jeudi 21 septembre 2017

Rentrées , d'hier et d'aujourd'hui...

A ma mère...

J’ai une petite pensée émue  pour toi ma Maman, car seule de nous tous, tu aimais la Rentrée des classes !
Non,  je n’aime pas la rentrée !
Quand j’étais enfant puis adolescente, à l’école, au collège , au lycée, je travaillais avec détermination toujours, avec intérêt souvent, avec passion quelquefois …mais  ce qui en gâchait le goût , c’était la nécessité des notes , des compositions, des interrogations …Cette nécessité pesa constamment  sur mes élans !
Mais j’aimais bien sûr les copines , avec elles les trajets à vélo, ou plus encore à pied  : «  je t’accompagne , tu me raccompagnes »
Et puis venait l’été, et ce temps de parenthèse enchantée où le Temps était autre : lectures du soir jusqu’à pas d’heure, levers à dix heures ! maximum ! (notre mère jusque là silencieuse s’agitait, claquait portes  et volets)…
Alors de travail scolaire je ne faisais rien , rien ! rien de rien !!!
On ne faisait pas grand chose d’ailleurs  balades entre copains , piscine : « mais non il ne va pas pleuvoir...!" Quelques après midis à la plage, j’adorais déjà l’Océan (mais mon rêve aurait été d’y aller tout l’été, comme les voisins qui y avaient une  maison, mais on n’avait pas les moyens alors), petits voyages dans l’auto de Payou, en Bretagne, à Nice,  dans les Cévennes, petits séjours en Chalosse chez mon amie d’élection…
 Le sommet de l’été c’était les fêtes de Dax,  après le 15 aout !
A partir du 15 aout, ma grand-mère le disait  toujours : « On va à l’hiver » (rires…)
Mais déjà les soirs de bals de rue  de la Fête,  il faisait souvent frais, ou une petite averse !!!

Quand venait le fatidique 1er octobre, la cour aux platanes du collège : gamines on y jouait aux gendarmes et aux voleurs,  puis plus grandes, on l’arpentait bras dessus bras dessous, en se disant des secrets, ou en reluquant les quatre malheureux « philosophes » , comprenez les quatre élèves mâles,  admis au collège de jeunes filles pour faire leur année dans la classe de Philo !
Alors, le soir qui tombait de plus en plus vite ne me pesait pas,  alors , l’arrivée le matin après  le noir  du chemin, dans l’accueil,  la chaleur et l’animation du grand hall du collège,  la cheminée de la maison avec mes parents, à la veillée, l’espoir qu’un jour il neigerait,  peut-être !!!... l’amitié, les rires, le cinéma le dimanche après midi…suffisaient à rendre douillet ce temps de devoirs du soir, et de classes du jour…
Ce qui ne m’empêchait pas  de détester, plus encore que le déclin des températures et le déclin croissant du jour, l’enfermement dans les tâches obligatoires, stressantes autant que parfois passionnantes…
"RENTRER", pour l’enfant et l’adolescente  que j’ai été, c’était bien symbolique ! Fini  l’air libre, les couchers de soleil glorieux et interminables, les soirs sur la terrasse.
La  baisse de la lumière, c’était la   fin de l’été,  redouté dès fin aout, la fin d’une certaine liberté, d’une « vacance » de farniente.
"RENTRER" …la représentation la pire que j’en ai vécue, car la plus symbolique, ce fut ma Rentrée à l’internat de l’Ecole Normale de Bordeaux ! j’en ressens encore l’impression d’enfermement éprouvée alors  : plus de jardin, mais un parc figé de lycée , plus les rues paresseuses de ma petite ville, plus l’évasion vers les bois proches , plus les soirées au chaud de la lampe avec mes parents, mais l’ interdiction de sortir des Murs seule, dans l’univers minéral , superbe, de calcaire noirci,   de la froide et si belle ville !!!
Bien du temps a passé, où je m’accoutumai à ce nouvel univers, à sa beauté, à la chaleur de la vie communautaire de la pension…
Puis les rencontres, Michel,  la liberté de la Fac, le Maroc comme débutante, la fréquentation passionnante des textes et des élèves …
Bien du temps a passé, mais, aujourd’hui comme alors, et comme chaque année durant toutes mes années d’un métier que pourtant j’adorais, j’ai détesté la rentrée !

