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vendredi 7 septembre 2012

Un petit Caravage , lumière et ombre, à Toulouse avant de rentrer…


Je craignais de la manquer : 

Pour une fois qu’elle avait lieu en notre province…!!!!


Dès notre retour nous y sommes allés et avons entraîné avec nous les petites que nous étions là pour garder…

Et nous y avons trouvé tous quatre notre plaisir…
 Pour reprendre une expression de Michel concernant l’émotion esthétique, était-ce studium (plaisir de la connaissance, intellectuel) ou punctum (émotion, saisissement esthétique) ?
Pour moi c’était avant tout, comme souvent quand je me balade dans des grands musées un saisissement intellectuel : l’émotion de voir réellement face à moi, grandeur nature, avec leur pâte, leur lumière, en un mot leur présence, les œuvres de mes livres d’Histoire..
La peinture flamande et hollandaise que l’on m’avait racontée, l’effet saisissant de la lumière sur les corps en contraste avec l’ombre qui lui donne relief…des personnages empruntés à la Bible mais si charnellement humains, aristocrates et bourgeois d’abord , généreux donateurs se glissant dans les tableaux, …puis échappées belles vers les gens de peu de la rue, des tavernes, des cuisines ou de la vie quotidienne rayonnants  d’une joie que j’associe désormais à cause de cette peinture à la culture belge et hollandaise ( ne m’en veuillez pas chers amis belges et flamands, le stéréotype est au cœur de la culture, la mienne en tout cas !!!!)
Bien sûr ce serait bien d’aller voir la suite au musée Fabre de Montpellier, voir Caravage et les caravagistes Italiens , Français, et Espagnols…  et dérober au passage le délice d’un détour salles Soulages…
Mais ….on verra…c’est encore loin quoique proche ce Montpellier !!!

Mais nos petites ?
Toujours elles sont attentives et disponibles, un tantinet indulgentes,   à nos émerveillements picturaux à condition qu’ils ne soient pas trop débordants…
Mais le Musée des Augustins leur réservait de plus deux plaisirs le premier attendu, car elles le connaissaient déjà, le délice du jardin du cloitre, avec ses carrés traditionnels, légumes, arbres, fleurs, et simples…



Et ensuite « le Cube » une trouvaille des organisateurs, cabinet obscur où des costumes  du théâtre du Capitole laissés à la disposition du public permettent de vivre   le clair obscur et d’entrer dans les ombres et lumières des tableaux ….















Et après quelques hésitations à jouer les modèles elles se sont livrées ensuite ravies aux délices du déguisement, de la pose, et du cadrage…
















Délices partagés !!!!


jeudi 6 septembre 2012

Derniers bains



Il y a dans les derniers bains comme une frénésie désespérée.


Plus que jamais comme chasseurs à l’affut on traque l’opportun moment, l’embellie de soleil, l’heure de la marée basse –à la mer ! – ou haute –au lac ! -, on se glisse entre deux nuages, on ruse pour aller vite au marché pourvoir aux nécessités du repas  , à quelle heure  ? on ne sait , ça dépend, ça dépend de la mer du soleil, des vagues …
Cette année l’eau réchauffée par les jours de grosse chaleur d’Aout a rendu encore plus déchirant le moment des adieux inéluctables…


Plus chaude que l’air qu’un vent de terre agitait , elle se refermait sur nous, délicieuse, et nous enveloppait, incitait à s’attarder encore un peu, encore un peu plus, avant de sortir dans le vent frisquet, encore un peu, de peur que le soleil ne se cache un instant derrière les nuages
Plus que jamais , nous enfourchions  sans arrêt nos pégases à deux roues pour aller voir l’état des vagues , le niveau de l’eau, la couleur des drapeaux le degré de fréquentation des plages…



Plus que jamais d’un sable à l’autre, d’une plage à l’autre, d’un bain à l’autre..nous étions les esclaves ravis du soleil et de la mer….

Et puis ce fut le dernier bain …

La plage désertée, où seul demeure un sac abandonné …

On dirait que le petit génie des sables façonné par Camille est resté en veille… jusqu’à ce  que la montante irrémédiablement l’efface…



Et le paysage soudain semble écrit par Julien Gracq pour Un beau ténébreux attardé dans la mélancolie déchirante de l’automne







lundi 23 avril 2012

Hossegor, notre Arche dans la tempête...


Cette maison a été construite pour s’y retrouver en  famille et avec des amis…
Enfant, j’ai participé à l’espoir et aux efforts de mes parents pour construire le modeste bungalow initial. Michel s’y est joint à nous plus tard . Nadia dès ses premiers mois. Sébastien est arrivé. Puis Charlotte à un mois et  Camille à quinze jours ! (c’était  « l’année de la canicule, le pédiatre avait  conseillé de l’y abriter de la chaleur, elle a dormi tout l’été dans le jardin sous un tulle qui l’abritait des abeilles..)
Puis ce fut bien petit pour tout ce monde, et nous, qui n’avions jamais  eu d’ambition  de propriété foncière, nous nous sommes étourdiment engagés dans un agrandissement …
On a manqué d’un maçon, on a manqué de finance, on a manqué d’étanchéité sur  la terrasse, on a eu un architecte désintéressé et dévoué, un charpentier remarquable , on a essayé de garder les arbres alentour , on a eu le talent des jeunes et leur énergie ,ils ont fait les finitions des finitions… Contre vents et marées, on l’a l’eu enfin notre maison au bord de notre Océan..!
On a tremblé quand Klaus a dévasté nos Landes (ô les arbres !!!) ! Avec obstination on a fait réparer et encore réparer, la terrasse (ô la pluie !!)…Dès que nous le pouvons nous nous y retrouvons…Comme ces derniers jours…
Mais nous sommes, Michel et moi, je crois à jamais marqués de tous les avatars vécus…Le moindre vent qui d’aventure fait rider la face de l’eau nous prend la tête et le sommeil…
La semaine dernière, du vent, il y en avait, des embellies, pas beaucoup, de la pluie presque sans arrêt, et en bourrasques, qui s’en donnaient à cœur joie le soir sur notre toit, faisant frotter les branches des chênes lièges sur les tuiles….

Certes, le jour, nous étions bien, là ensemble …Nous avions même convié ma sœur pour fêter les anniversaires d’avril, assisté au remarquable spectacle de Hip Hop conçu par les filles, consulté assidûment blogs et copains de FB,  bu un merveilleux Sainte Croix du Mont, légué  par notre papa, et embaumé notre demeure des odeurs délicates des premières asperges achetées sur la route , et des champignons de paris de la sauce pour le bœuf à la bordelaise…

Certes le jour, nous allions voir la mer, fastueuse, et toujours elle reprenait sur moi son pouvoir magique de fascination.


Nous sommes aussi allés voir aussi la  délicieuse expo d’un artiste surfeur qui fait surgir pour nos  yeux intrigués des pays imaginés, et sait nous parler de l’Hossegor Spleen…
Hossegor  Spleen, Pablo Ugartetxea

Mais la nuit, quand on entendait la mer gronder, le vent souffler, la pluie crépiter, les hantises d’ouragans  nous reprenaient...


Et je me disais, tous, là ensemble, on se croirait réfugiés dans une nef fragile, qui craque au vent et sous la houle … on se penserait sur une Arche dans la tempête…