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dimanche 8 septembre 2013

Entre Verlaine et Jan Lundgren , un vol de mouette…




Jan Lundgren vient de publier un CD solo au poétique nom…Man in the fog fog…



Et écoutant le teaser, j’ai revécu l’impression forte d’une évocation de la mer ...






Impression que j’avais déjà éprouvée en  écoutant Jan Lundgren dans Mare Nostrum, et qui se mêle dans mon esprit  à la profondeur rêveuse de son jeu et de son regard bleu…
C’était Seagull ! La mouette…

Et cette mouette a frôlé dans ma mémoire une autre mouette, que j’aime et n’oublie pas parce que ses mots musiquent  en moi, celle Verlaine…

 Je ne sais pourquoi
                        Mon esprit amer
D’une aile inquiète et folle vole sur la mer.
                        Tout ce qui m’est cher,
                        D’une aile d’effroi
Mon amour le couve au ras des flots. Pourquoi, pourquoi
 ?

            Mouette à l’essor mélancolique,
            Elle suit la vague, ma pensée,
            À tous les vents du ciel balancée,
            Et biaisant quand la marée oblique,
            Mouette à l’essor mélancolique.

                        Ivre de soleil
                        Et de liberté,
Un instinct la guide à travers cette immensité.
                        La brise d’été
                        Sur le flot vermeil
Doucement la porte en un tiède demi-sommeil.

            Parfois si tristement elle crie
            Qu’elle alarme au loin le pilote,
            Puis au gré du vent se livre et flotte
            Et plonge, et l’aile toute meurtrie
            Revole, et puis si tristement crie
 !

                        Je ne sais pourquoi
                        Mon esprit amer
D’une aile inquiète et folle vole sur la mer.
                        Tout ce qui m’est cher,
                        D’une aile d’effroi
Mon amour le couve au ras des flots. Pourquoi, pourquoi
 ?
 Verlaine , Sagesse,III, 7


Jan lundgren


 Verlaine:
          ... Mouette à l’essor mélancolique,
            Elle suit la vague, ma pensée,
            À tous les vents du ciel balancée,
            Et biaisant quand la marée oblique,
            Mouette à l’essor mélancolique.

                        Ivre de soleil
                        Et de liberté,
Un instinct la guide à travers cette immensité.
                        La brise d’été
                        Sur le flot vermeil
Doucement la porte en un tiède demi-sommeil....


Jan Lundgren, nous l’avions rencontré en suivant le fil magique de l’accordéon de Richard Galliano…
Et il y avait aussi avec eux , la trompette enchantée de Paolo Fresu…





Comme quoi un fil magique  conduit toujours , à condition qu'on le suive, à d’autres fils magiques…

lundi 13 juillet 2009

Djebel. Gilles Vincent, Timée Editions

Cela a commencé par une rencontre au centre culturel Leclerc avec un auteur en quête de ses lecteurs, Gilles Vincent. Je rôdais comme souvent à la recherche hasardeuse d’un polar nouveau. Il dédicaçait des livres, nous avons parlé polars, échangés nos idées sur Adamsberg , le personnage de Fred Vargas, nous le trouvions attachant et séduisant, je le trouvais féminin, (c’est aussi ce qui me plaît en lui), et que le film de R.Wargnier en la personne de José Garcia ne nous en donnait pas une incarnation fidèle à nos représentations, mais que Paris y était bien beau…et que nous aimions aussi Bruno Kremer et que Simenon était un monde …
Finalement, pour ces échanges, et parce que sentais chez son auteur un désir enfantin et fort d’être lu, j’ai acheté Djebel.
Il ne correspond pas aux types de polars à qui je me confie à l’heure difficile du sommeil pour leurs qualités propédeutiques à la nuit : une sorte de transposition du réel, sinon poétique du moins fantaisiste, des personnages « composés », plus vrais que des vrais, plus humains que les humains, des Maigret, des miss Marple, des Cadfaël, des Adamsberg , des Nicolas Le Floch, des C.Louise… Des morts en pagaille, mais en quelque sorte « abstraites ».
Non, les morts de Djebel sont tout sauf abstraites.
Djebel est en effet un récit bien noir, cruel par les scènes sanglantes qu’il décrit crûment, et par ce qu’il remue un passé douloureux que nous, Français ou Algériens, ne parvenons pas à enfouir dans notre mémoire collective.
Mais c’est aussi à mon sens un beau récit, d’une belle écriture, ramassée et précise, discrètement métaphorique, où au détour de la narration certaines formules frappantes viennent en quelques mots restituer la réalité des choses quotidiennes ou l’intimité de la pensée. Sa composition instaure tension dramatique, attentes, et surprises. J’aime bien son héros, puis son héroïne, mélange de réalisme et d’humanité idéalisée.
Il est vrai qu’on le lit d’affilée, avide de savoir la suite…
Bref, j’ai bien aimé ce roman…
Une petite restriction néanmoins : bien que les rebondissements, quoique classiques du genre, nous aient surpris et passionnés, je n’ai pas beaucoup aimé l’épilogue et l’utilisation du 11septembre qui y est faite…
En tout cas, Djebel mérite qu’on s’y attache…