Aujourd’hui comme alors, aujourd’hui que la « vacance » parfois peut signifier « liberté » mais aussi  « vide »,   je n’aime toujours  pas la rentrée !!!

Et c’est alors, ma Mérotte, que je pense à toi, parmi nos mines déconfites, avec ta figure lumineuse et joyeuse à l’idée des attentes, des rencontres nouvelles et des travaux nouveaux, que tu entreprendrais (et tu en as sans hésiter entrepris beaucoup et de très nouveaux ) Toi qui avais eu  dans doute des rentrées bien difficiles dans des postes inconnus, perdus dans le Bordelais , loin des tiens, en train , à vélo, à pied ! Toi qui avais gardé comme un émerveillement de l’Aventure que t’ouvrait chaque année !

Joyeuse, souriante, détendue, tu Rentrais !

Merci… pour cet émerveillement et sa leçon d’allégresse !




mercredi 23 août 2017

Fanny Azzuro: Impressions 1905 : Connotations subjectives….

  

Impression 1905, un beau disque bien nommé !


Car si je suis captivée par le piano de Fanny , si je suis fort intéressée par la remarquable notice de ce CD,  documentée et d’une grande précision technique, une aide précieuse à comprendre et écouter, je suis malgré tout incapable d’ analyser la maîtrise technique de ce fascinant piano…
Bien nommé ce disque : auteurs du début du 20ème, Ravel , Debussy, Albeniz, qui m’ont toujours intéressée  , mais dont en même temps la musique novatrice et personnelle est pour moi non hermétique mais techniquement un peu difficile à apprécier …
En revanche, si elle se refuse à être figurative, elle est tout à fait propice à la connotation , aux « correspondances », qu’elle suscite d’ailleurs par ses titres , qui ouvrent des horizons multiples à l’ « écouteuse » amateur que je suis :
 « Miroirs », accès poétique rituel à l’Imaginaire, « Noctuelles » nom rare  et musical  des papillons de nuit, qui connote je ne sais quel monde sonore fait de nuit et de frottements d’ailes, timides et délicats,  « Oiseaux tristes » qui me rappellent « Los pajaros  perdidos » de Piazzolla, « Une barque oubliée », attente et nostalgie, «  Alborada del gracioso, » une aube de pitre…toute en contrastes…
Ravel , j’essaie souvent à ma manière buissonnière d’écouter sa musique, ce que j’en connais et que j’aime, avec obstination, pour qu’il me devienne familier . J’ai aussi trouvé un joli livre modeste « les Forêts de Ravel »qui  évoque son patriotisme  obstiné, son désir de faire la guerre comme les autres, son lien avec sa mère , son goût pour les forêts profondes et… pour la mer !
Et le piano de Fanny si créatif d’impressions, son toucher  précis et léger, et à la fois sonore de résonances


profondes est bien apte à nous introduire dans ce monde liquide , dont les ondes se diffusent et se répondent, et coulent en cascades de notes…
Quant à Debussy, merveille de sa citation placée en exergue du CD 


« Rien n’est plus musical qu’un coucher de soleil » de  ce titre « Images », de son aveu :« aimer presque ‘autant les images que la musique ».Ne sont-ils  pas pour moi une raison poétique d’évoquer  des images d’eaux agitées d’un rythme sonore  rapide ou lent, mais régulier  et toujours musical. Et en écoutant ces  « Reflets dans l’eau » je ne peux m’empêcher d’admirer l’extrême virtuosité de Fanny qui ne s’avoue  pas mais réussit à faire surgir l’impression captivantes de  simples « reflets dans l’eau « 
Je pense à Rousseau :
«  le bruit des vagues et l'agitation de l'eau fixant mes sens et chassant de mon âme toute autre agitation la plongeaient dans une rêverie délicieuse où la nuit me surprenait souvent sans que je m'en fusse aperçu. Le flux et reflux de cette eau, son bruit continu mais renflé par intervalles frappant sans relâche mon oreille et mes yeux, suppléaient aux mouvements internes que la rêverie éteignait en moi et suffisaient pour me faire sentir avec plaisir mon existence sans prendre la peine de penser
… »1

Quant à  Albeniz, Impressions encore , mais pour moi de colorations bien différentes , ni plans d’eau ni nature grandiose ou sauvage, mais la ville , foisonnante de vies agitées. Sons chauds et rythmes de danses…
Iberia éveille la double correspondance du monde dansant d’une Espagne rêvée, riche de danses aussi dansantes que contrastées,   avec des rythmes scandés, évoquant des foules et une vie frénétiques, à tous les coins des quartiers suggérés par les tires :El Albaicin, El Polo, Lavapiés…. Et en même temps, une sorte de tristesse tragique et sombre…La coloration du son du piano peut être très  différente, mais sa virtuosité est aussi remarquable, quoique je pense une fois encore ne pas en mesurer le difficulté technique , tant une fois encore le jeu semble aisé .Virtuosité remarquable dans les danses diverses aux frénésies suggérées : c’est un vertige de notes superbes dont la technique certes  m’échappe mais dont l’effet me saisit et m’enchante !

