dimanche 12 novembre 2017

Quand Marc Perrone chante...

J'ai un jour écrit :"
Marc Perrone Le Grand.."!!!
Bien du temps a passé , et je suis toujours fière de lui avoir offert cette Epithète, qu'il n'a cessé de mériter en dépit des aléas de la vie ,qui ne réussirent pas à l'empêcher d'être ce sourire éclatant à la Chanson et aux Autres!

Et maintenant voilà qu'il nous offre comme friandise , un BABEL-GOMME salutaire vient à point pour conjurer l'hiver qui vient!

Mélodies inimitables chantant bellement l'Espoir et la Vie sur le mode mineur et allègre , la vie des humbles , la vie d'ailleurs , la vie des "originaires"et la nôtre aussi,la vie des copains de toujours qui accompagnent,fidèles, ce style unique , émouvant ; l'alchimie bouleversante d'un son diato, d'une voix,de mots de Poésie , d'une langue multiple et parfaite , la Nôtre...

Merci Merci Marc!
Quand tu chantes et joues pour nous , c'est un philtre magique contre la grisaille du monde ..

Tu saisis le "ressac de la mer"
de ..."La mer , la vaste mer qui console nos labeurs "

du Spleen de l'automne , du spleen du temps qui passe .
et   ....
Du soleil qui se couche trop tôt .... 
Tu nous redonnes la musique en partage!!




Et si je dis NOUS, c'est que partage il y a !!!
Lisez ce qu'avait écrit Michel :!!!!

mercredi 18 octobre 2017

Samuel Strouk : SILENT WALK

Quelle jolie audace de placer une œuvre musicale si personnelle et comme intime, sous le signe du Silence !






Car le silence est en exergue « Silent walk » de ce beau disque  et le silence en est au final  l’aboutissement dans le « lever de son  aube » …Dawn of Silence
D’ailleurs tous les titres me semblent résonner bien au deux sens du mot …je leur trouve une sonorité poétique , et  comme   le suggère Samuel Strouk, txous  connotent des résonnances imaginaires,  ouvertes à l’interprétation et au ressenti de ceux qui écoutent …
Si bien que moi qui aime tant  les mots et raffole des titres, qui donnent à rêver la musique, plus qu’à  l’analyser, ce dont je n’ai pas hélas  la compétence, je « pardonne » !!! à Samuel Strouk son choix exclusif de l’anglais  pour les inventer !

En revanche dans un premier temps je n’ai pas réellement au fil de l’écoute construit de connotations particulières titre par titre et me suis contentée  d’écouter,   car en fait on ressent d’emblée un Monde total dans lequel on plonge entièrement, tout au plaisir d’écouter..

Un monde onirique étrange, d’une évidente  Beauté…
On est capté, fasciné par ce monde et la sensation d’un Ailleurs à la fois étrange… et familier !
On pense à une Invitation au voyage à la manière de Baudelaire,  de l’ordre du rêve, ou plus simplement de la rêverie divagatrice…
 Un Ailleurs  quoique étrange,  nullement angoissant, tant il est mélodieux , et apaisé…
…« Qui nous parlerait à l’âme en secret
Sa douce langue natale »

Un monde  au plaisir duquel on s’abandonne d’abord sans chercher à analyser la multiplicité de ses plans sonores étroitement, intimement,  mêlés,  composés avec un raffinement élaboré  dans une fusion des sonorités, «  une fusion à la fois subtile et vibrante où chaque entité se fond avec les deux autres pour donner un son et une couleur uniques. Du grand Art »Michel Rebinguet

Si bien que la première écoute naïve (la mienne)   a peine à distinguer le son des différents  instruments.
Et puis on prend conscience que la délicieuse familiarité éprouvée, est celle des musiciens que nous aimons, que nous reconnaissons  à leur sonorité, à leur style : Vincent Peirani, François Salque, que nous aimons tant quand il joue avec Peirani, trop rarement en live à notre goût, Diego Imbert si présent dans le Piazzolla de Daniel Mille qu’on le reconnaitrait presque  comme  familier…
Et …dans ces familiers si chers à nos écoutes, la surprise délicieuse de la guitare de Samuel Strouk dont je ne connaissais que les talents de direction musicale par le Piazzolla de Daniel M. et dont je n’avais écouté la guitare que sur You tube, en duo avec justement François Salque( Café 1930)!

