissais pas Léopoldo Federico…


Tandis que  son maître Olivier Manoury, ouvrait un chemin excitant, que nous suivions volontiers, sur l’improvisation et la re-création du Tango


Il y eut d’autre part  un moment fort passionnant , dans l’intimité de l’espace Galliano, où William Sabatier et Olivier Manoury évoquèrent pour nous l’histoire du bandonéon, et ses compositeurs , Astor Piazzolla bien sûr,  mais bien d’autres Hannibal Troilo et Leopoldo Federico…
Ils  nous démontrèrent, avec virtuosité et simplicité, les différents styles de musique qui s’est jouée au bandonéon siuvant les lieux et les époques…



PASSIONNANT !