Notes jaillissant de mains virtuoses … Images … évocations
Bonjour Ravel , Debussy, Albeniz…. !!!
Merci Fanny !









Ps1 : Rousseau, Cinquième Promenade :
 De quoi jouit-on dans une pareille situation ? De rien d'extérieur à soi, de rien sinon de soi-même et de sa propre existence, tant que cet état dure on se suffit à soi-même comme Dieu. Le sentiment de l'existence dépouillé de toute autre affection est par lui-même un sentiment précieux de contentement et de paix,


lundi 7 août 2017

Vincent PEIRANI et Michel PORTALà Tarnos: un superbe rendez-vous!



Cela ne faisait en fait qu’un peu plus d’un an que nous avions écouté Vincent Peirani  à la Salle Nougaro de Toulouse (avec Living Being et Emile Parisien…)
Et pourtant ce temps nous avait paru fort long !
Notre vie  d’amateurs de musique suit deux chemins un peu aléatoires, d’une part des chemins de découverte au hasard des rencontres avec des musiciens et leur musique, des chemins placés sous le signe de la curiosité, du désir de découverte, du souci de comprendre du nouveau, d’autres instruments, d’autres rythmes , d’autres couleurs…D’autre part la fréquentation obstinée d’une musique que je qualifierais , selon le mot du vieux G…, un voisin de ma sœur, « immigré de Franco », de « Nourritura », auteurs, interprètes et instruments d’élection . Réécoutes réitérées de CD, rendez-vous  qui scandent nos saisons, jalonnent nos tristesses et nos joies, comme des Voix indispensables pour animer le souvenir du passé, la joie éphémère du présent , et conjurer les angoisses de l’avenir… Vincent Peirani, Richard Galliano , et Daniel Mille en sont « les Phares » !
Bref, et voilà qu’après une saison hivernale aride de musique,  le duo de Peirani Portal découvert à Perpignan






en 2013, je le trouve programmé à Tarnos ce vendredi 21 juillet !
Dans cette salle modeste , un environnement dans lequel on ressent toujours les traces d’une culture   politique populaire et militante. Dans cette salle, une organisation impeccable, un public chaleureux et complice , un climat d’intimité ,  ce fut un concert magique.
Le duo Portal Peirani est prodigieux , en  contrastes et connivences. Contrastes des âges et des personnalités : Michel Portal fragile et tendu, tout en nerfs et inquiétude , animé d’ une vivacité que l’âge n’altère pas et Vincent Peirani, lumineux de chaleur humaine, et en apparence détendu et comme nonchalant, d’une virtuosité époustouflante  …Connivences de l’humour partagé, et les  récits drôles mais attendrissants d’anecdotes de leur vie de musique, personnelle ou  partagée : Trois temps pour Michel P.Cuba si Cuba no, P et H, Max mon amour, P et H …

Chorus qui donnent à chacun l’espace pour s’exprimer, sous l’attention tendue de l’autre . Portal, s’asseyant pendant que s’inscrivent sur son visage les marques  des sentiments ressentis , indiquant de la main son tour à Vincent …Vincent tourné vers lui, en attente,  puis soudain renversant la têt, regard détourné, comme cherchant ailleurs , comme possédé par la musique que l’ouverture de Michel lui inspire
Unité et diversité dans la composition du concert : des morceaux bien connus de nous et particulièrement aimés, « le Choral » de Vincent Peirani , le fameux « Trois temps pour Michel P. » , et l’anecdote inhérente, « le Cuba si Cuba no » de Portal, d’autres moins familiers, «Blow avec Vincent Up" de M. P ,des clins d’oeil  «  Dancers in love » de Duke Ellington, un classique du duo avec Emile Parisien, « B et H »,  une pensée pour  Henri Texier, et le « Face to face » composé pour Galliano, « rien que ça !» et un souvenir ému  pour Eddie Louis…
Et des nouveautés, et la curiosité en alerte, dont  le Face to face et un morceau de musique inspiré à M. P. par la Colombie en rappel, «  Max mon amour" de M. P. en rappel, et quatre rappels dans l’enthousiasme …