Quelle découverte que cette guitare, Samuel St !!!!
Et   découverte encore,  la clarinette de Florent Puijila …belle !

Et finalement à la énième écoute, boucle et reboucle,  je me « découvre »des  titres  préférés !
Des « qui chantent et rechantent, enchantent, et connotent… »

Remember in :
Couleur des graves, sombre, qui s’accorde bien avec la pensée nostalgique ( =qui souffre  de l’impossible retour…volver… )
Plaisir de la belle  mélodie, plus aigue, scandée,  qui  vient sur ces sombres impressions, la guitare s’égrène délicieusement, avant de « fondre » tout doucement…comme le souvenir !

Grey Street,
Déambulation grise dans une rue triste, que chaque  instrument tour à tour accompagne, chantant sa plainte mélodieuse ….

Zone Out
Grave, rythme frénétique , comme urbain,  rues étranges qui résonnent par le concours de tous les instruments qui se répondent sur tous les plans à la limite de la dissonance, puis finalement s’accordent …dans un tohubohu harmonieux , un  feu d’artifice final…

Sister
Merveille… ! Thèmes de tendresse, les sons se font plus clairs, la mélodie harmonieuse, étirée pour une émotion presque déchirante…

Dawn of silence :
Peut-être le plus étrange, celui dont le titre presque  paradoxal, fait le plus rêver, suscitant l’interrogation. Des rayons de silence ? Obliques, comme les premiers rayons  du soleil à l’aube, vibrant peu à peu, avant ceux plus chaleureux et colorés de l’aurore.
Ils moussent soudain de plus en plus rapides, s’éteignent peu à peu… ensuite  éclatent dans un dernier sursaut de cordes vibrantes, puis dans la gloire de sons multiples …
Le  Silence survient. Tout se tait …



Manque que Green B , mais ce n’est pas parce que c’est le plus long ,ce n’est pas qu’il ne chante pas pour moi,  mais c’est parce que je ne sais pas le sens du titre , bien que je trouve qu’il fond joliment dans la bouche…et que ses thèmes sont très beaux ….


Ça fait in fine beaucoup de « préférences »!!
 Bien des connotations de divagatrice,  qui n’épuisent pas les possibles  de rêveries à venir …
 Bien  des écoutes à renouveler…
 Bien des Pas Silencieux, à risquer sur les chemins aventureux  de cette Musique !






dimanche 8 octobre 2017

LITTERATURE, INCERTITUDES?





En littérature j’aime les Textes, en peinture j’aime les tableaux, en musique j’aime les œuvres !

Bien sûr je ne prétends pas  avoir fait la Révolution du Texte, mais je suis d’une génération d’étudiants, puis de profs de lettres,  qui a ambitionné de libérer le Texte de son contexte, de l’histoire littéraire, où il n’avait qu’un statut fragmentaire d’illustration, de la biographie, et de l’analyse des racines  dont naquirent les œuvres. 
Bref, sans faire fi de qui était l’auteur, de lire et relire d’abord l’œuvre, d’en découvrir son auteur à travers elle et non l’inverse !
A la fac quelques grands profs se penchaient encore sur la Psychanalyse,  sur le lien œdipien de Baudelaire ou de Rimbaud, les avatars d’enfance de Leconte de Lisle,  ou même de Valéry, pour y découvrir la clé de leur création … mais d’autres déjà, dans les pas desquels nous engagions les nôtres avec enthousiasme, tentaient de s’attacher primordialement aux  œuvres,  leur fonctionnement, leur structure, les réseaux qui se tissaient entre elles, au fur à mesure que nous les lisions,  les relisions, et en confrontions nos lectures avec patience et enthousiasme parfois  !  Je garde un souvenir ému du Prof qui nous fit découvrir Balzac, à partir du Lys dans la Vallée, puis en tenant  le fil  d’Ariane qui nous guidait à travers son œuvre…

Aujourd’hui que je ne suis plus « Entre les murs » de l’Ecole, je suis avec un intérêt divagateur, les livres et les films , et parfois, grâce à mes petites filles, je regarde par-dessus le mur, ne pouvant m’empêcher de m’intéresser à la manière dont on leur enseigne , la littérature, bien évidemment …
Et j’ai été récemment particulièrement frappée par le retour en force de ce qui pour moi était le « Para-texte » : contexte, biographies, qui parfois était éclairé et mis en exergue de la lecture de l’œuvre concernée…Rimbaud le fils, avant de lire des poèmes ,Le roman de Rabelais sans textes de Rabelais  ….
Je me sentis d’un autre monde et me suis mise à douter !!!