Et «  bouquet  final », parler un moment avec  Vincent , avec nos deux petites, enchantées, échanger sur sa  musique et la soirée,  et de notre plaisir de l’avoir vécue …et les projets à venir que peut-être nous aurons la chance de  partager…


Dommage que nous n’ayons aucun enregistrement de ce duo magique , mais le souvenir déjà de cette soirée nous aidera à attendre le prochain rendez-vous !!!




mercredi 19 juillet 2017

Enigmatique SUN DEW, Héloïse Lefebvre et Paul Audoynaud


Nous avions rencontré le violon d’Héloïse dans le trio Elbasan, où elle accompagnait Chsistian Toucas et Thierry Vaillot, et nous en aimions sa lumineuse et allègre virtuosité…Et puis …plus tard par hasard, au Mandala, par  une fin d’après midi de printemps ;, nous l’avions retrouvée, en duo avec Paul Audoynaud …
« … j’ai aimé vraiment Héloïse Lefebvre : son jeu virtuose, tzigane, brillant…mais aussi personnel, avec des rondeurs mélodiques, en somme …
Et voilà que nous la retrouvons, grâce à Facebook ! Dénigre qui le veut les « amis » de Facebook !, je persiste à aimer ce Hasard sans doute Objectif, pour les rencontres qu’ il nous offre parfois !!!
Le duo d’Héloïse et de Paul Audoynaud s’est enrichi de sonorités multiples, et d’expériences nouvelles ! Les voilà partis à Berlin pour y créer un album au titre énigmatique SUN DEW !

…Dont j’ai cherché le sens  sur Reverso… : « Drosera » ???



Et le fil des correspondances se met en marche…Une fleur si « belle et si vénéneuse »…Mais qui soigne aussi, en Homéopathie…Une « Fleur du Mal » en somme dont le nom convient particulièrement  bien à certains morceaux :  par exemple Insane Headache, ostinato qui martèle avec une insistance presque douloureuse

Le violon d’Héloïse est toujours aussi présent, conduit la ligne directrice, les cordes graves, le violoncelle  de Liron Yariv  en particulier, et la contrebasse, l’accompagnent et la soutiennent,  sur le fond puissant de la batterie et des guitares.
Et parfois  sa virtuosité sert avec brio une sorte d’audace musicale frôlant la dissonane,  mais revenant toujours à une harmonie quasi classique : Ainsi Méandres le bien nommé où le très beau thème  joue dans  la diversité des sons amis, ou L’Echo du songe où après des notes liquides et les basses,  le violon chante de manière déchirante…..

Souvent la ligne pure du violon ouvre et file le thème puis se trouve prise dans le foisonnement des sons , une sorte de tohu-bohu  infiniment mélodieux ,  qui dessine des plans de graves variés où l’on saisit le violoncelle, la contrebasse, les guitares,  et l’omniprésente batterie …
Je trouve personnellement que le violon, virtuose et très beau, a dans cette œuvre une coloration de tristesse poignante mais   douce, qui, alliée aux sons particuliers des percussions, me suggère subjectivement  des connotations de jeux d’eau éclatant en pluie de gouttes lumineuses …Et je serais tentée de donner au titre la traduction que j’en avais inventée, (avant qu’Héloïse et Paul Aud.me suggèrent dans le trailer le « drosera »  . la traduction de « Rosée de soleil » !

Atmosphère d’ombre et de bruits d’eaux secrètes , et je pense à Verlaine :

Et leur chanson se mêle au clair de lune,

Au calme clair de lune triste et beau,
Qui fait rêver les oiseaux dans les arbres
Et sangloter d'extase les jets d'eau,
Les grands jets d'eau sveltes parmi les marbres..

…Etrangeté et effet de surréel, que renforcent certains titres : L’ écho du Songe,  Tones from Backwoods ,  Méandres…un Monde surgit, reculé, fascinant, qui attire et résiste…

Musique un peu énigmatique, et donc difficile, mais ô combien envoûtante…
Je pense à certaines poésies hermétiques,  qu’on ne comprend pas d’entrée mais auxquelles on s’attache et qu’on  se redit encore et encore ….comme si le sens qui se révèlerait trop directement épuisait le plaisir esthétique …

.

lundi 26 juin 2017

DESARROI MUSICAL....


Il y a tant et tant d’artistes  et d’interprètes que nous adorons et je vous assure que s’il y  a beaucoup d’accordéonistes parmi eux, il y a aussi des saxos, des trompettes, même des tuba,  des violons et des violoncelles, et…des pianos !
A certains moments la chance a voulu que  nos choix aient été « validés » par la critique, et les critiques, et, aussi et surtout,  par le public, et même un public assez éclectique  et divers…
Sans même parler  du grand Richard (Galliano !) qui remplissait facilement ses salles, des plus prestigieuses à d’autres plus humbles, et consentait à honorer de sa présence  de tant de modestes endroits  organisateurs de festivals, et nous entrainait à sa suite certes au New Morning , à Gaveau, et à la Halle aux grains de Toulouse ,ou dans les Carrières de Junas, ou sous le chapiteau et la Strada de Marciac,  mais aussi en de multiples lieux de la France profonde , à Limoux , à Sète, à Oloron , à Conhillac , à Saint Martin du Crau, à Arcachon…à Orthez…à Foix ,…à Castres, à Carmaux, à Trentels, à Pau , à Capbreton, et  récemment à Seignosse ! J’admirais –bien sûr !- sa constance éclectique à promouvoir sa magnifique musique et son instrument autrefois mal –aimé !
C’était le moment où Lionel Suarez était invité de partout, où Vincent Peirani raflait toutes les Victoires, , ou Daniel Mille que nous avions  poursuivi jusqu’aux caves de Caverac  et aussi à Junas,    venait souvent  à Toulouse ,  où Renaud Garcia fons venait à Orthez parfois avec David venitucci,

C’était le moment ou Alex Duthil invitait nos amis !!! pour être juste il persiste dans ces invitations ce ceux que nous aimons , mais à ce moment –là, ceux-ci étaient fréquemment sollicités par France 2, France musique,  et leurs interviews par Elise Lucet ou leur participation chez Jean-François Ziegel faisaient nous délices …
C’était aussi, il faut bien l’avouer, et SE l’avouer ,  l’époque où , pleins d’énergie nous-mêmes,  nous courions les concerts en train , en voiture,   de Nimes, à Paris, à Bordeaux, à Marmande, à Bourg st Andéol, …et à Tulle !
Marciac d’était chez nous …et peu nous importaient les 50km de route sinueuse qui nous ramenaient  chez nous à deux heures  et demie du matin…
Mais  voilà qu’ont  passé les enthousiasmes de toutes ces  petites salles si intimes, chaleureuses autant que valeureuses,  ou qu’ont  disparu leurs moyens ? ou qu’ont  changé les goûts ? J’ai peine à admettre cette dernière hypothèse, tant ces musiciens me paraissent dépasser la mode passagère , tant leurs qualités musicales et « poétiques » (au sens grec : puissance de Faire , créativité) me paraissent infrangibles… !


Alors j’observe que dans les agendas de ces lieux si enthousiastes et valeureux  s’insinuent et occupent peu à peu  tout l’espace , du  théâtre, du cirque, de l’Humour …
Et  nous-mêmes  dans la bourrasque des deuils et des soucis familiaux nous cédons à la fatigue, tout nous paraît plus loin, nous trouvons Bordeaux compliqué , Paris lointain , Marciac trop peu éclairé …
Je cède au désarroi en voyant les « live »  de c’est « C’est à vous », !!! chant…En anglais porque no ! mais bien médiocres textes, et instruments simples accompagnants, et je me dis, «  c’est une chaine publique, n’a-t-elle que ça à promouvoir » ?
Le doute despotique m’envahit, je ne connais presque aucun des artistes qui s’y produisent !je ne les aime pas , je me sens dépassée  de ne rien trouver dans leur son , dans leur chant , dans leur rythme , qui me fasse éprouver de l’émotion , du bonheur,  la plénitude du sentiment esthétique !