Et c’est alors que j’ai regardé d’un œil plus attentif beaucoup de créations dans les livres parus  ou les films , qui souvent étaient  des reprises ou des remakes, ou des adaptations contemporaines voire modernes,  et  j’ai découvert le monde productif  de la Biographie , «  Biopic » ou pas !
Deux Saint Laurent de sorties quasi simultanées ,  dont un, fort long au demeurant,  dans lequel, de Saint Laurent,  on ne voit qu’à peine qu’il dessine et crée des robes , un «  Barbara », biopic certes intéressant par un style original,  mais plutôt puzzle d’une vie  où la musique est omniprésente, mais seulement comme  un  filigrane essentiel , un fond sonore souvent , seulement  , dont l’enjeu artistique fondamental ne m’apparait pas ..  un récit primé de Patrick Deville Peste et choléra, qui raconte, avec  sans doute un recul esthétique méritoire , dans un savant désordre chronologique,  la vie de Yersin , en la croisant avec celle de  Rimbaud l’ Aventurier , Celui qui n’écrivait plus,..ce qui sans doute constitue , par son « écart au réel » l’apport  de création artistique   de l’auteur…
Aujourd’hui la vie de Jeanne Hébuterne …à lire : peut-être un roman d’amour ? Ou encore une plongée dans les arcanes de la création ?
 Pourquoi notre culture actuelle s’intéresse-t-elle davantage aux coulisses de l’Art, qu’à ses œuvres ?
Un grand penseur de l’Esthétique , Hegel pour ne pas le nommer, n’a-t-il  pas pourtant justement souligné «  qu ’il n’y a pas  de Grand Homme pour son valet de chambre » ?
Pourquoi la réalité semble-elle coller  aux créations ? la vie des artistes, les cheminements des artistes, les affres de la création , les cuisine des œuvres,  on se retrouve aujourd’hui comme naguère avec  le Nouveau roman, dans  le roman(ou l'histoire)  de la création  du récit , du film, de la chanson, de l’œuvre musicale…orchestrée de surcroit par les médias qui présentent le doc de la création du film… etc etc…

Heureusement ! il y a les polars !!!
« Pour la prose il y a les journaux
Il y a les livraisons […]pleines d’aventures policières
Portraits des grands hommes et mille titres divers » ZONE , Apollinaire


Non ! il y a des Polars , des Oeuvres !






Les polars de Fred Vargas, qui racontent des histoires et qui ne manquent ni d’insolite ni de trouvailles poétiques,  ceux de Dona Léon , de Thierry Bourcy….et tant d’autres …




Et  il y a les Séries ! Petites histoires de rien de tout qui inventent  du roman, des systèmes de personnages de composition ,  des univers  à la fois fictifs et qui parlent de notre réel , dont j’ose dire qu’ils relèvent de l’art du récit !!!!



Finalement, sont-ce  seulement les polars  (d’hier et d’aujourd’hui),  les Séries, et les feuilletons,  qui tout à coup me semblent créer le plus d’histoires et de personnages susceptibles de réussir  à remplir la fonction pour moi fondamentale de  déréaliser  le réel ,  pour nous y faire  réfléchir , par le fictif, le rêve , l’espoir…


JE NE SAIS…






Incertitudes , ô mes délices… !
 Vous et moi nous nous en allons 
Comme s'en vont les écrevisses 
A reculons, à reculons.


jeudi 21 septembre 2017

Rentrées , d'hier et d'aujourd'hui...

A ma mère...

J’ai une petite pensée émue  pour toi ma Maman, car seule de nous tous, tu aimais la Rentrée des classes !
Non,  je n’aime pas la rentrée !
Quand j’étais enfant puis adolescente, à l’école, au collège , au lycée, je travaillais avec détermination toujours, avec intérêt souvent, avec passion quelquefois …mais  ce qui en gâchait le goût , c’était la nécessité des notes , des compositions, des interrogations …Cette nécessité pesa constamment  sur mes élans !
Mais j’aimais bien sûr les copines , avec elles les trajets à vélo, ou plus encore à pied  : «  je t’accompagne , tu me raccompagnes »
Et puis venait l’été, et ce temps de parenthèse enchantée où le Temps était autre : lectures du soir jusqu’à pas d’heure, levers à dix heures ! maximum ! (notre mère jusque là silencieuse s’agitait, claquait portes  et volets)…
Alors de travail scolaire je ne faisais rien , rien ! rien de rien !!!
On ne faisait pas grand chose d’ailleurs  balades entre copains , piscine : « mais non il ne va pas pleuvoir...!" Quelques après midis à la plage, j’adorais déjà l’Océan (mais mon rêve aurait été d’y aller tout l’été, comme les voisins qui y avaient une  maison, mais on n’avait pas les moyens alors), petits voyages dans l’auto de Payou, en Bretagne, à Nice,  dans les Cévennes, petits séjours en Chalosse chez mon amie d’élection…
 Le sommet de l’été c’était les fêtes de Dax,  après le 15 aout !
A partir du 15 aout, ma grand-mère le disait  toujours : « On va à l’hiver » (rires…)
Mais déjà les soirs de bals de rue  de la Fête,  il faisait souvent frais, ou une petite averse !!!

Quand venait le fatidique 1er octobre, la cour aux platanes du collège : gamines on y jouait aux gendarmes et aux voleurs,  puis plus grandes, on l’arpentait bras dessus bras dessous, en se disant des secrets, ou en reluquant les quatre malheureux « philosophes » , comprenez les quatre élèves mâles,  admis au collège de jeunes filles pour faire leur année dans la classe de Philo !
Alors, le soir qui tombait de plus en plus vite ne me pesait pas,  alors , l’arrivée le matin après  le noir  du chemin, dans l’accueil,  la chaleur et l’animation du grand hall du collège,  la cheminée de la maison avec mes parents, à la veillée, l’espoir qu’un jour il neigerait,  peut-être !!!... l’amitié, les rires, le cinéma le dimanche après midi…suffisaient à rendre douillet ce temps de devoirs du soir, et de classes du jour…
Ce qui ne m’empêchait pas  de détester, plus encore que le déclin des températures et le déclin croissant du jour, l’enfermement dans les tâches obligatoires, stressantes autant que parfois passionnantes…
"RENTRER", pour l’enfant et l’adolescente  que j’ai été, c’était bien symbolique ! Fini  l’air libre, les couchers de soleil glorieux et interminables, les soirs sur la terrasse.
La  baisse de la lumière, c’était la   fin de l’été,  redouté dès fin aout, la fin d’une certaine liberté, d’une « vacance » de farniente.
"RENTRER" …la représentation la pire que j’en ai vécue, car la plus symbolique, ce fut ma Rentrée à l’internat de l’Ecole Normale de Bordeaux ! j’en ressens encore l’impression d’enfermement éprouvée alors  : plus de jardin, mais un parc figé de lycée , plus les rues paresseuses de ma petite ville, plus l’évasion vers les bois proches , plus les soirées au chaud de la lampe avec mes parents, mais l’ interdiction de sortir des Murs seule, dans l’univers minéral , superbe, de calcaire noirci,   de la froide et si belle ville !!!
Bien du temps a passé, où je m’accoutumai à ce nouvel univers, à sa beauté, à la chaleur de la vie communautaire de la pension…
Puis les rencontres, Michel,  la liberté de la Fac, le Maroc comme débutante, la fréquentation passionnante des textes et des élèves …
Bien du temps a passé, mais, aujourd’hui comme alors, et comme chaque année durant toutes mes années d’un métier que pourtant j’adorais, j’ai détesté la rentrée !

Aujourd’hui comme alors, aujourd’hui que la « vacance » parfois peut signifier « liberté » mais aussi  « vide »,   je n’aime toujours  pas la rentrée !!!

Et c’est alors, ma Mérotte, que je pense à toi, parmi nos mines déconfites, avec ta figure lumineuse et joyeuse à l’idée des attentes, des rencontres nouvelles et des travaux nouveaux, que tu entreprendrais (et tu en as sans hésiter entrepris beaucoup et de très nouveaux ) Toi qui avais eu  dans doute des rentrées bien difficiles dans des postes inconnus, perdus dans le Bordelais , loin des tiens, en train , à vélo, à pied ! Toi qui avais gardé comme un émerveillement de l’Aventure que t’ouvrait chaque année !