OUÊTES-vous vous donc Richard, Daniel,Vincent, Emile, Lionel, David, Renaud, Bruno, Philippe, Frédéric , Xavier , et tant d’autres si talentueux et si chers à nos vibrations musicales ?
Je m’acharne sur leurs agendas en « rouspétant »de ne pouvoir les atteindre…






ET…
Je découvre parfois au détour d’une petite discussion amicale à l’issue d’un concert ou  d’un petit click, d’un petit mot sur FB, en réponse à une réaction déçue de ma part,  que ce ne sont pas Eux qui dédaignent de venir du côté de chez nous, à des petites phrases tristes : « je viendrais bien si on m’invitait ! »ou plus terribles, plusieurs fois rencontrées : «  ils viendraient, si on  leur « achetait » leurs concerts !!! »






Je ne peux le croire !!!!
POURQUOI ? POURQUOI ?
Et ne peux rien pour eux ! (nous avons déjà essayé ! vrai !!!)...
...Qu’être désespérément leur FAN !


jeudi 8 juin 2017

J.M. Machado D.Ithursarry : LUA une belle découverte !




Bien sûr nous suivons avec intérêt,  tout ce que nous pouvons suivre en live,  ou écouter avec un plaisir toujours nouveau, concerts ou CD, de notre ami Didier Ithursary, qu’il dialogue  brillamment avec Jean-Luc Fillon, ou nous offre un après- midi inattendu et délicieux avec son quartet dans son pays basque profond, ou sur une place venteuse de Tulle,  avec Kristof Hiriart …. ou à Trentels….

Donc à l’annonce de la parution de LUA , nous avons vite acquis le CD…Nous appréciions déjà la formation Danzas, et donc le piano de Jean-Marie Machado, mais le riche foisonnement des interprètes, la beauté des textes et des voix, pour grand que soit le plaisir qu’ils nous offrent, ne nous permettaient pas d’apprécier aussi pleinement le son de l’accordéon dans ses nuances , ligne mélodique pure et parfois délicieusement plaintive , ou rythmée intense et cuivrée,  et  moins encore le toucher aérien et virtuose du piano de Jean-Marie Machado, que nous ne connaissions pas si bien,  et que   leur dialogue met remarquablement en valeur  sous le  clair obscur  de la lune ! Dialogue des sons, duo des thèmes où chacun apporte …

Bref LUA fut  une double découverte,  « une clarté qui vint par  surprise » !

Quel beau nom pour ce disque, où la clarté de la  lune surgit  d’une   mystérieuse éclipse (créée par Cecil Mathieu ?), pour le morceau éponyme, et désormais, pour le concert live !
De toutes manières pour qui aime les mots, dont je suis à jamais !, tous les titres de cet opus sont déclencheurs d’atmosphère :
Un « Sentier évanoui » qui pour Michel et moi évoque immanquablement ces « chemins de forêt  qui ne mènent nulle part »…
« Aspirer la lumière » qui demeure de l’ordre de l’ impressionnisme,  indicible…
Certains énigmatiques : JSB, car je n’y reconnais nullement ? Bach ?…ou" no Church but songs" dont le sens est bien clair mais la signification à construire! D’autres métaphoriques comme LUA donc , ou " Lézanafar"…j’ai cherché et trouvé ? ce lieu dit de Bretagne intérieure ? Voisinant si à propos avec ces "Broussailles" que  J.M Machado a si bien évoquées dans ce grand terrain breton à débroussailler …
Ou "Vuelta" qui connote pour moi fiestas et tours de pistes …
Et bien sûr ces rêveries évocatrices influencent nos écoutes multiples.

Que ce soit D. Ithurssarry ou JM Machado qui en soit le créateur, toujours les mélodies sont reines :
J’aime particulièrement la  belle mélodie avec laquelle l’accordéon ouvre « Aspirer la lumière »
Le chant évanescent du piano qui cherche sa route  sur le Sentier évanoui…
Le thème à forte scansion de JSB qui finit par s’évader en une sorte de danse plus légère …
La joyeuse fanfare endiablée  de Vuelta qui tourne ostinato et un rien angoissante...
Le piano qui semble suivre les plans d’un paysage calme,  mais sauvage…Lézanafar
..Où l’accordéon s’acharne ensuite à démêler les entrelacs broussailleux …Broussailles
ET chantent bien sûr les beaux emprunts à la musique portugaise, et le « nocturne » de Chopin , juste sous la lune LUA ,  où le duo s’associe plus étroitement pour énoncer les deux mélodies enlacées…

Toujours dans chaque morceau les deux instruments se répondent en reprises qui permettent de savourer leur sonorité spécifique : et c’est un plaisir …
Plaisir aussi celui d’une composition d’ensemble, équilibrée entre évanescences et rythmes marqués, mélodies nostalgiques et frénésies sonores….  