Joyeuse, souriante, détendue, tu Rentrais !

Merci… pour cet émerveillement et sa leçon d’allégresse !




mercredi 23 août 2017

Fanny Azzuro: Impressions 1905 : Connotations subjectives….

  

Impression 1905, un beau disque bien nommé !


Car si je suis captivée par le piano de Fanny , si je suis fort intéressée par la remarquable notice de ce CD,  documentée et d’une grande précision technique, une aide précieuse à comprendre et écouter, je suis malgré tout incapable d’ analyser la maîtrise technique de ce fascinant piano…
Bien nommé ce disque : auteurs du début du 20ème, Ravel , Debussy, Albeniz, qui m’ont toujours intéressée  , mais dont en même temps la musique novatrice et personnelle est pour moi non hermétique mais techniquement un peu difficile à apprécier …
En revanche, si elle se refuse à être figurative, elle est tout à fait propice à la connotation , aux « correspondances », qu’elle suscite d’ailleurs par ses titres , qui ouvrent des horizons multiples à l’ « écouteuse » amateur que je suis :
 « Miroirs », accès poétique rituel à l’Imaginaire, « Noctuelles » nom rare  et musical  des papillons de nuit, qui connote je ne sais quel monde sonore fait de nuit et de frottements d’ailes, timides et délicats,  « Oiseaux tristes » qui me rappellent « Los pajaros  perdidos » de Piazzolla, « Une barque oubliée », attente et nostalgie, «  Alborada del gracioso, » une aube de pitre…toute en contrastes…
Ravel , j’essaie souvent à ma manière buissonnière d’écouter sa musique, ce que j’en connais et que j’aime, avec obstination, pour qu’il me devienne familier . J’ai aussi trouvé un joli livre modeste « les Forêts de Ravel »qui  évoque son patriotisme  obstiné, son désir de faire la guerre comme les autres, son lien avec sa mère , son goût pour les forêts profondes et… pour la mer !
Et le piano de Fanny si créatif d’impressions, son toucher  précis et léger, et à la fois sonore de résonances


profondes est bien apte à nous introduire dans ce monde liquide , dont les ondes se diffusent et se répondent, et coulent en cascades de notes…
Quant à Debussy, merveille de sa citation placée en exergue du CD 


« Rien n’est plus musical qu’un coucher de soleil » de  ce titre « Images », de son aveu :« aimer presque ‘autant les images que la musique ».Ne sont-ils  pas pour moi une raison poétique d’évoquer  des images d’eaux agitées d’un rythme sonore  rapide ou lent, mais régulier  et toujours musical. Et en écoutant ces  « Reflets dans l’eau » je ne peux m’empêcher d’admirer l’extrême virtuosité de Fanny qui ne s’avoue  pas mais réussit à faire surgir l’impression captivantes de  simples « reflets dans l’eau « 
Je pense à Rousseau :
«  le bruit des vagues et l'agitation de l'eau fixant mes sens et chassant de mon âme toute autre agitation la plongeaient dans une rêverie délicieuse où la nuit me surprenait souvent sans que je m'en fusse aperçu. Le flux et reflux de cette eau, son bruit continu mais renflé par intervalles frappant sans relâche mon oreille et mes yeux, suppléaient aux mouvements internes que la rêverie éteignait en moi et suffisaient pour me faire sentir avec plaisir mon existence sans prendre la peine de penser
… »1

Quant à  Albeniz, Impressions encore , mais pour moi de colorations bien différentes , ni plans d’eau ni nature grandiose ou sauvage, mais la ville , foisonnante de vies agitées. Sons chauds et rythmes de danses…
Iberia éveille la double correspondance du monde dansant d’une Espagne rêvée, riche de danses aussi dansantes que contrastées,   avec des rythmes scandés, évoquant des foules et une vie frénétiques, à tous les coins des quartiers suggérés par les tires :El Albaicin, El Polo, Lavapiés…. Et en même temps, une sorte de tristesse tragique et sombre…La coloration du son du piano peut être très  différente, mais sa virtuosité est aussi remarquable, quoique je pense une fois encore ne pas en mesurer le difficulté technique , tant une fois encore le jeu semble aisé .Virtuosité remarquable dans les danses diverses aux frénésies suggérées : c’est un vertige de notes superbes dont la technique certes  m’échappe mais dont l’effet me saisit et m’enchante !

Notes jaillissant de mains virtuoses … Images … évocations
Bonjour Ravel , Debussy, Albeniz…. !!!
Merci Fanny !









Ps1 : Rousseau, Cinquième Promenade :
 De quoi jouit-on dans une pareille situation ? De rien d'extérieur à soi, de rien sinon de soi-même et de sa propre existence, tant que cet état dure on se suffit à soi-même comme Dieu. Le sentiment de l'existence dépouillé de toute autre affection est par lui-même un sentiment précieux de contentement et de paix,


lundi 7 août 2017

Vincent PEIRANI et Michel PORTALà Tarnos: un superbe rendez-vous!



Cela ne faisait en fait qu’un peu plus d’un an que nous avions écouté Vincent Peirani  à la Salle Nougaro de Toulouse (avec Living Being et Emile Parisien…)
Et pourtant ce temps nous avait paru fort long !
Notre vie  d’amateurs de musique suit deux chemins un peu aléatoires, d’une part des chemins de découverte au hasard des rencontres avec des musiciens et leur musique, des chemins placés sous le signe de la curiosité, du désir de découverte, du souci de comprendre du nouveau, d’autres instruments, d’autres rythmes , d’autres couleurs…D’autre part la fréquentation obstinée d’une musique que je qualifierais , selon le mot du vieux G…, un voisin de ma sœur, « immigré de Franco », de « Nourritura », auteurs, interprètes et instruments d’élection . Réécoutes réitérées de CD, rendez-vous  qui scandent nos saisons, jalonnent nos tristesses et nos joies, comme des Voix indispensables pour animer le souvenir du passé, la joie éphémère du présent , et conjurer les angoisses de l’avenir… Vincent Peirani, Richard Galliano , et Daniel Mille en sont « les Phares » !
Bref, et voilà qu’après une saison hivernale aride de musique,  le duo de Peirani Portal découvert à Perpignan






en 2013, je le trouve programmé à Tarnos ce vendredi 21 juillet !
Dans cette salle modeste , un environnement dans lequel on ressent toujours les traces d’une culture   politique populaire et militante. Dans cette salle, une organisation impeccable, un public chaleureux et complice , un climat d’intimité ,  ce fut un concert magique.
Le duo Portal Peirani est prodigieux , en  contrastes et connivences. Contrastes des âges et des personnalités : Michel Portal fragile et tendu, tout en nerfs et inquiétude , animé d’ une vivacité que l’âge n’altère pas et Vincent Peirani, lumineux de chaleur humaine, et en apparence détendu et comme nonchalant, d’une virtuosité époustouflante  …Connivences de l’humour partagé, et les  récits drôles mais attendrissants d’anecdotes de leur vie de musique, personnelle ou  partagée : Trois temps pour Michel P.Cuba si Cuba no, P et H, Max mon amour, P et H …

Chorus qui donnent à chacun l’espace pour s’exprimer, sous l’attention tendue de l’autre . Portal, s’asseyant pendant que s’inscrivent sur son visage les marques  des sentiments ressentis , indiquant de la main son tour à Vincent …Vincent tourné vers lui, en attente,  puis soudain renversant la têt, regard détourné, comme cherchant ailleurs , comme possédé par la musique que l’ouverture de Michel lui inspire
Unité et diversité dans la composition du concert : des morceaux bien connus de nous et particulièrement aimés, « le Choral » de Vincent Peirani , le fameux « Trois temps pour Michel P. » , et l’anecdote inhérente, « le Cuba si Cuba no » de Portal, d’autres moins familiers, «Blow avec Vincent Up" de M. P ,des clins d’oeil  «  Dancers in love » de Duke Ellington, un classique du duo avec Emile Parisien, « B et H »,  une pensée pour  Henri Texier, et le « Face to face » composé pour Galliano, « rien que ça !» et un souvenir ému  pour Eddie Louis…
Et des nouveautés, et la curiosité en alerte, dont  le Face to face et un morceau de musique inspiré à M. P. par la Colombie en rappel, «  Max mon amour" de M. P. en rappel, et quatre rappels dans l’enthousiasme …