Nous avions adoré le CD, nous avons été ravis d'écouter en live Jean-Marie Machado  et Didier Ithursarry ... et d'avoir le plaisir de le leur dire !!!

D'autant que ce plaisir était partagé avec Camille et Charlotte!
MERCI





lundi 8 mai 2017

Sylvain Rifflet quartet à Toulouse , MECHANICS






C’était à la salle Nougaro vendredi 21 avril, en « co-plateau » avec Pulcinella.




…Et placé pour nous sous le signe de la surprise et de la découverte !
Par hasard programmé en 2ème partie d’un concert de nos amis Pulcinella, lesquels nous n’avions pas écoutés récemment, et pour lesquels nous avions fait le voyage…
Sylvain Rifflet  ? inconnu au premier abord,  mais pourquoi pas ? parce que nous pensons que le curiosité est bonne conseillère…et que le « hasard objectif » existe …
Et que les extraits youtube ne manquaient pas de séduction...
Et que finalement son nom d’ailleurs ne nous était pas totalement inconnu! 
Car, déclic tout à coup,  c’était Sylvain Rifflet qui dirigeait avec Joce Mienniel l’ensemble Art Sonic qui a produit le CD Le Bal Perdu , acheté récemment  parce que notre ami Didier Ithursarry y était invité, et que, encore merveille du hasard objectif, ce disque nous avait littéralement « enchantés » !
Nous voilà donc ce vendredi soir sans autre information …à écouter après la 1ère partie, MECHANICS, titre énigmatique
Et surprise et découvertes sont au rendez-vous

Un premier étonnement d’abord , l’entrée  de Sylvain en long manteau rouge, du sens duquel nous n’avons pas alors la référence…


Puis le son du saxo ténor de Sylvain , souffle saisissant , inquiétant, un peu rauque , à la limite d’une belle dissonance , MELODIEUX…
La flûte de Jocelin Mienniel, remarquable de finesse claire , d’un rythme qui emporte , chantante et parfois aérienne…MAGIQUE ?  comme celle du joueur de flûte de Hamel ?
Et une belle guitare entremêlée …
Des percus étonnantes , de «  metals » étranges , expressives d’atmosphères …


ET décidément c’est ma saison "ostinatos", effet du hasard objectif  ou de la tendance actuelle, une utilisation poétiquie de la répétition,
Un peu obsédante , un peu angoissante…
Mais ici débouchant in fine et… « à temps » sur une issue heureuse, un chant de Flûte , un thème répétitif du saxo, ou une belle phrase de guitare…
Pour mon humble avis, c’est ainsi que j’aime l’ostinato , quand il crée une montée dans l'attente –voire l’angoisse-- presque insupportable ...
Je pense au Spleen baudelairien :
« Quand le ciel…..
« Quand la terre…
« Quand la pluie...
« Ainsi que de esprits errants et sans patrie qui se mettent à geindre opini—â-trement »

Mais la mécanique de MECHANICS qui se met en marche comme un engrenage du destin( ref :Le mécanicien du temps !) débouche  sur une envolée mélodieuse, et c’est superbe !

Il me semble qu’il y a là une construction équilibrée où l’on ne perd jamais le fil d’Ariane.
Surprises fort agréables d’œuvres fascinantes …

Un rien obsédantes,
Un rien étranges ,
Un rien décalées,
Un rien mélancoliques,
Mais toujours mélodieuses, d’une certaine harmonie et d’un chant certain.

Je citerais Michel Contat (in Télérama ) :

« Toutes les compositions ont une qualité « chantée » qui nous semble indispensable à une musique de l'âme »

Une musique qu’on aime à réécouter encore et encore avec « ostin-ation »

Car « reste beaucoup de poésie qui apparait mieux à chaque écoute ».ibidem

Et comme toute découverte entraîne d’autres  découvertes, je découvre aussi l’existence et le chant de Moondog,, la BD de Schuiten, la flûte de Jocelyn Mienniel
Et je retrouve dans nos cd ,et réécoute encore et encore, le merveilleux Bal Perdu , son orchestration raffinée, et  l’écho renouvelé et transformé, d’un passé qui chantait et dansait…et que nous aimions…



MERCI …A SUIVRE !