Et «  bouquet  final », parler un moment avec  Vincent , avec nos deux petites, enchantées, échanger sur sa  musique et la soirée,  et de notre plaisir de l’avoir vécue …et les projets à venir que peut-être nous aurons la chance de  partager…


Dommage que nous n’ayons aucun enregistrement de ce duo magique , mais le souvenir déjà de cette soirée nous aidera à attendre le prochain rendez-vous !!!




mercredi 19 juillet 2017

Enigmatique SUN DEW, Héloïse Lefebvre et Paul Audoynaud


Nous avions rencontré le violon d’Héloïse dans le trio Elbasan, où elle accompagnait Chsistian Toucas et Thierry Vaillot, et nous en aimions sa lumineuse et allègre virtuosité…Et puis …plus tard par hasard, au Mandala, par  une fin d’après midi de printemps ;, nous l’avions retrouvée, en duo avec Paul Audoynaud …
« … j’ai aimé vraiment Héloïse Lefebvre : son jeu virtuose, tzigane, brillant…mais aussi personnel, avec des rondeurs mélodiques, en somme …
Et voilà que nous la retrouvons, grâce à Facebook ! Dénigre qui le veut les « amis » de Facebook !, je persiste à aimer ce Hasard sans doute Objectif, pour les rencontres qu’ il nous offre parfois !!!
Le duo d’Héloïse et de Paul Audoynaud s’est enrichi de sonorités multiples, et d’expériences nouvelles ! Les voilà partis à Berlin pour y créer un album au titre énigmatique SUN DEW !

…Dont j’ai cherché le sens  sur Reverso… : « Drosera » ???



Et le fil des correspondances se met en marche…Une fleur si « belle et si vénéneuse »…Mais qui soigne aussi, en Homéopathie…Une « Fleur du Mal » en somme dont le nom convient particulièrement  bien à certains morceaux :  par exemple Insane Headache, ostinato qui martèle avec une insistance presque douloureuse

Le violon d’Héloïse est toujours aussi présent, conduit la ligne directrice, les cordes graves, le violoncelle  de Liron Yariv  en particulier, et la contrebasse, l’accompagnent et la soutiennent,  sur le fond puissant de la batterie et des guitares.
Et parfois  sa virtuosité sert avec brio une sorte d’audace musicale frôlant la dissonane,  mais revenant toujours à une harmonie quasi classique : Ainsi Méandres le bien nommé où le très beau thème  joue dans  la diversité des sons amis, ou L’Echo du songe où après des notes liquides et les basses,  le violon chante de manière déchirante…..

Souvent la ligne pure du violon ouvre et file le thème puis se trouve prise dans le foisonnement des sons , une sorte de tohu-bohu  infiniment mélodieux ,  qui dessine des plans de graves variés où l’on saisit le violoncelle, la contrebasse, les guitares,  et l’omniprésente batterie …
Je trouve personnellement que le violon, virtuose et très beau, a dans cette œuvre une coloration de tristesse poignante mais   douce, qui, alliée aux sons particuliers des percussions, me suggère subjectivement  des connotations de jeux d’eau éclatant en pluie de gouttes lumineuses …Et je serais tentée de donner au titre la traduction que j’en avais inventée, (avant qu’Héloïse et Paul Aud.me suggèrent dans le trailer le « drosera »  . la traduction de « Rosée de soleil » !

Atmosphère d’ombre et de bruits d’eaux secrètes , et je pense à Verlaine :

Et leur chanson se mêle au clair de lune,

Au calme clair de lune triste et beau,
Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres
Et sangloter d'extase les jets d'eau,
Les grands jets d'eau sveltes parmi les marbres..

…Etrangeté et effet de surréel, que renforcent certains titres : L’ écho du Songe,  Tones from Backwoods ,  Méandres…un Monde surgit, reculé, fascinant, qui attire et résiste…

Musique un peu énigmatique, et donc difficile, mais ô combien envoûtante…
Je pense à certaines poésies hermétiques,  qu’on ne comprend pas d’entrée mais auxquelles on s’attache et qu’on  se redit encore et encore ….comme si le sens qui se révèlerait trop directement épuisait le plaisir esthétique …

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